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09.10.2006

Une semaine avec les Maxwell

Stewart O’NanNos plus beaux souvenirs

Editions de l’Olivier, 2005

 

Imaginez, vous êtes Emily, un peu plus de 70 ans, votre mari vient de mourir et vous réunissez votre tribu dans la maison de vacances pour la dernière fois, il va falloir faire le tri dans les objets. Ou vous êtes Arlene, sa belle-sœur, institutrice à la retraite, vieille fille, qui vient prendre sa dose de vie familiale. Ou bien encore Kenneth, l’aîné, photographe contrarié, dont le mariage est une longue suite de concessions, ou son épouse Lisa, sangsue agrippée à Ken qui compte les jours, les heures et les minutes à passer en compagnie de sa belle-mère, ou …
Je ne vais pas tous vous les faire, ils sont dix, en comptant Rufus, le vieux chien.

Sur une semaine, jour par jour, on rentre dans l’intimité de chacun, geste par geste, moment après moment, dans une gerbe de détails allant du plus insignifiant au nœud même du sens de toute chose.
Du samedi, jour où ils prennent la route, chacun de son petit coin des USA, au samedi suivant, où le dernier tour de clefs signera la fin définitive des vacances dans cette maison, ils essayent de renouer un certain contact familial.
Depuis des années, ils passent ainsi ensemble une semaine en Août près du lac Chautauqua, dans l’état de New-York.
Il n’y a pas de vrais problèmes, dans cette famille - enfin si. Mais pas dans leurs rapports entre eux - plutôt une succession de non dits et de mauvaises habitudes, et on ne peut que constater les manques qu’ils induisent.

Je ne trouve pas l’angle qui donnerait un éclairage pertinent sur ce roman que j’ai eu immensément de plaisir à retrouver chaque fois. J’ai lu ailleurs que son intrigue tenait sur un timbre-poste (c’est vrai), que sa construction était des plus maitrisées (aussi), que la virtuosité de Stewart O’Nan, empreinte de sobriété lui donnait place aux côtés de Richard Russo pour la peinture d’un Amérique middle-class, (encore juste), mais c’est aussi beaucoup plus impalpable que ça.

On se reconnait, dans ces personnages. Les petiots de 11 ans rivés à leur game boy, ne s’exprimant qu’à travers les évolutions de leurs Pokemons. Les cousines adolescentes scotchées ensemble, dont l’une est éperdue d’admiration devant l’autre, tous les autres aussi, tout à tour amusants, profonds, ennuyeux, de mauvaise foi.
Sans oublier le chien, très important, le chien.

Peut-être que tout est là, dans l’infiniment petit, dans la succession des jours, dans les activités qu’il faut trouver pour occuper les jours de pluie.

Le lecteur est bercé, hypnotisé, il devient un locataire du cottage, lui aussi. Et c’est le cœur bien lourd, et trop tôt, qu’il voit arriver le dernier mot.

 

Traduction (USA) de Jean-François Ménard
693 p.

L'avis de Cathulu

Commentaires

Les petiots de 11 ans rivés à leur game boy, ne s’exprimant qu’à travers les évolutions de leurs Pokemons.
-) j'ai les mêmes chez mes soeurs !!! :-D .. Ah ce livre me tente beaucoup !!!!! *miam*

Écrit par : clarabel | 09.10.2006

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C'est vraiment étrange, mais les sentiments que j'ai éprouvés à la lecture de ce roman (une de mes plus belles rélévations littéraires de ces dernières années) sont absolument identiques à ceux que tu décris...

Écrit par : Stéphane Laurent | 09.10.2006

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Comme quoi je ne raconte pas *que* des conneries... ;o)) Clarabel, n'hésite pas ! Et puis L'Olivier, très chouette maison d'édition aussi !! (le facteur n'est plus mon ami, ayé, terminé !)

Écrit par : Cuné | 09.10.2006

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Ca a l'air bien ! *sigh*...allez, on le LAL !

