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21.05.2008

Si vous savez lire les mots et l'heure, et rendre la monnaie, tout le reste est une perte de temps.

Stephanie Doyon - Les tondeuses à gazon


Il y a les bleds, et encore loin derrière il y a Cedar Hole. C'est tellement paumé que même le train n'y passe plus. Delia, l'institutrice des CM1 a un petit nom bien affectueux (tout comme sa conception de l'enseignement !) pour ses habitants : les Tarés. Et c'est le temps de deux générations que nous allons passer en leur compagnie : du CM1 de Robert et Francis, jusqu'à ce que leurs propres enfants atteignent la fin de l'adolescence...


Robert c'est un peu Gilbert Grape, sauf que son besoin de plaire à tout le monde le domine. On sait ce qu'il advient de ce genre de comportement. Francis, lui, c'est plus compliqué. Petit dernier d'une tripotée de frangines, il en a bavé depuis son premier jour. Chacun d'eux, pourtant, a ce petit truc qui les nimbe comme d'une sorte de lumière : une grâce indéfinissable, bien cachée derrière des petites vies de minables et moult concessions. Tout au long du roman, il y a cette épée de Damoclès : quitter le village. La vraie vie est-elle ailleurs ? Et la question est-elle de définir la vraie vie, ou l'ailleurs ? ...

La 4° de couv parle d'Irving et de Russo, et bien évidemment c'est dans cette mouvance-là : l'incongruité du premier, son humour et sa verve, et l'immense tendresse du second pour les perdants. C'est bien fait, attachant, drôle, terriblement émouvant vers la fin, un parfait exemple de livre doudou en ce qui me concerne. Pour autant, je n'ai pas discerné la voix personnelle, le petit truc à part qui me ferait identifier Stephanie Doyon. C'est presque un "à la manière de", et c'est extrêmement plaisant à lire, mais un peu frustrant, dans le même temps. C'est avec l'espoir qu'elle ait trouvé sa propre petite musique que je lirai son prochain roman (celui-ci étant son tout premier !).



Ed. Payot & Rivages, 2008, 509 p. 9,50 €
Trad. (USA) par Emmanuelle Fletcher
Titre original : The Greatest Man in Cedar Hole

Commentaires

Ah,j'hésitais,je tournicotais autour...Bingo, il me le faut ! En plus la couv' me plaît et reste dans m'esprit de mon billet d'hier !!!:)

Écrit par : cathulu | 21.05.2008

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En plus pour ton titre,je suis  d'accord !!:)

Écrit par : cathulu | 21.05.2008

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Il faut t'appeler Délia, alors ;o)) (Ne l'achète pas, quand j'irai à la poste...)

Écrit par : Cuné | 21.05.2008

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je note... j'aime bien l'idée du bled paumé ;-)) sérieusement, il me tente bien !

Écrit par : Laure | 21.05.2008

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En regardant vite, je me disais que je ne connaissais pas cet auteur français... Avant de découvrir que c'était une traduction... mais Stéphanie Doyon, t'avoueras...

Écrit par : LVE | 21.05.2008

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Un roman qui a tout pour me plaire. En plus, tu cites Russo, alors... ;-)

Écrit par : kathel | 21.05.2008

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"attachant, drôle, terriblement émouvant" tout ce que j'aime !!
En plus, j'aime bien le terme "livre doudou" ! :-))

Écrit par : florinette | 21.05.2008

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Si tu cites Russo, Irving et que tu parles de livre doudou... ne résistons pas!

Écrit par : Karine | 21.05.2008

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Le titre du bouquin m'interpelle à cause de la fascination des personnages de jean-Paul Dubois pour les tondeuses :o)

Écrit par : Loïs de Murphy | 22.05.2008

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(Ah, tu seras servie, elles jouent un rôle très important, les tondeuses, notamment lors de la célèbre "fête du train"... ;o))

Écrit par : Cuné | 22.05.2008

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Les références de la 4ème de couv sont vraiment tentantes et ton billet en rajoute une couche ;)

Écrit par : Joelle | 30.05.2008

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