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07.04.2008
Empire Falls (2006) Fred Schepisi

Mais personne ne me dit jamais rien ! Heureusement que Karine en lisant le roman s'est souvenue avoir vu cette histoire à la télé sous forme de feuilleton, et que - par miracle - un DVD zone 2 avec sous-titres en français - alléluia - existe et est en vente en France !

Une durée d'environ 4 heures (111 mn d'après la couv du DVD, mais l'après-midi entière y est passée, alors bon...) avec deux bonus : des commentaires audio du réalisateur et de Richard Russo (l'auteur du roman, qui a reçu le prix Pulitzer), mais sans sous-titres, alors accrochez-vous, moi j'ai capitulé, accent US et australien (il me semble) : vague bruit de chewing-gum avec par ci par là un mot compréhensible, plus une espèce de promo à deux balles où tout le monde dit du bien de tout le monde, untel est foooooormidable, l'autre meeeeeeeeeeeeeeeerveilleux etc. aucun intérêt, même si on entend et voit brièvement Richard Russo. (Oui, si, bon, peut-être voir les lieux de tournage, mais...)
Mais le film, ah la la. Scénario de Richard Russo himself, qui a drôlement remanié son roman pour le cadrer dans un format feuilleton, pour la télé qui plus est. On en retrouve l'esprit, mais tout est très différent malgré tout. Pendant une bonne partie, j'étais séduite mais quelque peu désarçonnée, je pensais ne plus me souvenir très bien parce que les morceaux du puzzle ne s'emboitaient pas exactement, je me disais que c'était un brin confus à suivre cette affaire-là. Tout en me délectant du climat incroyablement bien rendu de cette petite ville du Maine où il n'y a plus de boulot, où vit cette société américaine qu'on croirait encore dans les années 60, bien que l'on soit en 2003.

Et puis sans que je m'en rende compte, j'étais en larmes et ça ne se calmait pas ! Plus on avance dans l'action, plus c'est déchirant et de la pire façon qui soit, celle toute en retenue qui ne se montre jamais, qui est juste là dans un haussement d'épaules ou un sourire crispé. Le film est beaucoup plus poignant que le roman !
Les deux sont d'ailleurs très différents, parce qu'on ne retrouve pas l'humour omniprésent de l'écrit dans les images, par contre les acteurs prennent leur place, créent leur propre Miles ou Max ou autre, et nous en mettent plein les mirettes.

Un casting de folie, vraiment, pour la télé, ça tient du miracle, écoutez-ça : Paul Newman (je n'en reviens pas de le voir si "lui-même" dans ce rôle de vieille fripouille cradingue), Ed Harris (Ed ! Ed ! Eeeeeed ! x 853 fois...), Philip Semour Hoffman (inquiétant même dans son ombre de rôle), Helen Hunt (qui incarne à elle toute seule toutes les ménagères qui craquent du monde), Robin Wright Penn (alors là, pour moi ça n'a pas marché, elle est toujours Kelly de Santa Barbara et elle a trop vieilli), Joanne Woodward (impériale en vieille garce) et tous les autres dont les noms ne me sont pas familiers mais qui sont tous excellents (Par exemple celle qui incarne la mère de Mérédith Grey, dans encore un rôle d'abimée, rhoo !).

A tel point que l'épilogue se révèle incroyablement frustrant, délivré par la voix off de CB sans que l'on puisse visualiser ! Mais c'est le bouclage de boucle, l'histoire de la ville et non de ses habitants...
Je ne recommande pas de voir l'adaptation avant de lire le roman, parfois ça peut très bien fonctionner mais ici non : vous risqueriez de prendre ça pour un mélo ce qu'Empire Falls n'est surtout pas; c'est une tranche de vie d'une Amérique qui existe mais qu'on tient pour quantité négligeable, celle des petites gens dont le sort n'a rien d'enviable. C'est aussi une histoire qui tisse les liens interrelationnels, un père et sa fille, une épouse délaissée qui croit changer quand elle se contente de perdre du poids, un gentil qu'on croit mou alors qu'il a juste besoin de temps pour se décider, un môme que la vie a frappé depuis la nuit des temps qui pète les plombs, etc. une pléthore de petits évènements qui font l'histoire, pas la grande avec la majuscule, celle du quotidien avec laquelle on se débat toutes et tous.

Et si vous n'avez pas aimé le roman, si pour vous Richard Russo c'est gentillet mais ça casse pas vos briquettes, si les perdants magnifiques et les puissants insidieux ça ne vous parle pas, laissez-tomber, c'est du social, ne regardez-pas ça.

15:00 Publié dans DVD | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : richard russo


Commentaires
Écrit par : cathulu | 07.04.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stéphane Laurent | 07.04.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 07.04.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : amanda | 07.04.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine | 07.04.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 07.04.2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Joelle | 09.04.2008
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