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17.03.2008
Les mots ne font pas le poids
Stewart O'Nan - Le nom des morts"Si le moment présent ressemble à ce qu'a vécu son père, il comprend pourquoi il n'a jamais raconté ses aventures à la guerre - il l'a vécue, il n'a pas besoin des mots pour s'en souvenir. Les mots ne font pas le poids. Rien ne peut le faire. Et ce n'est pas une aventure."
Larry était au Vietnam. Infirmier, il a vu mourir un par un "ses" gars, avant d'en revenir lui-même avec juste un pied en moins. La nuit, toutes les nuits, ils reviennent le voir dans son sommeil et il revit interminablement cette époque. Faut dire que son présent n'est pas bandant, sa femme ne cesse de se tirer pour quelques jours avant de revenir à chaque fois, son fils est attardé, son boulot minable, son père débute un Alzheimer, et il tombe amoureux de sa voisine, charmante, certes, mais tarée.
Pourtant c'est peut-être là la bonne nouvelle, qu'il puisse à nouveau tomber amoureux, se laisser émouvoir profondément.
En attendant, un gars s'échappe de l'hosto où Larry s'occupe d'un groupe de vétérans. Il semblerait qu'il ait une grosse méchante dent contre lui, alors que Larry n'a aucun souvenir de ce Creeley. Il va se fouiller un peu la mémoire...
Magistral. Une narration au présent qui donne l'impression qu'on y est nous aussi, pas la moindre petite miette de sentimentalisme ou d'énième leçon antimilitariste, Stewart O'Nan est écrasant de talent dans ce roman. "L'écrivain des vies foutues et extraordinaires" dit Chronic'art en 4° de couverture : c'est ça, pas moins.
Je n'ai même pas envie de chercher à préciser ce qui fait la magie de sa plume, seulement de le relire encore et encore et de me laisser emporter et couler : faut avouer qu'on sort un peu (beaucoup) down d'une telle lecture. Son sujet, évidemment, qu'on peut d'ailleurs transposer à toutes les autres guerres, mais surtout ce sentiment de tant d'intimité et de proximité avec chaque pensée des protagonistes... Comme s'il écrivait directement dans nos tripes...
Ed. de l'Olivier / Seuil, 1999 & Points 2001, 583 p. 8 €
Trad. (USA) par Suzanne V. Mayoux
Titre original : The Names of the Dead
* Il y a de l'humour aussi, cependant, n'allez pas vous tirer une balle directement non plus :)
Ex : "Les jours de pause, ils sortent en patrouille autour d'Odin, pour essayer de voir qui peut prendre la tête. Le premier candidat est un Navajo, choisi pour cette seule vertu; il les conduit dans un marécage où il s'enfonce jusqu'à la taille avant qu'ils l'en tirent. On le rebaptise Pas-par-là."
15:00 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : guerre du vietnam


Commentaires
Écrit par : fashion victim | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : kathel | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : amanda | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : goelen | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Clarabel | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : florinette | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Posuto | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 17.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stéphane Laurent | 18.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 18.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 19.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 19.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : lily | 19.03.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 19.03.2008
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