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16.09.2006

Seul l'oiseau moqueur chante à l'orée du bois


Walter TevisL’oiseau d’Amérique

Presses de la renaissance, 1980
Rééditions J'ai lu, 10-18 et Folio

 

25° siècle, le monde est régi par les droits sacrés à la Solitude et à l’Individualisme. Les gens sont élevés en dortoirs, on leur serine à longueur de temps de petits mantras qui s’ancrent profondément dans leur esprit :
« Sexe vite fait protège », « Dans le doute, n’y pense plus », « Etre seul, c’est bien », « Pas de question, relax ».
Gavé de joints et de calmants, chacun est dans sa petite bulle, coupé des autres.
Plus personne ne sait lire, ni bien sûr écrire.
Mais certains, de plus en plus nombreux, s’immolent par le feu… Pourquoi ?

Bentley apprend seul à lire, en tombant sur de très anciens livres pour enfants. Ca intéresse Spofforth, un robot perfectionné, intelligent et capable de sentiments, pour son malheur. Mais moins finalement que Mary Lou, la rebelle qui revisite Adam & Eve avec une pomme en plastique…

La préface, fort bien faite, d’André-François Ruaud, nous présente Walter Tevis et donne envie de lire tous ses romans. Hélas il y en a peu, les choses sont mal faites. Pour vous le situer un peu, je citerais « L’arnaqueur » ou « La couleur de l’argent », il n’a pas fait que dans la SF.

J’adore la science-fiction de cette qualité-là, sans trop de jargon technologique, située dans un univers futuriste mais cohérent, bourrée de clins d’œil et de personnages attachants. Il se dégage une mélancolie tranquille, tour à tour désespérée ou pleine de vie, des moments de grâce pure.

Bentley découvre vite qu’il n’a aucun goût pour la fiction, mais qu’il est parfois touché par certaines phrases éparses qui trouvent en lui une résonnance, sans qu’il puisse vraiment les interpréter : il apprend à lire. C’est là où je me dis que je n’en aurai jamais fini moi-même.

Un roman captivant qui est tout entier une belle allégorie de la lecture.

Traduction (USA) de Michel Lederer
386 p.

L'avis de Chimère

Commentaires

Tu as fait vite pour le lire félicitations, tu mérites ton surnom de Lucky Luke de la lecture...contente que cela t'ai plu, mais bon y a pas franchement de mérite quand il est question d'une histoire avec des livres dedans....

Écrit par : ChimÚre | 16.09.2006

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Ben il était à ma bibli je t'ai dit ;o)(La honte, je ne me souvenais plus où j'avais pêché cette idée de lecture, heureusement que tu te manifestes, ma mémoire m'inquiète !!)

Écrit par : Cuné | 16.09.2006

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Je n'ai jamais lu de livre de science fiction, au grand dam de mon mari qui lui est un passionné de Franck Herbert. Pour commencer il me conseil 1984 de George Orwell, mais j'ai bien envie quand même d'essayer, peut-être pas au début "Walter Tevis", mais, suite à ton com, Le cycle d'Ender d'Orson Scott. Qu'en penses-tu ? Je signe Florinette à la place de Florence, car je viens de créer mon blog, encore en travaux actuellement. Le plus dur c'est de savoir commenter un livre , de trouver les mots justes, de bien se faire comprendre...Enfin je verrais bien...

Écrit par : Florinette | 16.09.2006

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Florinette, j'en pense que dans ce domaine, ton mari est sûrement de meilleur conseil que moi :-D Je suis loin d'être connaisseuse. Ceci dit, ce Mockingbird est comparé justement à 1984. Ender j'avais beaucoup aimé les 2 premiers du cycle aussi.Bravo pour ton blog, et tu verras que ça vient de plus en plus facilement avec la pratique. Ne perds pas de vue que tu te fais d'abord plaisir à toi.

