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14.03.2006
L'élégance personnifiée
Boréal, 1976

Ce livre est assez désespéré. C'est une approche de la grande pauvreté dans un quartier de Montréal, en 1941
On suit le destin de plusieurs personnages très différents, chacun cherchant son bonheur de diverses manières, aucun n'est parfait, aucun n'est pourri, tous sont humains mais tous se fourvoient.
Florentine débute le livre, c'est la fille de Rose-Anna et Azarius, elle « fait » serveuse et son salaire passe entier à faire vivre sa famille. Elle s'éprend de Jean, qui répond plus ou moins à son amour mais s'en défend. Lui, il veut s'élever dans la société, il a sa revanche à prendre sur une jeunesse où il a été nié, bien que matériellement hors de soucis. Son ami Emmanuel lui est un être pur. Il a côtoyé ce milieu d'enfants d'ouvriers à l'école primaire, puis s'en est éloigné, ses parents étant plus aisés. Mais il n'a aucun préjugé, et devenu soldat, il ressent le besoin de les revoir à nouveau. D'ailleurs ils ne sont que 2 enfants dans la famille, mais chez lui le climat est triste, lourd. Rose-Anna n'en peut plus. Grossesse sur grossesse, elle porte sa famille à bout de bras et s'use pour assurer un minimum de quotidien à chacun. Et ce n'est pas suffisant. La famille a faim, est fatiguée, est négligée. Elle en oublie l'affection et même, elle se perd dans tous ces problèmes.
Et il se passe beaucoup de choses pour tous ! Leurs histoires sont liées.
Oui, c'est vraiment un livre dur.
Les femmes y portent un peu à bout de bras le côté raisonnable, sans elle tout sombrerait dans le chaos... mais en même temps elles sont engluées dans le côté pratique, et la théorie, la pensée, les grandes idées sont développées du côté masculin. Rose-Anna par exemple tout au long du livre ne fait que saisir instinctivement et subrepticement les vérités profondes, sans mener de réflexion. Alors qu’ Azarius est un champion d'éloquence, il en impressionne même Emmanuel. Il comprend beaucoup de choses, mais est incapable de sortir de la théorie, d’agir.
C'est un incontournable en littérature québécoise, mais il y manque, pour moi, une toute petite lueur d’espoir.
C’est le tout premier roman écrit par Gabrielle Roy, son influence au moment où elle le rédige est française, et s’il a marqué pour toujours les esprits, il n’est pas vraiment représentatif de la plume toute en délicatesse et d’une sincérité inégalée de son œuvre postérieure.
J’adore Gabrielle Roy. Je vous en reparlerai.
413 p.
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : québec, misère, quotidien, début xx°
Commentaires
Écrit par : sopsch le: 28/09/2007 23:55:11 </div> </div> | 28.09.2007
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