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23.05.2006

Agopapap !

Lawrence Block


Grâce à la liste de Cathe, (merci encore !) me voici lancée dans la série des Matt Scudder par le début. Petit truc bien énervant, dans chaque tome on a droit à la même explication sur sa démission de la police, et à la présentation sommaire des mêmes personnages. Du coup on connait tout ça par coeur !

Donc il a démissionné de la police assez récemment, (nous sommes dans les années 70) après avoir tué par accident une petite fille. Il est divorcé, père de deux fils qu'il voit très peu. New-Yorkais jusqu'au bout des ongles, il boit trop. Jamais décrit physiquement, c'est au travers de sa personnalité qu'on apprend polar après polar à le découvrir, à l'aimer.

 

Les péchés des pères

Seuil, 2000


Wendy Hanniford a été tuée par son colocataire, qui s'est donné la mort après son arrestation. Le père de la jeune fille embauche Scudder pour lui dresser un portrait des deux jeunes gens, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Morceau par morceau, se dessine un puzzle morose, qui tourne autour des pères, de tous les pères.

Ah l'ambiance est morose. Pas franchement noire, ni grinçante, on n'a pas le coeur à la rigolade encore, on se remet doucement à chercher du sens à la vie, on verse 10 % de ses gains aux églises, on participe au grand jeu de la corruption à tous les étages.

Mais j'ai confiance, Matt ne va pas en rester là. Hein, non ?

Traduction (USA) de Robert Pépin
189 p.

 

Tuons et créons, c'est l'heure

Editions du Seuil, 1996


Un ancien indic passe un marché avec Matt : il lui passera un coup de fil chaque semaine pour confirmer qu'il est toujours vivant. S'il n'appelle pas, c'est donc qu'il est mort, et s'il est mort, il faut prendre connaissance de l'enveloppe qu'il lui a confiée. Mais cette histoire là est compliquée, et peut s'avérer dangereuse. Alors boulot ou pas ? Match avec ses fils ou biture consciencieuse ? Pas facile la vie d'épave honnête...

Une bonne petite enquête avec neurones à torturer, où l'empathie tient un grand rôle. Déjà un peu d'ironie comme j'aime, dans les rapports avec ses ex-collègues. Et un New-York sordide.

Traduction (USA) d'André Roche
204 p.

 

Au coeur de la mort

Seuil, 1998

Jerry Broadfield est très mal vu en ce moment par ses collègues flics : il a décidé de balancer au procureur adjoint des informations sur la corruption dans la police New-Yorkaise. Quand une prostituée spécialisée dans le sado-maso révèle à la presse un prétendu chantage de sa part, il embauche Matt Scudder pour savoir qui commandite ça. Bien que circonspect sur les motivations de Jerry, Matt accepte, quand soudain...

J'ai eu l'impression d'avoir déjà lu mot pour mot tout le début. C'est agaçant, il ne me semble pas avoir déjà eu ce bouquin entre les mains, je me demande si Lawrence Block n'aurait pas repris ça dans Lendemains de terreur, (ou Cendrillon mon amour ?...) en le modifiant ?...

Sinon une enquête impeccable entre bourbon et café, la tournée des bars, une histoire d'amour inattendue dans toute cette noirceur et à laquelle j'ai cru à fond et je reste coite au dénouement : pas possible que ça s'arrête là ?... Vite, le tome suivant !

Traduction (USA) d'André Roche
192 p.

 

Huit millions de façons de mourir

Gallimard, 1985

Voilà le vrai début du grand Matt Scudder ! Un roman qui est beaucoup plus qu'un polar, stylisé, maitrisé de bout en bout, profond et captivant.

Chance, un souteneur atypique, l'engage pour découvrir l'assassin d'une de ses call-girls. Mais Matt est dans une sale période. L'alcool est en train de le tuer, et entre deux séances de désintoxication à l'hôpital, il tente de résister sans être en possession de toutes ses capacités.

Et l'atmosphère New-Yorkaise est de plus en plus dense, prend sa place comme un personnage à part entière.

« Sur le chemin de mon hôtel, je m'arrêtai dans un snack et pris un potage, un sandwich et un café. Il y avait dans le Post une curieuse histoire. Cela se passait à Queens où deux voisins de chamaillaient depuis des mois à cause d'un chien qui aboyait en l'absence de son maître. La veille au soir, le propriétaire du chien promenait l'animal quand celui-ci leva la patte contre un arbre qui poussait devant la maison du voisin. Il se trouva que le voisin regardait justement la rue. Il s'empara d'un arc et d'une flèche et tira d'une fenêtre du premier étage sur le chien. Le propriétaire du chien courut chez lui et revint armé d'un Walther P.38, souvenir de la Deuxième Guerre mondiale. Le voisin se précipita lui aussi dans la rue avec son arc et ses flèches et le propriétaire du chien lui tira dessus et le tua. Le voisin avait quatre-vingt-un ans, le propriétaire du chien en avait soixante-deux et les deux hommes habitaient l'un à côté de l'autre depuis plus de vingt ans. L'âge du chien n'était pas précisé mais il y avait une photo de l'animal tirant sur sa laisse que tenait un officier de police en uniforme. »

On se régale aussi des abréviations du jargon policier, par exemple PPP (Personne Psychologiquement Perturbée), ou Agopapap (Assez Glandé On Passe Au Porte A Porte).

Ce qui est hyper fort, aussi, c'est toute la psychologie de l'alcoolique (mais ça peut vraiment s'appliquer à n'importe quelle dépendance), qui alterne entre raisonnements tordus pour céder et détermination farouche, en passant par les petites phrases salvatrices auxquelles se raccrocher.

