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06.11.2006
Ce charme indéfinissable et immatériel

Graham Joyce
L'enfer du rêve
Pocket Terreur, 1999
Accrochez vos ceintures!
1974, 4 jeunes étudiants très différents les uns des autres se lancent dans une expérience scientifique encadrée par un vieux professeur: l'univers des rêves conscients et dirigés. 1986, les mêmes, séparés par la vie, se retrouvent poussés par une force mystérieuse et sont la proie de terribles peurs... Je n'en dis pas plus, vous cernez l'univers subtilement angoissant de ces pages que j'ai littéralement dévorées. Rien de sanglant, d'explicite, mais de la bonne angoisse latente qui vous ronge efficacement. Du fantastique comme j'aime!
A noter les citations avant chaque chapitre, toutes sur le thème du rêve, très adéquates à chaque fois.
A huer la correction totalement déficiente, avec de nombreux noms de personnages inversés lors des dialogues, voir carrément inventés ce qui donne des situations tout à fait surprenantes...
Traduction (GB) de Thomas Bauduret
251 p.
Lignes de vie
Editions Bragelonne, 2005
Angleterre, juste après la deuxième guerre mondiale. Une belle et grande famille de sept sœurs, où la matriarche possède un don particulier dont elle se serait bien passé, et qui ne s'est transmis qu'à Cassie la libre. Lorsque celle-ci décide de garder son deuxième bébé, le petit Franck, tout le monde subodore que dans ses veines coule une partie du mystère. On se serre les coudes pour se partager son éducation, au milieu du train-train quotidien. L’entente n’est pas toujours au beau fixe, et l’impalpable toujours présent en filigrane.
Une lecture enchanteresse.
Le fantastique est présent mais s'insère avec une virtuosité sidérante dans le récit qui coule, coule et nous transporte au cœur même de la famille Vine, entourés "d'architèques" et de "skélettes"...
C’est exactement ce que j’aime, cet intangible esprit qui anime les pages, ce doigté qui suggère plus qu’il ne propose, un monde aérien et inquiétant qui est juste là, à la lisière du nôtre.
Un immense coup de cœur !
Traduction (GB) de Mélanie Fazi
354 p.
* Le 4 Novembre 2006 aux Utopiales de Nantes, Prix Jacques Chambon de la traduction pour Mélanie Fazi ET prix du meilleur roman étranger à Ligne de vie, dans le cadre du Grand Prix de l'Imaginaire.
En attendant l’orage
Editions Bragelonne, 2006
Tiens, encore le chiffre sept.
Sept personnes (six anglais et une française) passent leurs vacances dans une ferme restaurée en Dordogne. James en est l’initiateur, en plus de sa femme et ses deux petites filles, il a invité un couple d’amis et une ex-maitresse. Curieuse association à priori, d’autant que James ne va pas bien. L’ambiance se détériore d’ailleurs de jour en jour, à croire que la demeure recèle de mauvaises ondes…
La petite Jessie, au cœur du roman, est elle entre les mains d’un bien étrange professeur (dont on cherche l’identité pendant un bon moment !). On lui enseigne les anges et leurs fonctions, à travers la lecture de miroirs.
Avec tout ça, le temps est en train de changer, l’orage approche, et son attente prend une grande importance…
Roman d’atmosphère par excellence, je ne saurais dire avec précision ce qui fait son charme absolu. C’est dans l’air, dans les murs, dans les dialogues, dans certains comportements étranges et d’autres tellement triviaux, dans un huis-clos estival quand personne ne s’entend avec personne, dans la conduite, si naturelle en somme, d’une gamine un poil perturbée, etc.
L’impalpable dans toute sa splendeur, qui s’achemine tranquillement vers un drame pressenti, dont on dévie habilement.
Je suis fan absolue !
Traduction (GB) de Mélanie Fazi
316 p.
15:00 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : fantastique, impalpable


Commentaires
Ecrit par : Jo Ann | 06.11.2006
Répondre à ce commentaireTu me donnes envie de découvrir les deux autres que tu as cités. Effectivement, tout est dans l'atmosphère et le non-dit chez Graham Joyce.
Ecrit par : tamara | 06.11.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : sylire | 06.11.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 06.11.2006
Répondre à ce commentaireDonc je disais, que je ne conseillais pas Indigo du même qui a été écrit avant le magnifique Lignes de vie, c'est une lecture qui m'avait un peu refroidie. Les limites de l'enchantement ? Rien que le titre déjà j'en salive d'avance.
Ecrit par : ChimÚre | 07.11.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 07.11.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : Florinette | 07.11.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 10.11.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : mélanie | 06.12.2006
Répondre à ce commentaireEcrit par : mélanie | 16.01.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 16.01.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : mélanie | 16.01.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 16.01.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Lilly | 05.06.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 05.06.2007
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