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07.03.2006

Jean-Philippe Blondel en 4 romans

Jean-Philippe Blondel
(Photo Agence Opale, E. Robert)

Accès direct à la plage
Delphine Montalant, 2003

Quatre décennies, différentes stations balnéaires, plusieurs situations humaines, racontées à la première personne par les protagonistes, avec retour au premier trente ans plus tard, telle est la construction très originale de ce roman, qui n'est pas sans rappeler d'une certaine façon les films de Lelouch.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, derrière l'apparente nonchalance un rien distanciée de l'auteur, se révèle toute la noirceur du monde, et c'est avec un goût âcre et persistant dans la bouche qu'on referme la dernière pièce jointe. De l'espoir, il n'y en a pas beaucoup; et pourtant me voici prête à me jeter sur absolument tout ce qu'a ou aura écrit Jean-Philippe Blondel : du talent pur.
108 p.

 

 

1979
Delphine Montalant, 2004

Construction similaire à son premier roman, Accès direct à la plage, 1979 nous entraîne plutôt dans une sorte de jeu de piste.
Qui a donc tagué cette année sur le mur d'une maison de Troyes en 2003, et pourquoi ?
Et pourquoi également tant de gens se sentent-ils interpellés par cette date pourtant tout à fait anodine, pas représentative de quelque évènement important que ce soit ?...
Vous le saurez à la toute fin du roman, sans qu'à aucun moment vous ayez pu l'anticiper.
Pour autant avez-vous vraiment besoin de le savoir ?.... Rien n'est moins sûr, tant le charme du livre réside uniquement dans le ton de Jean-Philippe Blondel, dans sa narration hachée et mélancolique.
Petit livre qui se lit très vite, mais qui dégage beaucoup de gris, qui n'est pas ma couleur préférée...
170 p.



Juke-Box
Robert Laffont, 2004

Encore une construction très originale pour ce 3° roman, qui se démarque des 2 premiers. La vie du narrateur se déroule au fil des titres qui ont marqué les différents époques, années 70, 80, 90, 2000, chaque période a son titre phare sur lequel on replace ses souvenirs.
Le tout est malgré tout assez banal, avec de beaux accents de sincérité que l'on prend obligatoirement pour des morceaux de confession de l'auteur, on se sent presque honoré qu'il témoigne assez de confiance pour nous raconter de l'intime. Petit garçon, ado, jeune homme, orphelin, amoureux, papa, nostalgique, désespéré, on peut tous se reconnaître dans un passage de juke-box; et être né soi-même dans les années 60 permet de ressentir une certain fraternité avec les choix de l'auteur, disons que ça nous "parle" un peu perso aussi.
Cependant, vers les 3/4 du roman on se lasse malgré soi, les phrases minimalistes se succèdent, l'ambiance stagne un peu, notre intérêt s'émousse...
Dommage, l'idée est bonne, manque* un petit je ne sais quoi pour étinceler.

* Me manque, à moi, un peu de sensibilité, parce que la critique de Papillon est renversante !

213 p.



Un minuscule inventaire
Robert Laffont, 2005

Une construction hardie  qui se renouvelle pour ce dernier roman, et une vraie réussite de surcroit !
Antoine est divorcé depuis peu, et avec le désir de larguer les amarres, de s'éloigner à l'étranger de cette famille qu'il n'est pas parvenu à maintenir, il dresse un stand de vide-grenier. Quelques objets trouvent preneur, occasion de se remémorer leur histoire et d'évoquer son passé. Mais présent et futur se rejoignent pourtant lorsque c'est du côté des acheteurs que l'on se penche !
J'y ai aussi trouvé une étrange forme de réconfort, avec l'histoire de cet enfant qui était dyspraxique et qui devient écrivain, on peut aimer écrire et mal effectuer l'acte pratique...
Beaucoup de douceur et de purs sentiments,  des personnages vrais et gentiment faillibles, j'adhère complètement !
297 p.

Commentaires

Tu en parles très bien, donc j'achète. Je prendrais bien un petit Juke-box pour la route...

Écrit par : Jo Ann | 07.06.2006

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Merci, et achète, achète ma belle, tu le trouveras même en bibliothèque ou en poche et le tout est de le découvrir : je ne connais personne qui l'ayant lu, n'ait pas aimé.

Écrit par : Cuné | 07.06.2006

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Et après tu me diras que tu ne m'as rien fait acheter? :P

Écrit par : Jo Ann | 08.06.2006

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Je viens de lire 1979 (mon premier JP Blondel) et j'en suis toute chamboulée. Les récits qui s'entrecroisent, le flux de conscience... chaque personnage sonne juste, il n'y a pas un mot de trop, on est accroché, on retient son souffle, on est dedans, à fond. Pas idéal pour se remonter le moral, il est vrai, mais ça renvoie à plein de choses qui me travaillent en ce moment, alors ça résonne, ça résonne. Je vais lire les autres, en tout cas. Hasard des découvertes en librairie, je n'ai pas commencé par "Accès direct à la plage", pourtant je me souviens que le libraire qui intervenait à l'époque dans une émission du matin sur France Inter en avait dit grand bien et qu'il figurait donc sur ma LAL depuis un bon moment.

Écrit par : mélanie | 30.01.2007

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Ah !! Voilà qui fait bien plaisir !! Mister le chouchou des bloggeuses convainc par la qualité de sa plume, et pas par le buzz. Ya que ça de vrai, de toute façon, le reste est un plus, mais l'essentiel se passe entre le lecteur et le livre, hors de tout autre paramètre. Tu vas adorer Accès direct à la plage !

Écrit par : Cuné | 30.01.2007

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Juke box , premier blondel. Mon ressenti; une idée originale.J'ai bien aimé l'époque de l'enfance et celle du ressenti de la vie familiale lorsque les enfants sont petits. Par contre, la période où il se cherche m'a un peu 'gavé'. Question de nature... Je ne suis pas totalement enthousiaste, je suis restée sur ma faim.
 

Écrit par : Anjelica | 03.03.2007

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J'avais un peu les mêmes impressions que toi, Angelica. Mais tu peux changer d'avis avec les autres romans !! :-D

Écrit par : Cuné | 04.03.2007

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Juke-Box est le premier Blondel que je lisais. C'est un livre générationnel. Si on aime les morceaux qu'il cite, si on partage son univers musical et si l'on a des souvenirs associés aux chansons citées, on a de bonnes chances d'aimer. De fait, j'ai adoré...

http://ceciledequoide9.blogspot.com/2007/12/juke-box-jean-philippe-blondel.html

J'ai été nettement moins convaincue par 1979 que je trouve au final assez vain (et un peu facile). Effet de redondance par rapport au précédent lu quelques semaines plus tôt ?

Celui qui me tente maintenant est "This is not a love song", pour des raisons musicales là encore (cette chanson de PIL est tout simplement culte). Bien sûr je lirai aussi "Accès direct à la plage" un jour ou l'autre...

Écrit par : Cécile de Quoide9 | 29.08.2008

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As-tu lu la critique de Papillon sur Juke box également ? Elle rend bien justice au roman, je trouve.
"This is not a love song" je ne l'ai pas lu, en fait après quelques pages j'ai senti que ce n'était pas du tout pour moi.

Écrit par : Cuné | 29.08.2008

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