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16.08.2006

Nancy secoue le cocotier

Nancy HustonProfesseurs de désespoir

Actes Sud, 2004

 

Ne croyez pas que cet essai s’adresse aux seuls qui ont lu les auteurs cités, loin de là.

Je gage même que les vrais littéraires au sens premier du terme le trouvent trop facile. Il esquisse à gros traits les points de détails qui mériteraient d’être creusés, fouillés jusqu’à exhumer leur essence première, survole les œuvres pour s’attarder sur le contexte, prend partie et, sacrilège impie, plaisante à qui mieux mieux.

Oui, même si vous n’avez pas lu Arthur Schopenhauer, Samuel Beckett, Emil Cioran, Jean Améry, Charlotte Delbo, Imre Kertesz, Thomas Bernhard, Milan Kundera, Elfriede Jelinek, Michel Houellebecq, Sarah Kane, Christine Angot, et Linda Lê, vous pouvez trouver énormément de grain à moudre dans ces Professeurs de désespoir.

Or, donc, que trouve-t-on dans cet essai ?

Chacun de ces auteurs, avant de rédiger des pages désespérantes et néanmoins souvent brillantes, a été un enfant, a eu une famille, une vie, un job, des amis, ou pas. Et c’est cette perspective là que Nancy Huston nous offre, éclairant au passage les points communs (la génophobie, par exemple) de nos joyeux mélanomanes, dégageant ça et là leurs idées principales, esquissant quelques mots au sujet de leurs œuvres, proposant des bribes d’explication.

La littérature, dit-elle, fait le grand écart entre le « ya qu’à » et le « n’est que ». On commence souvent par le « n’est que », c’est un passage quasi-obligé de l’adolescence, puis on peut choisir délibérément cette pose littéraire, tout en étant beaucoup moins misanthrope dans la vie. La contradiction c’est que si on exprime son mal à être au monde en écrivant, on n’est alors plus dans le nihilisme, puisque écrire vaut le coup…

« Du côté des lecteurs, la fréquentation des grands textes nihilistes est souvent une expérience exaltante. L’expression du désespoir nous invite à réfléchir, bien plus que celle de la béatitude. Nous y trouvons notre compte parce que nos propres souffrances y sont non seulement reconnues mais ennoblies, portées à l’incandescence par la beauté littéraire. »

PS. : J’adore ses néologismes !

352 p.

Commentaires

YEEESSS ! Cuné, je vous adore...
j'ai ADORE cet essai et la plume décapante de Nancy Huston qui offre un vrai filet d'air dans cette arène littéraire où parfois on étouffe sous le poids des désespérants - j'espère rencontrer Nancy Huston et lui donner 2 grosses bises claquantes sur les joues parce que, vraiment, cet essai m'a fait beaucoup de bien et m'a beaucoup décomplexé, tout en disant à voix haute ce que je pensais parfois tout bas ( ah mon dieu, Schopenhauer, Cioran et Houellebecq, j'en ai ma claque ) - évidemment, quand on parle de ce bouquin dans les salons, c'est le silence qui s'installe et personne ne veut rebondir - tant pis, c'est un secret de lecteurs et une cure de jouvence... merci pour ce commentaire..
jp

Écrit par : jp blondel | 16.08.2006

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Moi aussi, je m'aime assez bien ;o))En plus, c'est vous qui m'avez incitée à lire cet essai, dans un de vos commentaires vous l'évoquiez. Sur le blog de Dolce, aussi, il avait été recommandé par un commentateur (me souviens plus à quelle occasion, ni qui)Et je ne le regrette vraiment pas ! C'est effectivement une lecture qui donne la pêche, qui enrichit et qui fait plaisir : que demander de plus ? :-D Au fait !! Voilà deux fois qu'on me charge de vous réclamer à corps et à cris un blog. Pourquoi, donc, Jean-Philippe Blondel, n'ouvrez-vous donc pas votre propre blog ? Voilà, j'ai transmis. :-D

