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08.07.2006
Du mélo comme j'aime
Wally Lamb
La puissance des vaincus
Belfond, 2000
La puissance des vaincus, c'est le pardon sincère, telle pourrait être la conclusion de ces pages assez éblouissantes.
Saga familiale, où l'on suit 2 jumeaux quadragénaires, dont l'un est gravement schizophrène, et l'autre, le narrateur, pour sain d'esprit qu'il soit, a emmagasiné une charge de haine et de rancœur impressionnante...
Nous sommes dans le Connecticut, en 1990, en prise directe avec l'actualité américaine de l'époque, et Dominik va affronter en une année le poids de toute une vie, entre son mariage foiré, sa copine tarée, son grand-père d'une arrogance qui confine à la stupidité profonde, son frère interné, son beau-père humain aujourd'hui mais despotique toute leur enfance, sa mère décédée, son pote mythomane sur les bords....
Et encore je ne cite pas tout, comment pourrais-je le faire alors que plus de 600 pages ont été nécessaires...
C'est l'histoire d'un homme atteint par la souffrance, mais qui va trouver en lui-même avec l'aide d'une thérapeute la force de s'en sortir...
C'est un livre très émouvant, mais aussi très construit, avec une intrigue présente et de magnifiques portraits de personnages.
Il y a beaucoup de points communs avec Pat Conroy, mais l'humour de ce dernier est quand même beaucoup plus fort, ici c'est poignant, et ça s'achève sur la note dramatique, on n'est pas "relevés" par un passage drôle...
Traduction (USA) de Marie-Claude Peugeot
655 p.
Le chant de Dolorès
Gutenberg Reprints, 1999
Dolorès, petite fille de l'Amérique moyenne, se délite peu à peu à partir de la mort de son petit-frère. S'enchaînent une cascade de coups durs, qui vont la miner petit à petit, comme la ronger pendant qu'elle compensera par la nourriture.
Elle se sortira un jour de l'obésité, mais l'âme reste la même, noyée de kilos ou pas.
Alors cahin-caha, Dolorès vit, et nous on l'aime, on aspire tous les évènements quotidiens, on se repaît de ce portrait des USA quand l'homme marchait sur la lune pour la première fois, quand Kennedy était assassiné, quand les filles se repassaient les cheveux pour qu'ils soient lisses...
Roman d'atmosphère par excellence, puissance d'oppression assez incroyable, à plusieurs reprises je me suis dit "c'est trop là, mince, tu abuses Wally..." mais il est totalement impossible de lâcher ce bouquin une fois commencé. Je l'ai lu entourée de bruit et de monde, il ouvrait pour moi la porte d'un univers parallèle, feutré et silencieux.
Une fois terminé, je pense qu'il manque un tout petit peu de mystère, qui en ferait le coup de cœur absolu, sans doute est-il trop facile à lire, rien à décrypter, tout est disséqué pour nous.
C'est intéressant de noter qu'il a créé un véritable phénomène aux Etats-Unis à sa sortie, beaucoup de jeunes filles se reconnaissant dans Dolorès.
Traduction (USA) de Martine Desoille
604 p.
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mélo |


Commentaires
Écrit par : Maxi | 08.07.2006
Répondre à ce commentaireJ'avais été soufflée tout de même d'apprendre que Wally Lamb est un homme;j'étais persuadée que c'était une femme tellement il a réussi à se mettre dans la peau de cette jeune fille.
Écrit par : Sophie | 09.07.2006
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