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22.11.2007
A ressentir autant qu'à lire

Suzanne Berne - Un crime dans le quartier
« Je n'ai jamais été de celles qui sont capables de se rétracter : je fus incapable d'xpliquer que j'avais parlé sans réfléchir, que ce n'était pas ce que je voulais dire. Une fois que j'ai menti, je me retrouve propulsée dans une histoire qui a sa propre dynamique. Ce n'est pas que je me persuade que je dis la vérité, c'est que la vérité devient flexible. Ou plutôt la vérité me parait tout à fait relative, idée effrayante mais inévitable si on examine une vérité assez longtemps, et même rassurante si on la considère froidement. »
[...]
« Car lorsqu'on s'est vue faire la pire chose qu'on puisse imaginer à autrui, on sait au moins de quoi on est capable. On a au moins le restant de sa vie pour faire plus attention. »
Ainsi parle Marsha, la trentaine, qui nous raconte l'été de ses dix ans, dans une petite banlieue sans histoires de Washington, en 1972. Mais qu'a-t-elle donc bien pu faire, pour le ruminer ainsi pendant vingt ans ? Qu'est-ce qu'une petite fille trop solitaire, immobilisée par une cheville plâtrée et qui assiste impuissante à la débandade de sa famille peut bien inventer ? Ne lisez pas la 4° de couv, et lancez-vous à l'aveuglette, vous ne le regretterez pas.
Il se dégage une ambiance à la Peyton Place, une touffeur moite qui annihile complètement le présent. Très vite, vous avez dix ans, c'est l'été, vous ne savez pas quoi faire et le monde est hostile. Le temps est long, l'avenir incertain, d'ailleurs ces notions vous sont parfaitement étrangères, tout comme le Watergate dont parle tout le temps maman. C'est juste énervant, et l'ambiance se ternit jour après jour, une violence larvée s'établit à la maison, alors...
Un roman à ressentir autant qu'à lire, une très belle expérience littéraire menée dune plume sûre et vaillante.
[...]
« Car lorsqu'on s'est vue faire la pire chose qu'on puisse imaginer à autrui, on sait au moins de quoi on est capable. On a au moins le restant de sa vie pour faire plus attention. »
Ainsi parle Marsha, la trentaine, qui nous raconte l'été de ses dix ans, dans une petite banlieue sans histoires de Washington, en 1972. Mais qu'a-t-elle donc bien pu faire, pour le ruminer ainsi pendant vingt ans ? Qu'est-ce qu'une petite fille trop solitaire, immobilisée par une cheville plâtrée et qui assiste impuissante à la débandade de sa famille peut bien inventer ? Ne lisez pas la 4° de couv, et lancez-vous à l'aveuglette, vous ne le regretterez pas.
Il se dégage une ambiance à la Peyton Place, une touffeur moite qui annihile complètement le présent. Très vite, vous avez dix ans, c'est l'été, vous ne savez pas quoi faire et le monde est hostile. Le temps est long, l'avenir incertain, d'ailleurs ces notions vous sont parfaitement étrangères, tout comme le Watergate dont parle tout le temps maman. C'est juste énervant, et l'ambiance se ternit jour après jour, une violence larvée s'établit à la maison, alors...
Un roman à ressentir autant qu'à lire, une très belle expérience littéraire menée dune plume sûre et vaillante.
Ed. De Fallois, 09.2007 19 €
Trad. Isabelle Caron
15:00 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : enfance, ambiance pesante


Commentaires
Écrit par : cathulu | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Clarabel | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Tamara | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Anne | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : So | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : odilette | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 22.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frisette | 25.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 26.11.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frisette | 26.11.2007
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