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04.07.2008

Accepte le conseil d'un vieil homme, Irinaki. Ne l'ouvre pas.

Anne Zouroudi - L'inconnu d'Athènes


"Mon nom est Hermès Diaktoros. On m'envoie d'Athènes pour vous aider dans l'enquête sur la mort d'Irini Asimakopoulos."


Ainsi se présente un jour un gros homme sur une toute petite île grecque. Irini a été retrouvée morte au pied d'une falaise, et la police locale a conclu un peu vite à un suicide, pas d'autopsie, corps enterré, terminé. Hermès entend non seulement faire la lumière sur ce qui s'est passé, mais aussi dire à chacun ce qu'il mérite d'entendre. Nous pénétrons alors dans le secret des Dieux, ceux qui sont toujours parmi nous et viennent en rêve nous offrir la passion (Aphrodite), qu'on aurait grand tort d'accepter malgré les mises en garde de nos anciens...

Premier roman époustouflant, selon mes critères, qui nous offre non seulement un suspens psychologique mais aussi et surtout une incursion sensorielle et intellectuelle dans ce qui fait l'identité de la Grèce, et une communauté retirée qui vit forcément en vase clos. Une petite pincée de fantastique saupoudre très finement des faits très terre à terre, on frétille d'avoir le fin mot et on se le crée finalement seul. Et je dis ça en me tapotant l'aile du nez avec le doigt...

Précieux et délectable.

"De même que les souvenirs idéalisent dangereusement le passé, l'imagination déforme la réalité : alors toi, le voyageur, tu ne peux pas t'empêcher de projeter ce que tu as envie de voir. Voici le village que tu imagines : un ensemble de maisons blanchies à la chaux devant lesquelles fleurissent des géraniums éblouissants, serrées les unes contre les autres, accrochées au flanc d'une majestueuse montagne surplombant une mer d'un bleu étincelant.
Mais ce n'est pas du tout ça.
Si tu vivais ici, tu verrais la réalité, tu en comprendrais les conséquences. Je vais te parler de mon village, perché sur la montagne, exposé aux éléments sous toutes leurs formes. Sa situation était parfaite dans les siècles passés pour tenir à distance les maraudeurs; mais les temps ont changé, et la route est toujours tellement mauvaise que chaque trajet effectué est une véritable expédition. Son dédale de jolies rues pavées, si tentant à explorer, est fatigant pour les vieilles femmes aux jambes usées et les ménagères chargées de provisions. Et les maisons à l'allure pittoresque sont tellement entassées les unes contre les autres qu'on a l'impression de vivre chez ses voisins : il vaut mieux n'avoir rien à cacher. Les fissures et les anfractuosités dans les vieux murs en pierre abritent toutes sortes de parasites. La nuit, on s'endort au bruit des cafards qui détalent ou des rats qui furètent."


Ed. Gallimard, Mai 2008, 356 p., 21 €
Trad. (GB) par Clara Mallier
Titre original : The messenger of Athens

L'avis de Moustafette.

Commentaires

Hermès, messager des dieux, dieu des voyageurs et des voleurs menant l'enquête, voilà qui est original !:) "Précieux et délectable",je note donc!

Écrit par : cathulu | 04.07.2008

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(Et il a plus d'un tour dans son paletot.... :-D)

Écrit par : Cuné | 04.07.2008

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J'ai l'impression que tout le monde part en Grèce, en ce moment (ou dans ses environs), ma jalousie est bien entendu totale, alors si on peut avoir l'impression d'être le temps d'un seul livre... je prends ! L'extrait que tu cites est joliment écrit.

Écrit par : erzébeth | 04.07.2008

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my god ! j'attendais ton avis après l'avoir vu dans tes achats, bah mazette ! (et puis le prénom de la traductrice me plaît, ce ne peut être que mieux que bien !)

Écrit par : Clarabel | 04.07.2008

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Bon, ben moi je pars en Irlande, histoire de ne pas faire comme tout le monde, mais je note quand même !

Écrit par : Ys | 04.07.2008

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Mais moi je ne pars nulle part !  Sinon en livres (et sinon partout en Normandie) ;o) J'ai eu un tout petit peu de mal à entrer dans celui-ci, mais une fois ceci fait, j'ai relu le début avec délectation, et vraiment beaucoup aimé.

Écrit par : Cuné | 04.07.2008

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C'est très bien raconté, Cuné, ça donnerait presque envie de passer mes vacances en Grèce. Mais je crains d'avoir du mal à m'endormir au son des "rats qui furètent". Je me demande si Cabourg n'est pas plus raisonnable. Est-ce que les rats cabourgeais (il faut en fait dire cabourgeois) furètent beaucoup la nuit ?

Écrit par : Georges F. | 04.07.2008

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Je me suis laissée dire (par Lamousmé, me semble-t-il) que les "annuels" sont des cabourgeais, et les "vacanciers" des cabourgeois.... ;o) Les nuits cabourgeaises sont à vivre, elles ne se racontent pas :-D

Écrit par : Cuné | 04.07.2008

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j'ai adoré ce bouquin (même si je n'ai aps encore trouvé le temps d'écrire le billet...) tu as donc eu toi aussi l'impression que les Dieux étaient parmi nous :-))))

Écrit par : yueyin | 04.07.2008

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Ah ben ce titre est pour moi, question de garder plus longtemps le souvenir de la Grèce et de son ambiance.  Je note et j'essaierai de mettre rapidement la main dessus.  Par contre, je ne suis pas fâchée d'être de retour.  Le chaud climat grec n'est définitivement pas fait pour moi.  J'ai jamais sué autant de toute ma vie!

Écrit par : Frisette | 05.07.2008

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