Écrit par : Cuné | 16.08.2006

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ah bonne question...disons parce que je fais déjà un journal intime, comme les jeunes filles de quinze ans et cela depuis vingt-cinq ans - et surtout à cause de l'auto-censure - je me connais, je ne pourrais pas dire ce que je pense vraiment, souvent - parce que j'ai des élèves, des parents d'élèves, des collègues écrivains etc etc - et puis je suis très partagé sur les blogs d'écrivain - même s'il y en a que j'aime beaucoup comme celui d'emmanuelle pagano ou celui de karine fougeray - je trouve qu'on est coincé par l'autopromotion  - et je me sens mal à l'aise avec ça - dire "ah regardez, y'a un article sur moi dans Je Vis Ma Vie. com , ça me paraîtrait...déplacé - en revanche, je cogite sur l'idée des blogs - mais pour un roman à venir (ou pas) - à très bientôt..
jp
ps: j'ai été très agréablement surpris par le deuxième roman de JB Gendarme "table rase"

Écrit par : jp blondel | 16.08.2006

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Je ne suis que moyennement surprise par ce que vous dîtes là... :-DJ'avais en plus avancé l'argument "temps", parce que mine de rien, un blog en prend pas mal, et que vous croulez déjà sous les activités.(Toujours pas lu JB Gendarme)

Écrit par : Cuné | 16.08.2006

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Et si on a  lu aucun des auteurs que tu cites, on peut quand même apprécier?  Déjà que moi je l'aime Nancy Huston.
Changement de sujet, tu me l'avais bien dit Cuné, qu'il voudrait pas faire un blog M. Blondel !   Mais à l'argument des élèves et des parents d'élèves, je dis, avec un pseudo on n'a pas à s'en préoccuper. ;)  J'en suis la preuve vivante.  Et puis si l'auto-promotion vous met mal à l'aise, rien n'empêche de créer un blog d'écrivain lecteur où ce qui est mis de l'avant se serait les plaisirs du lecteur avant tout.  Je dis ça comme ça hein.  Je veux pas mettre de pression. :)

Écrit par : Frisette | 16.08.2006

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Cuné  (comme tu es recommandé par Cathe) , je t'attends de pied ferme sur "loisirsles bonsplans..."

Écrit par : Plp56 | 16.08.2006

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Désolé Frisette - pas pour l'instant en tout cas. Je suis un peu nerveux. Je viens d'aller à la FNAC de Troyes et Passage du Gué est arrivé ...

Écrit par : jp blondel | 16.08.2006

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Pauvre Cathe, quelle responsabilité tu lui mets sur les épaules, en profitant lâchement de ses vacances qui plus est, ah sont beaux les amis !! :-D :-D

Écrit par : Cuné | 16.08.2006

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Pas à celle de Reims ! (Vérifié cet aprem ;o)) En attente...

Écrit par : Cuné | 16.08.2006

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...pas non plus à celle de Paris Saint-Lazare...
En revanche, une très jolie critique de Clarabel :
http://quartiersdete.blogspot.com/

Écrit par : Papillon | 17.08.2006

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Je mets ce Huston dans mes bagages..
 

Écrit par : Laure | 17.08.2006

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Super hâte de te lire en parler, Laure. Mais bonnes vacances quand même, d'ici là (beaucoup pensé à toi hier soir, redif des livres de la huit avec Nicolas Fargues, qui a été d'un bonnet de nuit rarement égalé)  ;o))

Écrit par : Cuné | 18.08.2006

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Moi aussi j'avais bcp aimé cet essai peu politiquement correct de Nancy Huston. C'est l'un des auteurs vivants les plus intéressants, il me semble, et elle excelle aussi bien dans l'essai que dans le roman, chose suffisamment rare pour être signalée. J'ai lu récemment un petit ouvrage passionnant, des échanges épistolaires entre Nancy Huston et Leïla Sebbar ("Lettres parisiennes", sous titré Histoires d'exil) que l'on trouve en poche, où elles évoquent leur rapport à l'exil, à l'écriture, à la vie, etc. Vraiment formidable.

Écrit par : mélanie le: 13/12/2006 11:28:05 </div> </div> | 13.12.2006

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J'avoue avoir abandonné la lecture d'un essai écrit par Nancy Huston, Le Journal de la création, mais je suis une grande fan de ses oeuvres narratives, truffées d'émotion intense et d'authenticité...

Écrit par : Violette | 10.01.2010

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Et tu conseillerais quel roman particulièrement ? :)

Écrit par : Cuné | 11.01.2010

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