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22.08.2006

Professeur d'amour, un métier pas facile

Jacques JouetL’amour comme on l’apprend à l’Ecole Hôtelière

P.O.L éditeur, Août 2006

L’histoire globale est celle de Georges Roumillat, né en 1930 et devenu hôtelier, après avoir été professeur d’amour à l’école hôtelière. Il y rencontre Mariette, et ensemble ils fondent famille et hôtellerie. Leur aîné Sylvain, né la trique affichée fera sa vie entière honneur à cette particularité, déclenchant divers sentiments autour de lui. C’est une épopée familiale que l’on survole, des années cinquante à l’an 2000, en s’appuyant sur les différents mouvements sociaux.

C’est surtout l’occasion de notes de bas de pages assez phénoménales, l’une par sa longueur (6 pages !), les autres par leur esprit ou jeux de mots. Ah, la lettre de Freud à Lesseps, rien moins qu’admirable (La *vraie* naissance de la psychanalyse !!), ah le « Saint-Antoine des plats doux » ! (et nombre d’autres à peu-près délicieux).

L’auteur répond gentiment en épilogue à quelques questions qu’on se pose effectivement au cours de la lecture, pour ne rien gâcher du plaisir de la découverte je ne dévoile rien, mais le remercie de ces précisions qui donnent un éclairage différent.
Je m’étais plusieurs fois interrogée sur certains changements narratifs, m’étais étonnée d’une tendresse particulière face à un personnage qui personnellement me déplaisait plutôt.

La première partie du roman est consacrée à Georges et Mariette jeunes, et elle m’a enchantée. Elle tombera forcément juste pour quiconque est allé à l’école hôtelière, et j’ai franchement pu rapprocher certains de mes professeurs à des techniques ou propos du jeune Georges (les sketches exagérés, par exemple) : c’est assez jouissif.

La seconde partie, dédiée au prodigue Sylvain par contre, m’a beaucoup plus ennuyée, voire même chiffonnée par endroits. J’attendais avec impatience un retour aux personnages qui avaient plus ma sympathie.

Et puis on est forcément un peu désappointés de voir ce que la vie fait de notre couple d’idéalistes plein de projets hôteliers des plus enthousiasmants.

Ce qui fait que globalement, je ne suis pas complètement emballée, même si je me félicite d’avoir eu ce roman entre les mains, et n’hésite pas à vous le recommander.

Il est copieux, et ne se lit pas en deux coups de cuillère à pot, mais je ne conçois pas qu’on puisse regretter d’avoir accordé tout ce temps à Jacques Jouet, dont le style est éminemment fringant (membre de l’OuLiPo) : merci, l’auteur.

441 p.

(Reçu pour la Rentrée Littéraire FNAC)

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