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22.01.2008
A un souffle de distance*

Dara Horn - Le Monde à venir
"Je vais vous raconter l'histoire de gens qui, jadis, étaient heureux."
Lire la quatrième de couverture ne vous servirait pas à grand chose, tant elle n'évoque que très superficiellement le coeur de ce gros roman; Tenter de l'esquisser brièvement se révèle tout aussi réducteur, d'ailleurs. Que dire d'un chef-d'oeuvre ? En quoi l'histoire y tient-elle un quelconque rôle ? C'est plus du domaine de l'impalpable, de l'alchimie réussie entre un style, un lyrisme teinté d'une certaine naïveté couplée à une incroyable vision très noire...
Le premier personnage à qui on s'intéresse, c'est Benjamin Ziskind. A onze ans, il eut ce qu'il reconnait comme sa première pensée intelligente, "Faux. Pire, c'est toujours possible". Depuis, il a pu le vérifier. Après une enfance passée dans un corset en acier, il vient de perdre sa mère, son épouse l'a plaqué, et voici que sa soeur jumelle, après avoir épousé l'objet de ses cauchemars, va donner la vie. Et ce n'est pas son boulot de rédacteur de questions hyper difficiles pour un quizz télé qui le console...
Mais un soir, dans une expo, il reconnait un tableau qu'il a longtemps vu sur les murs familiaux : un tout petit format de Chagall. Certain qu'il s'agit bien du leur (grâce à une trace de vernis à ongles), il s'en empare, dans un geste instinctif. Commence alors un récit alterné, tissé de plusieurs voix venues du passé, qui nous raconte les histoires de ce tableau, de Chagall lui-même, du déchirant Der Nister et de ses contes troublants, de la famille Ziskind tout entière, de la Russie, du Vietnam, du Yiddish et, plus loin encore, quelque chose comme une vérité sur l'art et la création, même celle du monde. Le Monde à venir...
C'est véritablement un roman magnifique, de ceux qui prennent le lecteur à bras-le-corps et le portent, le soulèvent, le titillent, l'éblouissent. Ca souffle, ça joue en sourdine une petite musique lancinante, ça s'imbrique et se fait faussement naïf, ça retire du monde complètement et ça nourrit incroyablement. Du coup, on n'a plus du tout envie de faire des jolies phrases pour tenter, maladroitement par essence, d'en rendre la beauté.
Dara Horn est née en 1977. Si jeune, et si douée !
Ed. Denoël & d'ailleurs, 2007, 433 p. 24 €
Traduit de l'américain par Michèle Lévy-Bram
*"cette vérité dure et polie comme un galet : toute séparation n'est pas la mort, et même les morts ne sont jamais très loin, ils ne sont qu'à un souffle de distance. Il suffit de respirer."
Super grand merci à Laure !
Le premier personnage à qui on s'intéresse, c'est Benjamin Ziskind. A onze ans, il eut ce qu'il reconnait comme sa première pensée intelligente, "Faux. Pire, c'est toujours possible". Depuis, il a pu le vérifier. Après une enfance passée dans un corset en acier, il vient de perdre sa mère, son épouse l'a plaqué, et voici que sa soeur jumelle, après avoir épousé l'objet de ses cauchemars, va donner la vie. Et ce n'est pas son boulot de rédacteur de questions hyper difficiles pour un quizz télé qui le console...
Mais un soir, dans une expo, il reconnait un tableau qu'il a longtemps vu sur les murs familiaux : un tout petit format de Chagall. Certain qu'il s'agit bien du leur (grâce à une trace de vernis à ongles), il s'en empare, dans un geste instinctif. Commence alors un récit alterné, tissé de plusieurs voix venues du passé, qui nous raconte les histoires de ce tableau, de Chagall lui-même, du déchirant Der Nister et de ses contes troublants, de la famille Ziskind tout entière, de la Russie, du Vietnam, du Yiddish et, plus loin encore, quelque chose comme une vérité sur l'art et la création, même celle du monde. Le Monde à venir...
C'est véritablement un roman magnifique, de ceux qui prennent le lecteur à bras-le-corps et le portent, le soulèvent, le titillent, l'éblouissent. Ca souffle, ça joue en sourdine une petite musique lancinante, ça s'imbrique et se fait faussement naïf, ça retire du monde complètement et ça nourrit incroyablement. Du coup, on n'a plus du tout envie de faire des jolies phrases pour tenter, maladroitement par essence, d'en rendre la beauté.
Dara Horn est née en 1977. Si jeune, et si douée !
Ed. Denoël & d'ailleurs, 2007, 433 p. 24 €
Traduit de l'américain par Michèle Lévy-Bram
*"cette vérité dure et polie comme un galet : toute séparation n'est pas la mort, et même les morts ne sont jamais très loin, ils ne sont qu'à un souffle de distance. Il suffit de respirer."
Super grand merci à Laure !
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Commentaires
Écrit par : cathulu | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marie | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : BlueGrey | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Clarabel | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : goelen | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Florinette | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 22.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Gaelle | 23.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 23.01.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cune | 29.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Marie | 27.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 27.03.2008
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