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26.10.2008
Piazza Bucarest - Jens Christian Grondahl
"Une lettre qui n'a pas été distribuée est une responsabilité que l'on s'attire par le simple fait de l'avoir entre les mains. C'est un des derniers actes sacrés dans un monde désacralisé que quelqu'un veuille être en contact avec un autre en envoyant une chose aussi fragile qu'une feuille de papier dans une enveloppe de papier."

C'est l'histoire d'un écrivain qui, chargé de remettre une lettre à la seconde ex-femme (Elena) de l'ex-mari (Scott) de sa mère, en profite pour nous raconter leur histoire, sur un ton d'une extrême mélancolie.
Ce résumé succinct et peu incitateur est une tentative d'illustrer une idée qui m'a énormément plu dans ce roman, et qui tourne autour du sens de l'Histoire. Elena et le narrateur sont en profond désaccord à ce sujet, elle pense "grand" et lui croit à l'art comme sublimation de l'infiniment petit. (Je schématise, cette idée est reprise et creusée tout au long du livre).
Elena est roumaine (d'avant la chute de Ceaucescu), Scott est américain, ils vivent au Danemark, avant qu'Elena ne s'installe en Italie. Ces errances géographiques tiennent elles aussi un rôle très important, politiquement incontournable.
En fait c'est plus une succession de réflexions sur l'Homme, le fait d'être une victime, l'amour, l'art, l'écriture, qu'un roman à proprement parler. En tous les cas l'intéressant est là, plus que dans l'histoire d'Elena ou Scott auxquels on ne s'attache pas. Ma lecture en a été vraiment paradoxale, insensible à l'action mais profondément réceptive à la petite musique des mots.
"Après ma jeunesse solitaire, j'étais enfin en contact avec le monde, un monde accueillant, où l'on m'attendait, et où j'avais une place. On devient écrivain parce que, à un moment, ce contact entre le monde et le moi fait défaut. On tente de le rétablir par la promesse que la syntaxe fait de l'existence d'un lien entre le sujet et le complément d'objet, et ainsi de suite, mais, entre-temps, ma vie se déclinait au génitif et sous la forme de complément indirect."
Ed. Gallimard, 2007 & Folio Octobre 2008, 219 p.,5,80 €
Traduit du danois par Alain Gnaedig
L'avis de Papillon.
06:00 Publié dans Heu... | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : introspection, réflexion, mélancolie


Commentaires
Ecrit par : cathulu | 26.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Stéphanie | 26.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 26.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Thaïs | 26.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Clarabel | 26.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : C. Sauvage | 26.10.2008
Répondre à ce commentairePas de billet chez toi ou je regarde mal, Clarabel ?
Les filles, en folio ça vaut le coup de tenter, non ? :-D
Ecrit par : Cuné | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Aifelle | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Leiloona | 27.10.2008
Répondre à ce commentairehttp://blogclarabel.canalblog.com/archives/2007/05/14/4946152.html
Ecrit par : Clarabel | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Florinette | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireTon commentaire, bien que mystérieux, m'incite à surligner !
Ecrit par : kathel | 27.10.2008
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 28.10.2008
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