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30.11.2008

Le mari de la traductrice - Mary Gordon

"C'est cela l'aveuglement : une réalité que tout le monde voit, sauf vous."gordon.jpg

 

Cathulu a raison quand elle évoque le sentiment d'imposture en tant que fil conducteur de ces vingt-deux nouvelles. Mais au contraire de Belinda Cannone dans son excellent essai sur le sujet, Mary Gordon le décline ici dans sur un mode fluctuant, passant du poignant au léger, de l'humour au plus tragique.

Il est beaucoup question de femmes (mais pas que), qui souvent ont un brave comportement et une apparence de normalité, mais dont le raisonnement est entièrement faussé par un gouffre, une faille béante qui peu à peu obscurcit leur vie.

Par exemple "Séparation", qui dresse en quelques pages le portrait troublant d'une maman incapable de se détacher de son petit garçon. Troublant, parce que l'ambiguité y est parfaitement rendue, elle aimerait le bonheur de son fils mais ne peux physiquement endurer qu'il puisse l'oublier ne serait-ce que le temps de s'amuser avec un jouet. Ces pensées sont dans sa tête, elle essaye de se conformer à la réalité, de se faire aider par une assistante sociale, la maîtresse, mais elle exsude tant ce terrible besoin que le petit bout de chou l'entend et y répond... Au détriment, assurément, de toute autonomie.

Ou aussi "On l'appelait bébé", où une jeune émigrée irlandaise mesure ce qui la sépare de ses nouvelles copines américaines; rarement vu mots plus justes pour décliner sobrement les universels sentiments de honte totale et absolue.

Ou encore cette petite fille dans "Nettoyage" qui, placée momentanément dans une famille pour cause de mère psychotique, se rend compte qu'elle ne sait pas comment prendre une douche et n'osera jamais en demander les modalités...

Beaucoup de rancoeurs jamais exprimées dans ces histoires, de celles qui sapent et minent et se révèlent immanquablement destructrices. Mais également une douceur prégnante, une subtile sensation d'étrangeté et une fragilité qui touchent terriblement.

 

Ed. Quai Voltaire, novembre 2008, 408 p., 22 €

Traduit de l'anglais (USA) par Lisa Rosenbaum

 

* Et Balbec, donc, a été calqué sur Cabourg, et non sur Trouville comme indiqué dans "Ma grand-mère du côté de chez Proust"

Commentaires

Bravo pour ce superbe billet !

Écrit par : cathulu | 30.11.2008

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Noté chez Cathulu, avec enthousiasme !!

Écrit par : antigone | 30.11.2008

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Merci Cathulu ;o)
Antigone, tu as bien fait, c'est vraiment très bon !

Écrit par : Cuné | 30.11.2008

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Eh bien après deux commentaires positifs sur ce roman, je le note, il me tente....
Bravo pour ton billet Cuné !

Écrit par : Pimpi | 30.11.2008

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Voui Souchon je ne vais pas le manquer tu penses !

Écrit par : Loïs de Murphy | 30.11.2008

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Merci pour ce partage d'univers, je note!

Écrit par : Lucie | 30.11.2008

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C'est un recueil de nouvelles, Pimpi, pas un roman :-D

Loïs : Au vu des extraits, ce documentaire s'annonce génialissime. Souchon est l'artiste que j'ai le plus vu en concert, et il est merveilleux sur scène :-D

Merci Lucie !

Écrit par : Cuné | 01.12.2008

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je suis une fan de souchon... thanks (vu que je ne lis pas le programme tv, thanks, vraiment, je serais passée à coté sinon...) :)

Écrit par : amanda | 01.12.2008

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Je l'avais repéré chez Cathulu, bien tentant (mais les livres s'accumulent et le temps manque...)
J'ai vu Souchon hier soir !!

Écrit par : lily | 02.12.2008

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(C'était vraiment bien, hein....)

Écrit par : Cuné | 02.12.2008

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J'avais déjà été alléchée chez Cathulu et tu en remets une couche ! mdr !

Écrit par : Joelle | 02.12.2008

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Repéré chez un libraire, puis chez Cathulu et toi. J'ai d'abord été attirée par le titre. Il y a une explication dans une des nouvelles ?
Sinon, sur les livres abandonnés, on pourrait avoir une petite liste ? S'ils te tombent des mains, c'est parce qu'ils ne te plaisent pas, ou que tu n'as pas envie de lire en ce moment (ou les 2) ?

Écrit par : Melanie B | 02.12.2008

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C'est le titre d'une des nouvelles, oui. Un mari confronté à une ex...

Oh non, pas de liste, c'est en effet un mélange des deux raisons, ce que j'entame ne me plait pas au moment "m", et je n'ai pas envie de lire en ce moment... Mais je me réserve la possibilité d'y revenir plus tard.

En plus, si je faisais une liste (et je l'ai déjà fait plusieurs fois par le passé, pour finalement tout supprimer), je trouve que ça n'apporte absolument rien si je n'explique pas au moins pourquoi je n'ai pas envie de continuer - et c'est accorder trop de crédit à certains textes vraiment insignifiants.

Et puis je n'aime pas (plus ?) les listes, de toute façon :-D

Mais ça va revenir, je n'ai aucune inquiétude :-D

PS. Souchon a un Myspace : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=137752689

Et j'aime particulièrement ce message : http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=1724152786

Est-on vraiment soi ?.... :-D

Écrit par : Cuné | 02.12.2008

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Merci pour ce beau billet. Encore un recueil qui serait passé inconnu si vous n'aviez pas donné un coup de projecteur. Un jour, les nouvellistes vous érigeront une statue en témoignage de gratitude. Sur la place du Grand Hôtel, ce ne serait pas mal, puisque Marcel n'y a toujours pas la sienne.

Écrit par : Georges F. | 02.12.2008

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