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09.03.2007
Ca prend pas des radoubs de dimanche, jen passe un papier !
Yves Thériault – Le dernier Havre
Les éditions de l’Actuelle, 1970
Typo, 2005
L’histoire est toute simple, et tient en une phrase : c’est un vieux pêcheur - d’âge incertain, 80, 90, qui tient ces comptes-là, dans son univers ? – qui remet en état en douce une vieille barque échouée, afin de faire son dernier voyage.
Mais c’est surtout l’occasion pour lui de se raconter, de nous faire partager sa vision – savoureuse, ô combien – de la vie. Le tout avec ce merveilleux accent québécois, qu’on entend, à travers les mots, et dans la beauté flamboyante et amicale de la Gaspésie, ah, on bave d’envie.
C’est beau, c’est du miel pour les yeux et les oreilles, d’ailleurs, c’est impossible de garder ça pour soi, on n’a qu’une envie, c’est de le lire à haute voix à quelqu’un. « Dis-donc, tu m’as quasiment lu le bouquin entier, maintenant, non ? » m’a dit mon mari. Comme si la nuit était faite uniquement pour dormir, oh, le rabat-joie des fois, je vous dis pas, pff.
Yves Thériault est un auteur que je chéris très fort, et je suis – une fois de plus – très reconnaissante à ma québécoise préférée.
« Raisonner, en ce bas monde, vous savez ce que c’est ? Pourvu que vous pensiez comme tout le monde, le plus niaisement possible, c’est ça, raisonner. Jour après jour, vivre de la même manière ; jour après jour, penser comme pense le voisin, faire attention pour pas avoir une idée un peu audacieuse, un peu risquée, un peu plaisante. Oui, j’ai bien dit plaisante. Se conformer, marcher dans les traces du premier qui a marché, prendre garde de pas voir le beau du temps ou la grâce des fleurs, fuir tout ce qui pourrait être étrivant ou tentant, c’est ça, vivre, pour la plupart des gens.
[…]
Tout ça pour dire que nous autres, les vieux, loin d’avoir les idées aussi ankylosées que les genoux, on est souvent rendu au point où on voit plus clair que bien des jeunes, et que le vrai progrès, on le salue avec plaisir…
Et que même si on semble radoter, on a le plus souvent cent fois de lucidité comme les gens pris dans la routine, qui ont peur de penser par eux-mêmes, au cas où ça serait mal vu. »
142 p.
Frisette adore aussi
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : vieil homme, introspection
Commentaires
Écrit par : cathulu | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stéphane Laurent | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Gambadou | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Florinette | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : mélanie | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : CArole | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frisette | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yue yin | 09.03.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Anne | 10.03.2007
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