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07.06.2006

Quatre petits tours à New York

Lawrence Block

Le blues des alcoolos

Gallimard, 1987


Matt est sobre, rangé des voitures. Tout a changé dans sa vie, et il choisit de nous narrer une de ses anciennes enquêtes, vieille de dix ans. En ce temps là, la ville était pour lui une succession de bars, et c’est un patron de troquet qu’il avait aidé. Enfin « aider » est un drôle de mot, rend-on forcément service quand on découvre la vérité, ne vaut-il pas mieux parfois laisser les gens se bercer d’illusions?... Matt a tranché, mais n’a pas découvert pour autant la réponse à cette question.
On apprend aussi le subtil distinguo entre bourbon et scotch.
Dans l’idée moi ce serait bourbon, assurément.

Traduction (USA) de Daniel Lemoine
307 p.

 

Drôles de coups de canif

Gallimard, 1990

 

Sobre depuis trois ans et deux mois, Matt se lie vaguement d’amitié avec Eddie, rencontré aux AA. Avant que leur histoire n’aille très loin, ce dernier meurt, apparemment suicidé. Embauché par des parents inquiets de n’avoir plus de nouvelles de leur fille, Matt fera d’une pierre deux coups et se renseignera patiemment sur ces deux affaires…
On évolue encore dans cet opus des aventures de Matt Scudder et c’est tout tranquillement que Lawrence Block s’affirme comme un écrivain à part entière, reléguant le genre polar au second plan de son roman.
Matt ne verse plus 10% de ses gains aux églises mais les distribue à qui le demande dans la rue (sous forme de un dollar), ne voit plus ses fils, et s’accroche jour après jour pour ne plus boire.
L’atmosphère est grise plutôt que noire, on porte son fardeau et on est plutôt contents de le faire.
Quelques très jolis portraits parsèment le récit, quelques passages qui méritent largement d’être lus plusieurs fois.
L’enquête proprement dite est de l’ordre du puzzle, à l’image de l’entêté Scudder qui manipule les faits et les récapitule dans tous les sens.
Un bonheur.

« Elle n’avait pas d’avenir dans le théâtre, dit-elle. Je crois qu’elle le savait, ce qui lui donnait un point d’avance sur la plupart des autres.
- Elle ne valait rien ?
- Elle n’était pas mal. La plupart des autres sont comme ça. Oh, il y en a bien quelques-uns qui sont franchement minables mais la plupart de ceux qui arrivent jusque-là ont certaines capacités. Ils ne sont pas mal. Ils peuvent même être bien, ils peuvent même être très bien. Mais ce n’est pas assez bien.
- Que faut-il d’autre ?
- Il faut être formidable. Nous voulons croire que pour réussir au théâtre, il faut qu’on nous donne notre chance, ou que c’est une question d’avoir de la chance en général. Ou qu’il faut connaître des gens bien placés ou coucher avec des gens biens placés. Mais ce n’est pas vraiment comme ça qu’on arrive. Les gens qui réussissent sont extraordinaires. Il ne suffit pas d’avoir du talent. Il faut être bourré de talent. Il faut illuminer la scène ou l’écran de cinéma ou de télévision. Il faut être étincelant. »

Je connais d’autres milieux où ça s’applique à la lettre aussi….

Traduction (USA) de Rosine Fitzgerald
308 p.

 

Un ticket pour la morgue

Gallimard, 1992

 

Un cintré total (qui n’a pas été sans me rappeler le Ben de Doris Lessing) a été incarcéré il y a 12 ans grâce à un coup monté de Scudder. Il a juré de se venger, en tuant une par une toutes les femmes de Matt, avant de s’occuper de lui. A sa sortie de prison, il met ses menaces à exécution…

Un excellent opus du grand Matt Scudder qui est un peu gâché par deux choses : la traduction, vraiment académique et beaucoup trop littérale (exemple : brave cœur) et la correction qui a laissé passer des trucs…. Enervants ! (exemple, des tirets de dialogues incongrus ou manquants, un passage sur la vitamine B12 qui surgit de nulle part et ne s’insère en rien au moment ?? On peut couper, mais il faut garder un peu de cohérence !!...)

C’est crispant de s’interroger sur la forme quand le fond est si bon, on retrouve ici plein de personnages des précédentes aventures, la belle Elaine qui va nous faire très peur, le mac reconverti en antiquaire, Mickey le boucher, etc. et notre héros, bien entendu, pour qui l’abstinence n’est jamais évidente.

Traduction (USA) de F.M. Watkins
342 p.

 

Une danse aux abattoirs

 

Où l’on retrouve bien évidemment Joe Durkin, le flic trop gros qui boit trop, et qui conseille discrètement Matt aux gens pour toucher sa com. Durkin dont la philosophie pourrait se résumer à :  Merde, moi, si on me donnait le choix entre devenir maire et me pendre, je dirais « Donnez-moi la corde ! »

Mais où surtout on aborde le sujet des snuff-movies, et c’est glauque, tordu et gerbant.

Très perturbée aussi par l’acte final de Scudder, en désaccord total avec ce qu’il ne cesse de nous répéter depuis les premiers opus. Alors bon, moi si on me change mes héros, je vacille….

Très partagée, donc.

Traduction (USA) de Rosine Fitzgerald
409 p.

 

Commentaires

Tu me donnes envie de les relire, les Lawrence Block....... Mais non, avec tout ce que j'ai déjà à lire, je ne vais quand même pas relire ! On verra çà à la retraite !!!

Écrit par : cathe | 07.06.2006

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En tout ca, c'est clairement ma découverte de l'année, cet auteur, et je me régale à le lire dans l'ordre grâce à ta liste. Il fait de nombreuses (d'incessantes même) allusions à ses enquêtes précédentes tout au long des livres, et ç'aurait été franchement dommage de piocher au hasard. J'ai même du mal en ce moment à lire autre chose, je n'ai envie que de me ballader dans New-York ;))

Écrit par : Cuné | 07.06.2006

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Ça parait vraiment que cette série t'emballe Cuné!  Et évidemment, par ricochet, elle me fait envie à moi aussi...  Mais comme tu enfiles les tomes à la chaine, et en plus à la vitesse de l'éclair, je vais faire comment pour suivre moi? 

Écrit par : Frisette | 11.06.2006

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