« Mansfield Park (1999) - Patricia Rozema | Page d'accueil | Vérité vraie »
16.02.2008
La Telle du conquest
Adrien Goetz - Intrigue à l'anglaise

Pénélope vient d'obtenir son tout premier poste, à peine sortie de l'école nationale du patrimoine : conservatrice adjointe du musée du Musée de la Tapisserie de Bayeux. De prime abord, elle est fort déconfite. La province l'horripile, ses intérêts vont tout entier vers l'Egypte copte. Et puis la Normandie est trop loin de Paris, où demeure Wandrille, son amoureux. On sait ce qu'il advient des couples et de la distance, passé un temps... Non, vraiment, elle ne sait pas où elle va trouver la motivation pour se pencher sur de la broderie. Mais soudainement, les évènements se précipitent : la conservatrice reçoit dans la cour même du Musée "deux balles dans la peau. La jambe et le bas-ventre, aucun organe essentiel. En tout cas pour elle." Sur son lit d'hôpital, elle est encore brutalisée et ses affaires sont fouillées. Alors qu'elle vient d'exercer son droit de préemption dans une vente aux enchères, conformément aux directives de l'agenda de sa patronne, Pénélope se voit dérober les dentelles acquises. L'aide de Wandrille et du journaleux local ne vont pas être de trop, pour remonter la piste de ce qui semble bien être les trois mètres manquant de la tapisserie...
Je me souviens, quand Clarabel avait lu ce roman, en Juillet, m'être dit que c'était vraiment le genre de sujet qui me ferait bailler à m'en décrocher la mâchoire. Et puis tout a changé, par la grâce d'une guide particulièrement intéressante et vivante à l'Abbaye aux Hommes de Caen. Soudain, la vie de Guillaume le Bâtard m'était rendue proche et accessible. Sur ses recommandations, j'ai découvert également ce fameux Musée de la Tapisserie de Bayeux, j'ai pris le temps de faire la visite complète, j'ai écouté attentivement les commentaires de l'audio-guide, j'ai dévoré des yeux les détails de cette broderie aux légendes pittoresques.
Tout à fait logiquement, j'ai donc puisé un grand plaisir à me couler dans ce polar artistique. Je rejoins Bernard, quant au relâchement ponctuel de certaines ficelles de l'intrigue (mais cela ne gâche en rien à mes yeux la qualité de tout le reste), mais m'inscris en faux à ce qu'il qualifie de "références culturelles dîner de Beaufs". Je les ai beaucoup appréciées, pour ma part, tout au moins celles qui me sont apparues, parce qu'elles se dissimulent sous les phrases toutes simples et je ne doute pas d'en avoir loupé un certain nombre.
Un roman atypique et vraiment réjouissant, je pardonne même ceci :
"Ta ville de Bayeux, c'est une merveille : ces maisons du Bessin, c'est tellement plus beau que tous ces colombages, que cette épouvantable Normandie pour Parisiens, tout ce pays d'Auge frelaté avec ses pommes rouges cirées comme des mocassins ! Vive la pomme clochard, mate, cabossée, avec un bon goût un rien acide, qui crisse sous le couteau. A quelques kilomètres d'ici, c'est Cabourg, les villas, les jardinets, le Grand Hôtel repeint en blanc trop agressif, pouah !"
Pouah vous-même :o)
Ed. Grasset & Fasquelle, 2007, 330 p. 18 €
Gachucha n'avait pas tellement aimé
15:00 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : tâpisserie de bayeux, érudit, polar


Commentaires
Écrit par : saxaoul | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion victim | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : solenn | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : amanda | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Posuto | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Laure | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 16.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frisette | 17.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Frisette | 17.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Patricia | 17.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Patricia | 17.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Loïs de Murphy | 28.02.2008
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire