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05.09.2006
Qu'est ce vraiment qu'un livre ?
Hubert Nyssen – Du texte au livre, les avatars du sens
Editions Nathan, 1993
Armand Colin, 2005
Un des points régulièrement déclinés dans les carnets d’Hubert Nyssen est la différence entre ce qu’un auteur croit avoir écrit et ce qu'il a effectivement écrit, soit la différence de perception d’un texte. Cet écart est fonction de nombreux paramètres, qu’on pourrait résumer par un néologisme : le paratexte.
Le mot est de Gérard Genette qui l’a défini en ces termes : « ce par quoi un texte se fait livre et se propose comme tel à ses lecteurs, et plus généralement au public. »
Dans cet essai, Hubert Nyssen nous décline, de façon extrêmement précise, tout ce qui fait qu’un texte devient un livre.
Et il y en a, à dire !
Tant du côté éditorial : le technique : la réception d’un manuscrit, sa lecture, les lecteurs pro, les traducteurs, correcteurs, typographes, directeurs de collection, les prières d’insérer en quatrième, le choix des indications en couverture, le suivi pas à pas du texte, les coupes, les modifications, etc.
Que du côté commercial : la vente, les journalistes, critiques, médias, lecteurs, acheteurs, libraires, bibliothécaires, etc. (le buzz)
(Où j’entends parler pour la première fois du sigle opératique AIDA : attirer l’Attention, susciter l’Intérêt, provoquer le Désir, pousser à l’Achat.)
Sans oublier le côté mystérieux d’une alchimie qu’on ne pourra jamais mettre à plat :
« Comment expliquer, par exemple, qu’un roman de qualité, dès lors qu’il n’a pas bénéficié de circonstances particulièrement favorables d’un point de vue médiatique, qu’il n’est assisté que par un paratexte normal et qu’il ne doit donc sa carrière qu’à ses qualités propres, se vende en moyenne à trois mille exemplaires aussi bien en France, qu’en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis et même qu’en Islande, alors que les poids de population varient de deux cent cinquante mille à deux cent millions d’individus ? Y aurait-il un mystérieux nombre d’or en la matière ? »
Car enfin, il est indéniable que la façon de recevoir, percevoir un texte serait totalement différente si on le découvrait « brut », sans aucune indication ni de son auteur, éditeur, d’avis d’autres personnes à son endroit, d’idée de son contenu. On risquerait alors de n’avoir tout simplement pas la curiosité de lui consacrer son temps.
Le paratexte est donc parfaitement indispensable, en connaître un peu les rouages ne peut que nous aider, nous lecteurs, dans nos manières de l’appréhender.
Et quand c’est rédigé par la plume d’Hubert Nyssen, si limpide et si amoureuse de son sujet, c’est un bonheur de bout en bout.
183 p.
15:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hubert nyssen, lecture, édition |


Commentaires
Écrit par : nathalie | 10.09.2006
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 10.09.2006
Répondre à ce commentaireMerci, merci beaucoup.
Max ( C'est mon vrai prénom)
Écrit par : Max | 01.02.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 01.02.2007
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