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23.02.2007
Et une passion grandissante pour Jane Austen, ça se soigne ?
Jane Austen
Northanger Abbey
1ère édition 1818
Christian Bourgois, 1980
Omnibus, 1996
Où l’on suit le destin de Catherine Morland, jeune fille pure et un peu cruche, sans fortune ni maniérisme, qui s’initiera à Bath à quelques us de la jeunesse plus coutumière des préséances sociales et mondaines, puis découvrira l’amour à Northanger Abbey.
J’ai aimé que plusieurs fois Jane Austen s’adresse directement en son nom au lecteur, pour s’exprimer notamment sur le sort réservé au roman à son époque. Les premiers jours de Catherine à Northanger Abbey sont aussi un régal, son imagination l’entraînant dans une ambiance un peu gothique qui nous fait délicieusement frissonner, à l’instar de ses lectures toutes horrifiques.
Les quelques portraits dressés sont aussi très caustiques, l’amie intéressée et volage, le père tyrannique et versatile…
Ce roman n’a pas la légèreté et le pétillement d’orgueil et préjugés, mais il nous prend très agréablement dans ses filets malgré tout.
Traduction (GB) de Josette Salesse-Lavergne
206 p.
Mansfield Park
Christian Bourgois, 1982
Omnibus, 1996
10-18, 1996
Il était une fois trois soeurs, qui étaient toutes trois fort jolies. C’était là leur plus grande qualité. L’une, Maria, épousa avec bonheur Sir Thomas Bertram, de Mansfield Park (Maria : un petit pois en guise de cerveau !). L’autre, fut contrainte d’épouser le révérend Norris, presque entièrement dépourvu de fortune personnelle (la tante Norris : une saleté de première, et jusqu’au bout !), et la troisième fit la pire des unions : « Quand à mademoiselle Frances, elle se maria, selon l’expression populaire, pour désobliger sa famille, et en arrêtant son choix sur un lieutenant de marine, sans éducation, fortune ou parenté, c’est une chose qu’elle fit à fond. » Tout comme de nombreux enfants (en s’occupant de tout ça par-dessus la jambe !).
Tant et si bien que ses deux sœurs, établies toutes proches l’une de l’autre, décident de prendre à Mansfield Park l’aînée de leurs nièces : Fanny Price.
Lorsqu’elle arrive à MP, elle a tout juste dix ans, et est déjà une nature effacée, timide, rougissante et détestant plus que tout être le point de mire de quoi que ce soit. Les années passent, le traitement qu’on lui réserve est souvent injuste, peu chaleureux ; la plupart du temps sans réelle mauvaise intention, plus par bêtise ou arrogance. Bien que, parfois… Heureusement son cousin Edmond est là, qui dès les premiers jours lui offre son affection pleine et entière.
Et voici que Fanny est devenue une belle, très jolie jeune fille de dix-huit ans. Les Crawford, proches voisins, vont être l’occasion de nombreuses péripéties…
Ouah, Jane Austen n’y va pas avec le dos de la cuillère dans ce long roman qui devient de plus en plus palpitant à mesure qu’on avance dans l’histoire. Ses portraits sont souvent carrément cyniques : « Et poursuivant le cours de ses idées, elle ajouta peu de temps après : « Ecoutez ce que j’ai à vous dire, Fanny, et c’est plus que je n’en ai fait pour Maria, la prochaine fois que mon carlin aura une portée, je vous donnerai un de ses chiots ». Voici le plus beau compliment et cadeau que puisse imaginer le pois chiche de Lady Bertram.
Ou encore la lettre de lettre de Mary Crawford pour s’assurer que Thomas est vraiment à l’agonie, auquel cas Edmond deviendrait « Sir » : rarement lu plus abject et follement pernicieux.
Et puis toujours, bien sûr, des bals, des revirements, des amours qui naissent, s’épanouissent, s’égarent, des pauvres sympas, ou pas, des riches bouffis, ou tendres, bref, le 19°, le faste et la plume vive et éblouissante de notre chère, chère Jane Austen.
Traduction (GB) de Denise Getzler
412 p.
15:00 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : classique, jane austen


Commentaires
Ecrit par : cathulu | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireD'ailleurs concernant ce bouquin, je me souviens qu'à la fac, en cours d'histoire littéraire britannique, on nous le citait souvent comme faisant partie du mouvement gothique, effectivement...
Bon allez, je le repasse sur le dessus de ma PAL!
Ecrit par : Lisa | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Naniela | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Gachucha | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireMansfield Park, je pense le relire. J'y avait trouvé quelques longueurs. Mais c'est aussi le seul roman d'Austen où l'indentité du prince charmant n'est révélée qu'à la toute fin.
Dernière chose : Ne te soigne surtout pas !
Ecrit par : Lilly | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : katell BOUALI | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Clarabel | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEn revanche, j'ai vu le film Orgueil et Préjugés ; j'ai vraiment beaucoup aimé, l'ambiance est très plaisante, les personnages sont vrais et l'histoire est typique du style !
Ecrit par : Axel | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Beloved | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : valdebaz | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireSurtout qu'il te reste encore trois excellentissimes romans de JA à découvrir : Raison et sentiments, Emma, Persuasion, encore meilleurs de mon point de vue que les deux que tu viens de lire :-)
Ecrit par : papillon | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Frisette | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Jules | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireCes lectures ne sont que de bons souvenirs !
Ecrit par : antigone | 23.02.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 24.02.2007
Répondre à ce commentaireje te mets le lien vers la partie 1 : http://www.youtube.com/watch?v=YBLMpDihYp4
Ecrit par : Lilly | 02.04.2007
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 02.04.2007
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