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28.10.2008
Le sentiment d'imposture - Belinda Cannone
"Tu te rappelles cette plaisanterie : dans un couple, tous les malentendus sont possibles car on se croit deux quand en fait on est toujours six - celui que je suis, celui que tu es, celui que tu crois que je suis, celui que je crois que tu es, celui que je crois que je suis, celui que tu crois que tu es."
Chanceux sont les "adéquats", ces gens (car il en existe) qui se trouvent parfaitement à leur place là où ils se tiennent, qui n'ont aucun problème pour rire de leurs manquements lorsqu'ils surviennent, certains au fond d'eux-même que cela ne remet pas en cause leur être profond.
Ce petit essai très facile d'accès creuse en 36 chapitres le sentiment d'imposture, cette impression d'indignité, cette intime conviction que l'on ressent aux tréfonds de soi de ne pas être celui que l'on croit que les autres voient, et qui est une affaire tout à fait intime, dont la racine vient de l'enfance, de la période où se construit l'identité.
C'est peut-être le sentiment le plus partagé au monde, qui tient de la honte, du complexe, de la psychanalyse, de la psychologie, et Belinda Cannone en explore les manifestations autour d'elle, dans le cinéma, la littérature, la politique, en ouvre quelques pistes de compréhension. Autour d'exemples précis, en se servant de la seconde personne du singulier, elle se penche sur le sujet.
Je regrette sa brièveté et son épilogue un peu léger, mais je savoure chacune de ses pages, relevant frénétiquement des tonnes de passages :
"Soi-même - misère !
Car nul besoin d'être artiste (ou peut-être est-ce justement pour cela qu'aujourd'hui on proclame à l'envi que tout le monde est artiste) pour s'entendre dire et redire "sois toi-même", "sois naturel", "c'est en étant toi-même que tu seras le meilleur", et dans ta jeunesse, tu t'en souviens, tu as pensé :"en effet." L'idée courait les rues et les affiches (évidemment, les toimêmes que te proposent les affiches ne te ressemblent pas du tout, mais alors pas du tout, ce sont des toimêmes très beaux, très grands, très souples, très souriants, très tout, mais bon. Caroline te confiait récemment combien elle en avait assez - mais vraiment assez - de contempler tous ces toimêmes femelles qui ne ressemblent à presque personne et qui lui rappellent que le corps des femmes reste objet et marchandise, elle en est vraiment furieuse Caroline, mais bon). Toi-même donc. Vaste programme. Tu ne demandes pas mieux, mais à bien y réfléchir, impossible de localiser la bête. Au royaume de l'uniformité, il faudrait trouver sa singularité. On a l'air de suggérer qu'il s'agirait d'un comportement, d'un détachement, d'une façon de ne pas tenir compte de l'avis ou du regard des autres. Au royaume des apparences, il faudrait ne se soucier que de son être profond. A l'ère de la consommation de masse, il faudrait être unique. Evidemment, lorsqu'on ouvre les magazines ou qu'on allume la télé pour écouter parler de l'être profond, on ne découvre que de l'être standart : "Ressemble-nous, sois toi-même"...
(Antidote : "J'ai, pour me garder du jugement des autres, toute la distance qui me sépare de moi." Antonin Artaud)"
...
"Il y a une chose dont tu es à présent persuadé, un fait qui trouve une formulation politique mais qui relève de la vie psychique inconsciente : nous avons beau vivre dans une société démocratique fondée sur l'idéologie du mérite, en réalité se niche au creux du subconscient une conception tout aristocratique de la valeur : il y a une distinction associée à la naissance. De même, tu le disais plus haut, il y a un prestige attaché au sportif doué qui termine second ou troisième sans trop d'effort, prestige que ne se reconnaît pas le champion méritant. La manifestation la plus superficielle de cette perception explique qu'il reste, dans ce pays à vieille tradition républicaine et d'origine révolutionnaire, un soupçon de respect irrationnel envers les aristocrates. Ce n'est pas, crois-tu, qu'on les créditerait encore d'une nature supérieure, mais plutôt que leur titre indique une très ancienne familiarité avec la puissance."
Passionnant.
Ed. Calmann-Lévy, Petite Bibliothèque des idées, 2005, 157 p., 13 €
Merci à Laëtita pour le prêt !
06:00 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : essai, intime conviction, imposture |
22.10.2008
Pensées secrètes - David Lodge
"Les larmes sont un mystère"
Dans une petite université anglaise fictive, la cinquantaine flamboyante, Ralph Messenger s'occupe des sciences cognitives. Il rencontre Helen Reed, romancière invitée pour le semestre. Chacun tient un journal intime, Helen à l'écrit en lieu et place du roman qu'elle n'écrit pas en ce moment, et Messenger sous forme de babil informel sur un enregistreur, dans un but scientifique lié à sa spécialité. Ils nous offrent leur point de vue, bien différent, sur les relations de couple...
Je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai attendu si longtemps pour m'immerger dans l'univers de David Lodge, tant il m'apporte de plaisir. Ce roman est rempli d'ironie, de méchanceté, mais traite surtout des relations humaines avec une tendresse qui ne se dément jamais.
Le personnage masculin est amusant parce qu'en dépit d'une grande intelligence, d'une vie professionnelle, familiale et sexuelle harmonieuse et épanouissante, il est sous la domination de ses hormones. Ses "confidences" ultra privées à lui-même sont remplies de cul. En même temps il présente souvent une candeur confinant parfois à la bêtise pure (la Tchèque on la voyait venir de loin ! Ce qui prouve - si besoin était - qu'il ne faut jamais entamer une relation "par gentillesse"...) qui empêche qu'on le prenne en grippe. Intéressant, pour le moins. (Et j'ai adoré toute la partie "cognitive", le propre de l'homme étant sa conscience de la mort et les larmes un mystère encore irrésolu...).
Mais c'est le personnage d'Helen qui m'a charmée, quel prodige qu'elle sorte de la tête d'un auteur masculin ;o) Le passage où elle reconnait un proche dans la prose d'une de ses étudiantes est glaçant, l'ensemble de ce qu'elle pense, vit, ressent et intellectualise est prodigieux de justesse et du roman tout entier se dégage une proximité tout à fait particulière et enthousiasmante.
Ed. Payot & Rivages, 2002 & 2004 pour l'édition de poche, 453 p., 9 €
Traduction de l'anglais par Suzanne V. Mayoux
"On croit peut-être toujours aux éloges qu'on reçoit. Même en sachant qu'ils ne sont pas désintéressés, on pense qu'ils sont mérités."
"C'est effrayant de songer au nombre de romans que j'ai pu consommer dans ma vie, et au peu de substance que j'en ai retenu dans la plupart des cas."
"Le métier d'écrivain vous met à nu, d'une façon ou d'une autre. Même si l'oeuvre n'est pas ouvertement autobiographique, elle révèle indirectement vos peurs, vos désirs, vos fantasmes, vos priorités. C'est pourquoi les critiques sont toujours si blessantes, si difficiles à accepter ou à balayer. Injustes ou non à l'égard de votre livre, vous vous demandez si elles n'ont pas vu clair en ce qui vous concerne."
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : lodge, relations de couple, sciences cognitives vs littérature |
17.10.2008
5 octobre, 23h33 - Donald Harstad

C'est une lectrice qui a progressivement perdu le goût de lire des polars/thrillers qui vous le dit : Donald Harstad révolutionne le genre. C'est par hasard que j'ai acheté ce 5 octobre, 23h33, et je vais me jeter sur ses précédents romans traduits en français :
Onze jours, Code 10 et -30° (tous parus en poche en Points, ce roman-ci à paraître également en poche très bientôt)
Et un prochain arrive en broché le 6 Novembre : 4 jours avant Noël
Alors de quoi s'agit-il ici ? Nous sommes dans l'Iowa, comté de Nation, notre personnage principal est le shérif Carl Houseman. Alter ego de l'auteur, lui-même policier dans l'Iowa depuis plus de vingt-cinq ans. C'est à partir des enquêtes qu'il a lui-même menées qu'il développe ses intrigues, avec un luxe de détails et de précisions qui nous plongent entièrement dans son quotidien.
Ca commence par un appel nocturne d'une jeune fille, terrifiée. Ils la retrouvent sur le toit, vraiment terrorisée, car elle a vu à la fenêtre de sa chambre (au 3° étage d'une immeuble, sans escalier de secours et sans balcon) un visage très blanc, avec de longues dents, semblant flotter dans l'air, qui lui a demandé la permission d'entrer. Elle a hurlé "Non, non !" et a cédé à la panique, appelant la police avant de s'enfuir.
Quelques jours plus tard, son petit ami est retrouvé assassiné, avec une étrange blessure au cou; mais c'est la découverte du corps de la nièce du chef de police, dans sa baignoire, avec la même plaie au cou qui va véritablement lancer l'enquête. La population s'enflamme avec l'arrivée sur place d'un chasseur de vampires...
Soyons clairs, Carl ne croit pas aux vampires, et ce n'est en rien un roman fantastique. Mais ce qui se passe dans les campagnes est souvent bien plus terrible que la réalité...
Palpitant, mystérieux et implacable : cette façon de décortiquer presque heure par heure le déroulement de l'enquête, de nous introduire dans la vie la plus intime du héros, menée par une plume sèche et sans fioritures est magistrale. On retrouve ce côté hypnotique des meilleurs, plus on avance dans l'intrigue et plus on lit vite, en se réjouissant très fort d'entendre enfin une voix unique, originale et tout à fait personnelle.
Séduite.
Ed. Le Cherche Midi, Collection Ailleurs, 2007, 358 p., 21 €
Traduit de l'anglais (USA) par Gilles Morris-Dumoulin
Titre original : Code 61
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : thriller, vampire, précision, harstad |
11.10.2008
Leena Lander – Vienne la tempête
« Bien sûr je crois au grand amour. Ou enfin bon. Oui et non. Plus précisément : non. »
Dans les années 30, en Finlande, Eero rencontre Vida dans une petite ville minière, et de nos jours leur petite-fille Iris est en plein chaos : son mari, père de leurs deux fils, l’a trompée, et elle ne veut pas conserver ce bébé qui grandit dans son ventre. En reportage sur les lieux même de son histoire familiale, elle va tenter de lire la trame de ce qui fut, essayer de comprendre un peu mieux son père et sa place dans le canevas familial…
Comme Cathulu a raison d’inciter à zapper la 4° de couverture : j’ai rarement lu texte qui dessert plus un roman que celui-là ; « Tellurique au sens bachelardien et d’une bouleversante rigueur, ce roman exhume de leurs profondeurs minerais précieux ou substances fatales etc. »
Mais non, pas du tout, ce roman est avant tout une sacrée bonne histoire, qui plus est racontée magistralement.
Il passe à un chouïa de l’excellence, peut-être en raison d’un sentimentalisme un poil trop exacerbé, à certains passages qui ne m’ont pas soulevée.
Mais suivre la famille Harjula est palpitant, tout autant qu’assister, très ému, à la mise en place des petites pièces qui viennent éclairer l’histoire au compte-goutte.
Une histoire d’amour avant toute chose, nourrie par des drames et des maladies non identifiées à l’époque, un souffle romanesque qui prend le lecteur dans ses bras, lui parle de l’âme des pierres, des dangers du conformisme et qui le promène de la Finlande en Irlande, sur cinquante ans, pour son plus grand bonheur.
Ed. Actes Sud, 1997 & Babel, 2008 394 p., 9,50 €
Traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
« Seuls les imbéciles se ruent tête baissée dans le mariage et peuplent la terre de nouveaux imbéciles. Comme moi, qui tombe amoureuse folle d’un homme uniquement parce qu’il ne reste pas à attendre sur le bord du trottoir que le signal piéton passe au vert, mais jette juste un coup d’œil à droite et à gauche : Et allons-y les gars, si on ne peut pas avoir confiance en soi où va-t-on ! Sur le champ séduite. Ou plutôt emballée jusqu’aux oreilles. Je lui fais confiance, parce qu’il a confiance en lui. Je trouve cela admirable, je me résigne à sentir le lait vomi pendant des années, à tenter, des sacs à provisions à bout de bras, d’arracher des marmots hurlants aux étalages de bonbons, avant de comprendre, trop tard, de quoi il retourne : cet homme passe toujours au rouge, il ne supporte pas qu’on lui dise ce qu’il a le droit de faire ou non. »
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : finlande, amour, pierres, famille |
08.10.2008
Les dents de l'amour - Christopher Moore
Huit siècles c'est long. Elie Ben Sapir s'ennuie. Par hasard, il mord Jodie, pimpante petite nénette de vingt-six ans. Quand elle se réveille deux jours plus tard de sous une poubelle, son bras qui était resté à découvert est complètement cramé. Le voyant se régénérer à vue d'oeil, elle comprend (lentement) qu'elle est elle aussi devenue un vampire.
Tommy, petit gars de vingt ans fraîchement débarqué de l'Indiana, espère trouver à San Fransisco l'Aventure. Il se voit dans le sillon de Kerouac, il écrira de toute façon, dit-il. En attendant, il se fait arnaquer immédiatement et partage sa chambre avec cinq chinois qui lui offrent des fleurs.
Jodie et lui se rencontrent, et vont s'entraider, sous les yeux amusés de Ben Sapir; c'est que leur conduite est inattendue. Ne connaissant rien au mythe du vampire, c'est dans les romans qu'ils vont chercher des informations. La fiction se révélera-t-elle digne de confiance ?...
Christopher Moore est drôle, c'est entendu. Mais il est également fort, très fort, car on ne s'ennuie pas une seconde, il n'y a pas d'outrance et l'intrigue est prenante, séduisante et c'est un excellent moment de divertissement. Impossible de passer à côté !
(Le dernier rebondissement comporte une impossibilité évidente. La tatillonne que je suis aimerait beaucoup en discuter avec celles et ceux qui l'auront lu, histoire qu'on me détrompe... :-D)
Ed. Calmann-Levy, Octobre 2008, 317 p., 19 €
Trad. (USA) de Luc Baranger
Titre original : Bloodsucking Fiends
"Aujourd'hui, cinq Chinois m'ont demandé en mariage, dit-il.
- Félicitations, répondit Jody qui ne savait que répondre.
- Je n'ai pas accepté.
- Vous réfléchissez ?
- Non, ça reviendrait à vous doubler.
- C'est gentil, mais techniquement ça me quintuplerait.
- Je vous aime bien, dit-il en souriant. C'est vrai."
05:40 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : vampire, humour |
07.10.2008
William G. Tapply - Casco Bay
Une règle n'a de sens que s'il y a des circonstances où l'on est amené à l'enfreindre.
Ca fait sept ans maintenant que Stoney Calhoun a été foudroyé et a perdu la mémoire. Dans "Casco Bay", sa relation avec Kate prend du plomb dans l'aile, d'autant qu'une nouvelle femme fait son apparition (bien que Stoney n'y soit absolument pas sensible). Un jour, lors d'une partie de pêche, il découvre avec son client un cadavre carbonisé sur une petite île. Peu de temps après, son client est lui aussi assassiné. Le shérif l'engage alors comme adjoint pour tenter de mettre ces affaires au clair, car il ne fait plus aucun doute que Stoney a été policier par le passé. Un policier à l'entraînement et aux réflexes hyper poussés...
C'est une torture de ne pas avoir les aventures de Stoney Calhoun les unes à la suite des autres : c'est son passé qu'on brûle de recomposer. Dans cet opus, il ne s'en préoccupe guère, et on le regrette. Mais le calme est contagieux, et à sa suite, on passe des heures sur un bateau pour pêcher, et non pas forcément pour attraper du poisson...
Au dernier mot, c'est la frustration. Pour quand est donc prévu la traduction du tome 3 ? Comment va évoluer Walter ? Kate se sortira-t-elle de sa culpabilité ? L'homme au costume gris va-t-il enfin lâcher quelques informations ? Sam parviendra-t-elle à ses fins ?... Vous voyez bien qu'on ne peut pas en rester là !
Ed. Gallmeister, collection Noire, 2008, 291 p. 22,90 €
Trad. (USA) par François Happe
Titre original : Gray Ghost
Les avis de : Jeanjean, Amanda (que je remercie pour le prêt !), Marie, BiblioManu,
Le site de l'auteur.
06:00 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : pêche, thriller, nature, editions gallmeister |
06.10.2008
David Lodge – La vie en sourdine
« Je ne pourrai jamais faire confiance à quelqu’un qui laisse des marques indélébiles sur un livre de bibliothèque. »
Au contraire de Cathe, c’est mon premier contact avec David Lodge. J’avais bien commencé à lire plusieurs de ses anciens romans, mais à l’époque (et ça date) je n’y puisais aucun plaisir. Ceci a bel et bien totalement changé, et je me suis régalée avec ce roman.
