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13.11.2007
Psychiatre et oncologue : les deux professions avec le plus haut taux de suicides.

Son parcours est assez remarquable, jugez plutôt :
"Après avoir travaillé des années comme chercheur en psychogénétique, Ernest avait été déçu par la recherche comme par les politiques académiques en ce domaine. Il avait donc décidé de se mettre à son compte. Pendant deux ans, il avait exercé comme psychopharmacologue pur et dur, voyant ses patients vingt minutes et leur prescrivant systématiquement des médicaments. Peu à peu - et sa rencontre avec Seymour Trotter y fut pour quelque chose -, Ernest comprit les limites, voire la vulgarité, d'un traitement purement médicamenteux de ces problèmes et, quitte à sacrifier quarante pour cent de ses revenus, passa graduellement à une activité de psychothérapeute."
Et c'est là où nous rencontrons le docteur Marshal Streider, son superviseur, savoureux grand ponte qui se révèlera plutôt détonnant, et d'une naïveté confondante.
Il représente l'Establishment, il organise l'excommunication et le bannissement d'un des membres fondateurs de l'Institut, un analyste superviseur confirmé. Logiquement crédité, à ce titre, d'une respectabilité évidente... A hurler de rire lorsqu'on pénètre plus avant dans le panier de crabe, et qu'on remue un peu les fonds tout à fait marécageux de ces beaux esprits supposés aider leurs prochains : l'organe dont ils se servent le plus est situé bien plus bas que leur cerveau.
Donc, Ernest est marri parce qu'un de ses patients, Justin, s'émancipe. Il vient de quitter sa femme, Carol, poussé par sa nouvelle maîtresse, alors qu'Ernest l'y exhorte (en vain) depuis des années de thérapie. Il n'aime pas beaucoup les sentiments que cela lui inspire, et décide donc de modifier ses méthodes de travail. Sa nouvelle authenticité tombe sur Carol (l'épouse que Justin vient de quitter), brillante avocate et mégère tyrannique, en mission secrète de démontage de psy dans les grandes largeurs. Il faut dire qu'elle a un passif lourd avec cette profession...
C'est du nectar, quelle que soit votre position face à la psychanalyse vous trouverez dans ce roman à un moment ou à un autre la consolidation de tout ce que vous pensez, puis exactement son contraire. L'angle est humoristique, et on s'amuse beaucoup, tout autant qu'on est pris par l'intrigue policière, mais cela n'empêche pas du tout le sérieux, comme dans tout bon roman.
C'est brillant !
Ed. Galaade, 2006 & Points, 2007, 565 p. 8 €
Traduit de l'anglais (USA) par Clément Baude
Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : psychanalyse
Commentaires
bonne journée
Écrit par : sof | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Gachucha | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Papillon | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : lily | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 13.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Gambadou | 14.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : erzébeth | 15.11.2007
Répondre à ce commentairePlus encore que ce roman-ci, j'ai ADORé le merveilleux "Apprendre à mourir" (sorti en poche)
Écrit par : sybilline | 13.09.2008
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