On est très émus, aussi, à la dernière phrase.

Moi ça y est, j'ai succombé gravement à Matt Scudder.


Traduction (USA) de Rosine Fitzgerarld
379 p.

Commentaires

Hmmm, ça fait envie !! J'ai un livre de cet auteur ... que je me réserve pour les vacances (je pense).
Par contre, la photo :   :S :S :S :S

Écrit par : clarabel | 23.05.2006

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Je parle bien évidemment de la photo de l'auteur, pas de toi ma grande !!! C'est chouette cette photo !!! :) Même Laure s'y met... c'est contagieux, je le sens ! :D

Écrit par : clarabel | 23.05.2006

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(Fallait pas te sentir obligée de préciser ;o)) Vive la contagion ! :-D

Écrit par : Cuné | 23.05.2006

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Te voilà bien partie dans les Block !!!
Pour info il y en a un nouveau (avec Matt Scuder) qui parait le 1er juin " Les fleurs meurent aussi"
Mais dis donc, tu en lis 2 par jour ??????

Écrit par : cathe | 23.05.2006

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Je l'acheterai, sûr ! Il y a des jours où je ne lis rien, (enfin en dehors du lit où lire fait partie de mon cycle de sommeil), d'autres où j'en dévore 3 petits, (pas des Block !) d'autres où il me faut plusieurs jours sur le même, il n'y a pas de règle ! (Je dors très peu aussi, et je termine et commence chaque journée avec une cinquantaine de pages...)

Écrit par : Cuné | 23.05.2006

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Quelle chance ont les gens qui dorment peu !!!!

Écrit par : cathe | 23.05.2006

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Cent pages par jour minimum en ce qui me concerne, la lecture devrait être une discipline olympique. :D
Tu m'as l'air de fairefais une cure de Bloch en ce moment. J'ai pris note, j'ai pris note. Il faut les lire dans l'ordre ?

Écrit par : ChimÚre | 24.05.2006

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Bah c'est toujours pareil, c'est mieux si tu peux parce que tu prends Matt Scudder juste à la sortie de sa dem de la police, et tu le vois évoluer, poivrot fini, sobre, rechute, etc. et tout ce que je n'ai pas encore lu. Mais sinon chaque histoire est complète et peut se lire indépendamment de toutes les autres. D'ailleurs j'en avais emprunté une en faisant un trou de 5 tomes, par désespoir et manque (je suis un poil obsessionnelle dans le genre, quand j'ai commencé un auteur ou une série je vais à la saturation) (c'est pour ça que le gars qui BLOQUE le tome 5 d'Alvin va avoir chaud à ses oreilles si je tombe dessus un jour) et puis j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai affronté la pluie, le froid, et l'emploi du temps de ministre de Monsieur mon fils pour débouler à l'autre bout de la ville dans une bibli totalement inconnue jusqu'à lors. Et j'ai ma suite !! Du coup haem j'ai 20 bouquins à lire en 3 semaines. Sans compter ma PAL à moi. Bah, on verra bien ;o)) Tout ça pour dire que Connelly je le lis en total désordre, et je constate que c'est moins bien, quand même. Et puis Lawrence Block a été tellement prolifique, dans les 60 bouquins écrits (et il écrit encore !), une trentaine traduits en français à ce jour. Ca vaut le coup de se décarcasser un peu pour constater ses progrès par rapport aux années 70, son évolution. En passant je l'aime bien, moi, cette photo. Mieux que chevelu-bouclé dans sa jeunesse ! :-D

Écrit par : Cuné | 24.05.2006

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Je dis ça parce que je suis assez maniaque sur les séries même quand les titres sont indépendants les uns des autres, il me faut commencer par le premier si je veux m'imprégner de l'univers de l'auteur. Bon, je partirai en chasse un de ces 4 mais là, j'ai moi aussi des livres à lire en priorité top absolue et puis j'ai lachement craqué sur des achats en librairie, ce qui n'arrange rien bien évidemment. J'ai honte ? Même pas.

Écrit par : ChimÚre | 24.05.2006

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À lire toutes les louanges que tu écris sur Lawrence Block, j’ai eu envie d’emprunter à la biblio, qui n’est pas très riche en roman policier, « Cendrillon, mon amour ».

Pour un roman paru en 1958 l’enquête est bien construite, on s’accroche aux vicissitudes de ce couple qui fait penser à Bonnie and Clyde, tout s’enchaîne dans un cocktail de meurtres et de sexes.

J’ai vu qu’il y en avait un autre, je ne sais plus lequel, que je lirai prochainement. ;-)

Écrit par : Florence | 25.06.2006

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Cendrillon mon amour a été écrit sous pseudonyme à l'époque, et j'avais tenté de le lire sans accrocher : j'avais abandonné en cours.En tout cas ça me fait plaisir de t'avoir donné envie de découvrir Lawrence Block, et n'en reste pas à ce titre là, tu seras agréablement surprise :-D

Écrit par : Cuné | 25.06.2006

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J'aime beaucoup cet auteur et son personnage Matt Scudder. Aussi, 8 millions de façon m'avait beaucoup plu, mais ça fait longtemps que j'en ai lu et je sais plus lesquels hormis " Cendrillon, mon amour" et "La longue nuit du sans sommeil" - bien tout les deux - j'ai bien pu lire. Ah trou de mémoire quand tu nous rien.

Écrit par : books2heaven | 25.02.2010

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