Desmond est un professeur de linguistique à la retraite (anticipée) depuis quatre ans. Passés les premiers dix-huit mois où l’oisiveté est vécue comme des vacances, il s’ennuie maintenant franchement. Il occupe ses journées petitement, vaquant à des occupations domestiques qui ne comblent aucunement son désir de vivre. En découle un état semi-dépressif, accentué par une surdité qui devient réellement handicapante. Il entreprend de tenir un journal, tâtant de la première et de la troisième personne, créant ainsi une distance vis-à-vis des évènements qu’il relate.
Car sa vie va connaître quelques mouvements, entre Novembre et Mars, période qu’il nous invite à partager.
Il rencontre une jeune doctorante américaine, qui va solliciter son aide pour une étrange thèse sur les lettres de suicide, et lui causer quelques émois et ennuis. Par ailleurs, son épouse, Fred, plus jeune que lui, s’est métamorphosée ces derniers temps et le tissu de leur relation nécessite quelques remaniements. Enfin, son père, devenu très âgé, va lui causer également petits et grands soucis…
La forme du journal intime apporte une grande proximité avec ce personnage de Desmond qui s’inspire directement de la propre vie de l’auteur (la surdité, le père). C’est touchant et petit à petit il entre complètement dans la vie du lecteur, on en vient véritablement à avoir l’impression de le connaître. Quelques-unes de ses réactions sont étonnantes, il est droit dans ses bottes et représente un mélange de petites faiblesses et de rectitude morale très séduisant.
On se plonge dans ces quelques mois avec un plaisir sans cesse accru, et forcément on est un peu triste lorsque l’aventure s’achève…
Ed. Payot & Rivages 2008, 411 p., 21,50 €
Trad. (Anglais) de Maurice et Yvonne Couturier
Titre original : Deaf Sentence
05:36 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : surdité, journal intime, david lodge |
02.10.2008
Emma Campbell Webster – Jane Austen et moi

« Ce livre n’est pas un livre ordinaire, et ne doit pas être parcouru du début à la fin. Il contient plusieurs aventures différentes, et votre chemin dépendra des choix que vous ferez au fur et à mesure. Le succès (ou l’échec !) de votre mission dépendra de vos décisions, alors, réfléchissez bien avant de choisir…. »
Merci Cathulu ! Grâce à ton cadeau, j’ai joué et pu constater quelle cruche je suis...
En effet, j’ai échoué à faire un mariage de raison et d’amour, puisque je termine, malgré un mariage avec Mr Darcy, en Lady Chatterley avec un personnage d’Emma, Robert Martin, et que je me suicide.
Pour embellir le tableau, je me retrouve en outre avec 220 en intelligence, 270 en confiance, - 20 en Fortune, et douze défauts pour deux qualités : quelle piètre héroïne je suis J
Mais mes défauts ont du panache, et j’en viendrais presque à les aimer….
* Mes sœurs et moi avons fait notre entrée dans le monde en même temps (so chocking ! Surtout quand on n’a aucune sœur)
* Rancunière (ça, c’est parfaitement exact !)
* Je n’ai pas eu d’institutrice (rigoureusement vrai. C’était un maître)
* Amour de la marche (ça, c’est du défaut en béton. L’horreur, même, non ?)
* Ni style, ni goût, ni beauté (elle me connait ou quoi Emma Campbell Webster ?)
* Connaissance insuffisante de la broderie (Je suis désolée mais mes éventails sont peints, moi, parfaitement !!)
* Connaissance insuffisante de la danse (Kamel, si tu m’entends…)
* Incroyablement indiscrète (Tout de suite les grands mots ! Rhoo ! Dotée d’une saine curiosité, oui)
* Partialité aveugle (mon fils est le plus beau et ça ne se discute même pas)
* Préjugés obstinés (Non. Revigorants préalables)
* Malheureux penchant pour les jeunes hommes sans ressources (Ils sont so cute, aussi)
* Totalement incapable d’apprécier le charme pittoresque d’un paysage (rédhibitoire, isn’t it ?)
Comme Clarabel, je me suis bien amusée entre ces pages sautillantes et sans prétention. Ca fait du bien de rire, parfois ;) (Fashion, Keisha et Francesca ont joué également !).
Ed. Danger public, 2008, 381 p., 22 €
Traduit de l’Anglais par Sylvie Doizelet
Illustrations de Pénélope Bagieu
Titre original : Lost in Austen : Create Your Own Jane Austen Adventure
05:44 Publié dans Livres : Pourquoi pas | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : jeu, jane austen, rigolo, pour afficionados |