Écrit par : tamara | 09.10.2006

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Tu devrais ouvrir une librairie Cuné!  C'est à cause de tes critiques qu'on a envie de lire autant de livres!  Tu ferais des affaires d'or, j'en suis sûre.  Encore un de plus sur ma LAL

Écrit par : Frisette | 09.10.2006

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Tout pour me plaire ce roman: une famille, un chienchien, l'édition de l'Olivier, Cuné emballée...je note.

Écrit par : Anne | 09.10.2006

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Allez-y, les filles, en ayant bien en tête l'atmosphère du truc, hein, faut pas s'attendre à du trépidant qui bouge dans tous les sens... Frisouille je suis bien trop fainéante pour être libraire, c'est que c'est du boulot, ça !! :-D

Écrit par : Cuné | 09.10.2006

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Je ne dirai qu'un mot, ton mot *miam*. ;-o))

Écrit par : Florinette | 09.10.2006

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Tu me tentes une fois de plus...A ajouter prochainement dans ma PAL!

Écrit par : Marie-Charlotte de la TronchambiÚre | 09.10.2006

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"Très important le chien", tu as su trouver l'argument pour me convaincre :) !

Écrit par : cathulu | 09.10.2006

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Vendu en ce qui me concerne ;-) Merci Cuné pour cette suggestion :-D

Écrit par : Lhisbei | 09.10.2006

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Mille fois d'accrod Cuné, ce livre est merveilleux !!! j'ai adoré

Écrit par : lily | 10.10.2006

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Je n'en trouve pas la trace dans ton blog, Lily, j'adorerais te lire à son sujet !!

Écrit par : Cuné | 10.10.2006

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Celui-là il est pour moi... je t'en donnerai des nouvelles merci

Écrit par : yue yin | 11.10.2006

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Merci Cuné ! Il n'est pas dans mon blog car je l'ai lu il y a à peu près un an (un article du Monde des livres m'avait mise sur la piste) et je n'avais pas de blog à l'époque... Je préfère écrire des commentaires sur des livres que je viens de lire, je me sens plus proche d'eux pour en parler. Mais je veux bien me replonger dans "Nos plus beaux souvenirs" !
Je trouve que tu en parles très bien Cuné, car c'est vrai que c'est un livre difficile à présenter... il est subtil, sensible et très juste (stewart O'Nan donne des détails qui font mouche, de l'odeur d'un vêtement, la cuisine et ses placards, un pommeau de douche rouillé, le chien Rufus même *!), on entre véritablement dans le livre et dans l'intimité de ses personnages par des petits riens qui font tout. Et pourtant c'est vrai qu'il ne s'y passe pas grand chose à part le temps qui passe, les vacances qui se terminent et la fin d'une époque qui se profile avec la vente de la maison. Et cette échéance pousse chaque membre de cette famille à faire son bilan. . C'est un peu de nous tous que Stawart O'Nan a mis dans ce livre et c'est tout à fait génial...

* fabuleux ce Rufus, il me rappelle le chien de mon père !

Écrit par : Lily | 11.10.2006

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Merci, Lily, c'est exactement ça, et qu'est-ce que j'aime qu'on me parle d'un livre que je viens de lire aussi ! Il faut que je lise un autres Stewart O'Nan très vite, jamais deux sans trois.

Écrit par : Cuné | 11.10.2006

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Je viens malheureusement d'abandonner ce livre. Bien écrit, avec des personnages attachants dans leurs défauts mais bien trop statique a mon gout. J'ai pensé n'en jamais venir a bout. Dommage.

Pour un roman de SF je te conseille Quinze minutes de Charles Dickinson que j'ai adoré. C'est un roman d'anticipation sur le thème du temps ( pas celui qu'il fait mais sur celui qui passe ;) ) que l'on trouve en folio SF

Écrit par : frédérique | 26.08.2010

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Déjà lu, et aimé bof, mais merci Frédérique :)

Écrit par : Cuné | 26.08.2010

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