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14.03.2006

Un joyeux bavard

Yves Beauchemin - Le Matou


Moi, je vois bien le truc comme ça : Yves Beauchemin se dit, "bon ! Brainstorming avec moi-même, qu'est-ce que je vais y mettre, dans ce Matou ? Un méchant ambigu et machiavélique, qui passerait son temps à vouloir expliquer ses motivations sans qu'on lui en laisse l'opportunité, de façon à brouiller complètement son rôle... Je mâtine d'un soupçon de surnaturel pour le côté fantastique, un couple sympathique qui serait malmené par la vie, un minot truculent et sale comme un peigne sur qui j'attirerais la fatalité, quelques amis qui vont et viennent, et je situe le tout à Montréal, que je connais bien."
Et hop, aussitôt pensé, aussitôt la plume à la main et le Matou coule d'un jet, sans correction, sans plan, sans construction, comme ça vient à Monsieur Beauchemin.
Et c'est bien ça qui rend le tout unique : roman d'aventure, saga familiale, un côté fantastique indéniable, humour épique, étude sociologique aussi parce que je ne connais personne qui rende de façon aussi naturelle et à la fois précise le côté "franc" des rapports québécois, cette familiarité honnête qui me plait tant.

Alors que dire ?...  "Merci" et "Encore" !!, je ne vois que ça...

Commentaires

Bon je me décide à réécrire mon commentaire de l'autre jour que les limbes de la toile avaient décidé d'aspirer dans leur vide intersidéral...  J'espère que je vais réussir à en garder la fraîcheur qu'il avait sur le moment.
Cuné, je trouve ton analyse d'Yves Beauchemin parfaitement juste.  Écrits par quelqu'un d'autre, ses romans seraient probablement des navets consacrés.  On se plaindrait qu'il soient complètement abracadabrants, pas du tout crédibles, etc.  Pourtant par un miracle que je n'arrive pas à définir ou à saisir, il réussit à rendre possibles ces péripéties toutes plus incroyables les unes que les autres.  Encore mieux, il parvient à nous scotcher à notre livre.
C'est ce que moi j'appelle un indéniable talent de conteur!

Écrit par : Frisette | 19.03.2006

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On est parfaitement d'accord, mais je ne faisais en rien une analyse, je disais juste comment je voyais le truc, sachant que j'ai lu aussi Juliette Pomerleau du même auteur et qu'on y retrouve son "bavardage réjouissant".

Écrit par : Cuné | 19.03.2006

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Si tu n'as même pas cherché à analyser, ça montre que tu as une facilité à toucher juste dans tes émotions de lecture.  Sans le vouloir, tu mets toujours le doigt sur ce qui caractérise les auteurs. 
Tu es une lectrice baromètre quoi! :D

Écrit par : Frisette | 19.03.2006

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En voilà une appellation ! :D Tu ne me comparerais pas à une grenouille, des fois ??!! ;o))

Écrit par : Cuné | 19.03.2006

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Lors de vacances au Canada, j'ai découvert Le matou, j'ai adoré, je l'ai conseillé, prêté autour de moi, les avis ont été très partagés. J'ai lu ensuite Juliette Pommerleau et je me suis régalée.
Récemment, j'ai découvert Marie Laberge, à travers la trilogie de Gabrielle, .. cela a été un grand moment. Le drame a été de finir le premier tome sans avoir pris la précaution d'acheter le second.

Écrit par : Agapanthe | 11.04.2006

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Ah la la, tu tombes pile dans ma littérature préférée, la québécoise ! Par contre Marie Laberge je n'ai pas accroché. Mais au fur et à mesure que je les aurai retrouvés, et corrigés, je mettrai de nombreux (!) commentaires sur un tas d'auteurs précieux :  Arlette Cousture, Germaine Dionne, Francine Noël, Monique Proulx, Gabrielle Roy, Jean Royer, Mordecaï Richler, Yves Thériault; Michel Trermblay (mon héros), Sylvain Trudel, François Barcelo, Gérard Bessette, Neil Bissonndath, Monique Larue, Suzanne Myre, Guillaume Vigneault, et j'en oublie, c'est sûr.

Écrit par : Cuné | 11.04.2006

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Parfait,  j'attaque ta liste avec qui, Monique Proulx ?

Écrit par : Agapanthe | 11.04.2006

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Oh la la, très difficile de tracer un chemin cohérent dans ces merveilles à lire.... ! Oui, tu peux commencer par exemple avec Monique Proulx, son recueil de nouvelles d'abord, (si tu aimes ça ?), tu verras une écrivaine stylisée mais simple. Elegante et pas prétentieuse. Sinon, tu ne peux pas te tromper non plus en commençant par Michel Tremblay, n'importe lequel de ses récits autobiographiques dans un premier temps, peut-être, Un ange cornu avec des ailes de tôle ou Bonbons assortis. ça te fait entrer dans son univers en douceur, alors lui rien de compliqué mais tu as l'impression de lire quelqu'un de ta famille, il est hyper attachant. Enfin selon moi. C'est toujours pareil ;o))

Écrit par : Cuné | 12.04.2006

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Je vais démarrer avec Tremblay, par contre pour Monique Proulx je n'aime pas les nouvelles, alors si tu as une autre idée, je suis preneuse.

Écrit par : Agapanthe | 16.04.2006

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Ben "Le coeur est un muscle involontaire" est un roman, un génial même. Sinon aussi Nadine Bismuth, avec "Scrapbook", qui est un roman léger et sympathique, actuel. Et aussi dans les grandes sagas qu'on ne lit pas pour la beauté du style, hein, on est d'accord, mais pour le plaisir qu'on a à se perdre dedans, Arlette Cousture est incontournable avec sa trilogie des filles de Caleb (je n'ai lu que les 2 premiers pour l'instant, adoré le tome 2) Et si tu ne l'as pas encore lu, "Histoire de Pi "de Yann Martel, qui n'est pas québécois mais Canadien anglophone, mais a eu le Booker Prize en 2002.

Écrit par : Cuné | 16.04.2006

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Peu importe l'oeuvre d'Yves Beauchemin, il s'agit d'enfant ou d'adolescent malmené. Le Matou, l'enfant délaissé par sa mère prostituée; Juliette Pomerleau, l'enfant délaissé par sa mère toxicomane; Charles le téméraire, l'orphelin de mère. Bon conteur, très disert, l'auteur manifeste un paternalisme qui me fatigue. La vie ne s'arrange pas toujours en faveur des mal-aimés. Mieux vaut des bons sentiments que la cruauté des oeuvres de Patrick Senécal.

Écrit par : Paul-André Proulx | 11.03.2008

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