« Sa nurse indienne | Page d'accueil | Il voulait trouver mieux »

27.11.2006

Le "Nada" d'Hemingway

Javier CercasA la vitesse de la lumière

Actes Sud, 2006

 

Alors qu’il vient de terminer ses études, le narrateur vit dans un petit appartement de Barcelone avec Marcos, son ami qui veut être peintre. Lui, c’est écrivain qu’il veut être. Alors partir enseigner aux USA est une opportunité qui ne se refuse pas, riche d’expérience subodore-t-il. C’est ainsi qu’il part passer deux ans dans une petite ville du Middle West américain, à la fin des années 80. Il y rencontre Rodney, personnage étrange, psychologiquement détruit par la guerre du Vietnam, féru de littérature, qui l’influence pour le reste de sa vie.
Dix-sept ans s’écoulent.
Le narrateur s’est marié, a eu un fils, a écrit plusieurs romans et est sur le chemin de la célébrité. C’est à ce moment que Rodney ressurgit...

C’est un admirable roman qui porte à bras-le-corps plusieurs thèmes forts et exigeants : la guerre du Vietnam, pendant, après, l’amour filial, l’amitié, la célébrité, la littérature, la culpabilité, la vie, la mort. Le tout inséré avec brio dans une narration fluide et facile, tellement aisée qu’on en oublierait presque la profondeur du propos.

Au fil des pages, on note frénétiquement des passages d’une résonnance presque insupportable de vérité, on revient sur ses pas, on repart, on veut savoir la suite et en même temps on veut digérer tranquillement ce qu’on vient de lire, on veut réfléchir, faire notre propre trajet à la vitesse de la lumière et devancer le narrateur, mais c’est peine perdue. Il nous attendait, il a le dernier mot, « Il finit comme ça. »

 

Traduction (Espagne) d’Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic
286 p.

L'avis de Papillon et celui de Cathe


Commentaires

Contente de voir que ça t'a plu :-)

Écrit par : cathe | 27.11.2006

Répondre à ce commentaire

Décidement pratiquement toutes tes critique me donnent envie de lire, je devrais peut être en emporter une caisse et faire retraite loin du monde. encore un titreque je  note avec enthousiasme...

Écrit par : yueyin | 27.11.2006

Répondre à ce commentaire

J'ai beaucoup aimé la part d'autobiographie qui se mêle au roman parce que, du coup, Rodney est beaucoup plus réel. Je me suis vraiment dit que l'auteur avait vraiment rencontré un vétéran du vietnam et on entre très vite en empathie avec ce type et son histoire... Et c'est la guerre du Vietnam, mais ça pourrait ausi bien être la guerre en Irak, non ? Bref, un très bon livre qui fait vraiment réfléchir à un tas de trucs...

Écrit par : Papillon | 27.11.2006

Répondre à ce commentaire

Oh oui, Cathe, beaucoup ! Et pourtant, paradoxalement, j'en avais trop entendu parler de ce roman, je comptais le lire plus tard, mais l'avis de Papillon sur son blog m'a rendu l'attente impossible, elle sait déclencher le truc qui me fait me précipiter :-D Et du coup j'ai relu ton propre avis avec des yeux différents, je ne pouvais plus attendre du tout :-DYueYin je te suis avec ma propre caisse, viens on va hiberner tranquilles toutes les deux ;o))Papillon je suis entièrement d'accord, j'ai moi aussi tout le temps pensé à l'Irak bien sûr, et j'ai particulièrement apprécié qu'il n'y ait aucune propagande, aucune leçon dans le roman, mais une exposition tellement humaine du problème qu'on comprend tout, qu'on va de nous-même chercher derrière !Très fort.Me suis aussi demandé la part d'autobio, le nom du premier roman, tout ça, ça fait partie du charme !

Écrit par : Cuné | 28.11.2006

Répondre à ce commentaire

Moi qui voulais attendre... ça s'appelle de l'harcèlement littéraire ça m'dame !!! pffffff tiens bonne idée moi aussi je vais partir avec ma caisse sous le bras, heu non, à bout de bras ou plutôt la traîner car vu son poids !!!! :-o))

Écrit par : Florinette | 28.11.2006

Répondre à ce commentaire

"harcèlement littéraire", et c'est toi qui dit ça !! :-D

Écrit par : Cuné | 29.11.2006

Répondre à ce commentaire

Moi aussi j'ai aimé ! Et chroniqué sur mon blog !

Écrit par : clochette | 30.11.2006

Répondre à ce commentaire

                             Mon  premier livre favorit en 2 OO7, c'était  Le messager d'Alger de José Carlos Llop, un espagnol. Le 2e est aussi  espagnol, c'est le livre de Cercas. Il nous dit que l'homme n'est pas bon, ou plutot qu'il ya des forces obscures qui ne demandent qu'à faire surface et  à exploser, s'il ne peut les contenir en lui.    Mais parfois, c'est la vie elle-meme, les circonstances  particulières  (la guerre, le succès), qui font tout basculer.                                                     On ne peut refaire, revenir en arrière. On ne peut qu'avancer. Ou on étouffe ses vieux démons, ou on se dtruit avec eux. Ce n'est pas gai. Ce n'est pas forcément triste. C'est la vie.
Salut a tous.
 

Écrit par : bix29 | 03.03.2007

Répondre à ce commentaire

Salut à toi, bix29 ! :-DJe note José Carlos Llop, que je ne connais pas, merci !

Écrit par : Cuné | 04.03.2007

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.