Écrit par : Cuné | 16.09.2006

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Pour débuter et si l'aspect futur avec vaisseaux spatiaux, extra terrestres, technologies ultra sophistiquées te fait peur, tu peux faire confiance à Sturgeon (qui axe ses récits sur l'humain), Simiak (Demain les chiens est un grand classique), 1984, Days de James Lovegrove. (c'est plus récent), ensuite côté francophone, essaye Roland C Wagner, peut-être pas Les chants du cosmos (mon préféré) mais sa série sur Les futurs mystères de Paris (un peu d'humour, un futur original et un héros détective Temple Sacré de l'Aube Radieuse qui utilise son don de transparent pour résoudre des enquêtes).
Frank Herbert même si c'est avec lui que j'ai vraiment découvert et aimé le genre c'est peut être pas l'idéal pour débuter. Après une fois en condition à toi Les chroniques du pays des mères d'Elisabeth Vonarburg, Hyperion, Dune, Les seigneurs de l'instrumentalité...hum je m'égare pardon.
Bravo pour le blog en tout cas, j'ai laissé mon petit message tu as fait du beau travail dans la présentation des livres, j'aime beaucoup.

Écrit par : ChimÚre | 16.09.2006

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Merci, Cuné et Chimère, pour vos encouragements. Je note les titres que tu me conseils et je verrais s'ils sont disponibles à la biblio. ;-)

Écrit par : Florinette | 17.09.2006

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Après avoir eu une période boulimique en matière de science fiction et de fantasy, j'ai un peu de mal à trouver mon bonheur aujourd'hui. Ta description de L'oiseau d'Amérique est bien tentante, ça me ferait plaisir m'y remettre.
Pour les propostion à Forinette,je vois que j'ai les même classiques que Chimère, j'ajouterai peut être Silverberg (deuxième période) les monades urbaines par exemple. Comme ce sont des nouvelles, ça pourrait être une bonne façon de se lancer dans le genre.
Je voudrais vous dire Cuné, Chimère et Florinette que vos blogs sont une mine d'idées et d'inspiration pour moi (tout juste débutante). C'est très impressionnant bravo !
 

Écrit par : yue yin | 25.09.2006

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Merci, Yue Yin :-D

Écrit par : Cuné | 25.09.2006

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j'aime moi aussi la SF mais je suis souvent déçu, tu qualifiais celui-ci d'excellent, je l'ai donc lu et je te remercie de ton bon jugement, ce livre que je nomme d'anticipation est ce que j'attends de la SF.

Écrit par : pom' | 23.10.2006

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Ah ça fait bien plaisir des retours comme ça, merci, Pom' !

Écrit par : Cuné | 23.10.2006

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L’oiseau d’Amérique (ou plus précisément "l’oiseau-moqueur") de Tévis est le reflet à venir de notre monde actuel en totale déliquescence. Cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas senti aussi concerné par un ouvrage d’anticipation. L’épreuve de renaissance de Bentley après son évasion sur les côtes atlantique m’a marqué. Tout comme le niveau de dépeuplement auquel la population mondiale a abouti progressivement...quelques centaines de millions de par le monde. Cette masse humaine désincarnée, lobotomisée dès son plus jeune âge, conditionnée sur le mode exclusif de vie du "Repli sur soi". Ces rues fantomatiques des grandes cités anciennes devenues légendaires. Cette automatisation des activités quotidiennes, fréquemment inopérationnelles, régentées par les seuls robots. Cette humanité à bout de souffle, oui....à bout de souffle, contemplant machinalement les vestiges d’un monde ancien. Comme j’aimerais vivre dans ce monde mais avec toute la conscience éveillée de Bentley. Ce monde est dorénavant à quelques pas du nôtre. Je souhaite de toute mon âme, dans un futur proche, être le Bentley du monde de....l’oiseau moqueur qui chante à l’orée du bois.

Écrit par : antaios le: 04/08/2007 16:08:19 </div> </div> | 04.08.2007

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