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08.12.2007
Si on se rendait compte comme on a l'air con sur le moment, tout serait moins drôle et moins tragique

Anne-Catherine Fath - Rude
Bien embêtée pour trouver un début, une approche, à tout ce que j'aimerais dire concernant ce livre. Si j'attaque par le biais de l'autofiction, j'en connais déjà plein qui arrêteront là leur lecture de mon billet. Si je parle de mise à nu, d'auto-flagellation, et en même temps d'un recul insensé sur elle-même, de mots crus, d'enchevêtrements de périodes, bref, de gros boxon rédactionnel, je fais fuir d'autres lecteurs potentiels. Alors comment rendre l'incroyable empathie que déclenchent ces quatre-vingt dix neuf pages ?
Anne-Catherine Fath a d'importants comportements obsessionnels, avec le ménage essentiellement. Elle relie ça à l'éducation infligée par sa mère, elle a vu un psychiatre, elle prend des gélules jaunes et bleues, elle est stabilisée. Mais chaque objet doit être à sa place et doit la conserver.
A l'adolescence, elle fugue, avec une copine du lycée hôtelier. Manche, squats, alcool, pétards, beaucoup de pétards. Et la faim, aussi. Un viol. Une recherche de soi, de ce qu'elle pourrait bien faire. L'ennui, souvent, la saisit. Plus tard, aussi, petits boulots, une recherche constante d'estime de soi. Et crises de haine, aussi.
Une rencontre, la bonne, on voudrait le croire, dans un bar. Certains clients disent "elle tient une sacrée couche". Mais pas lui.
Le livre se termine sur leur premier dîner, bouffée d'espoir que l'on ressent à l'autre bout de la chaîne, dans notre position de lecteur.
Mais avant il y a eu aussi des passages où ils vivent ensemble depuis longtemps déjà, avec leur petit garçon. Et ce n'est pas exactement la vie en rose...
Ce n'est clairement pas un témoignage, ni un texte destiné à nous regonfler à bloc, de toute façon. En tous les cas j'ai été vraiment très touchée par ce texte, que je crédite, au simple niveau de grande lectrice qui est le mien, d'une réelle qualité narrative.
Anne-Catherine Fath a d'importants comportements obsessionnels, avec le ménage essentiellement. Elle relie ça à l'éducation infligée par sa mère, elle a vu un psychiatre, elle prend des gélules jaunes et bleues, elle est stabilisée. Mais chaque objet doit être à sa place et doit la conserver.
A l'adolescence, elle fugue, avec une copine du lycée hôtelier. Manche, squats, alcool, pétards, beaucoup de pétards. Et la faim, aussi. Un viol. Une recherche de soi, de ce qu'elle pourrait bien faire. L'ennui, souvent, la saisit. Plus tard, aussi, petits boulots, une recherche constante d'estime de soi. Et crises de haine, aussi.
Une rencontre, la bonne, on voudrait le croire, dans un bar. Certains clients disent "elle tient une sacrée couche". Mais pas lui.
Le livre se termine sur leur premier dîner, bouffée d'espoir que l'on ressent à l'autre bout de la chaîne, dans notre position de lecteur.
Mais avant il y a eu aussi des passages où ils vivent ensemble depuis longtemps déjà, avec leur petit garçon. Et ce n'est pas exactement la vie en rose...
Ce n'est clairement pas un témoignage, ni un texte destiné à nous regonfler à bloc, de toute façon. En tous les cas j'ai été vraiment très touchée par ce texte, que je crédite, au simple niveau de grande lectrice qui est le mien, d'une réelle qualité narrative.
Ed. L'insulaire, Mars 2007, 99 p., 13 €
"Je me demande si ça n'a pas été fait exprès. J'ai tellement craché sur ma mère, sur la vie de ma mère, sur tout ce qu'elle représentait. Je lui ressemble tellement aujourd'hui. Je la dépasse même dans la folie sur certains points. Ca n'a servi à rien, tout me revient. L'ordre, préparer les choses par avance pour ne pas être débordée le moment venu. On m'a dit plusieurs fois, à ma mère surtout, "en tout cas elle sait travailler ta fille, elle est courageuse". Ah oui, si vous pouviez me voir, comme je suis courageuse, à quatre pattes quand je nettoie le sol, pliée au-dessus de la baignoire des heures s'il le faut, à remettre sans arrêt les objets en place, à leur bonne place, toujours me lever avant tout le monde pour ne pas être débordée, l'angoisse toujours de ne pas arriver à tout faire. J'aimerais pouvoir crever, je gâche des heures et des heures. Je ne me supporte plus.
p. 4615:00 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : récit, toc, névroses


Commentaires
Écrit par : Joelle | 08.12.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Magda | 08.12.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 08.12.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 09.12.2007
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 09.12.2007
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