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12.01.2009
Seul dans le noir - Paul Auster
"Il serait impossible d'exagérer le mépris que je ressens parfois pour moi-même."
"C'est un critique littéraire à la retraite, âgé de soixante-douze ans, qui habite près de Brattleboro, Vermont, avec sa fille âgée de quarante-sept ans et sa petite fille de vingt-trois ans. Sa femme est morte l'an dernier. Le mari de la fille l'a quittée il y a cinq ans. Le fiancé de la petite-fille a été tué. C'est une maison d'âmes en peine, blessées, et, nuit après nuit, Brill reste éveillé dans l'obscurité et, pour essayer de ne pas ruminer ses souvenirs, il invente des histoires qui se passent dans d'autres mondes."
C'est un personnage d'un de ces mondes inventés qui explique ceci à un autre, et c'est peu dire que j'ai adoré cette partie-là. Un homme se couche auprès de sa nouvelle épouse, tout guilleret et heureux de sa vie, et se réveille dans un trou profond aux parois lisses, vêtu en soldat. On lui explique rapidement de quoi il retourne, il est dans une Amérique alternative où sévit une guerre interne. Ce monde est créé par l'imagination d'un seul homme, qu'il lui revient d'assassiner pour mettre un terme à la guerre, mais dans son monde à lui, celui qui a connu le 11 Septembre...
Hélas le narrateur se lasse trop vite de son histoire, lui tord le cou en un épilogue amer, et on passe au récit des malheurs de la famille Brill. J'ai aimé pourtant l'univers de cette maison d'âmes en peine, les films qu'ils ingurgitent à la chaîne et la théorie sur le cinéma qu'ils ébauchent, la façon dont la petite-fille vient chercher auprès de son grand-père des réponses au coeur de la nuit, l'amour qu'il sait si bien raconter entre feue son épouse et lui. Mais je ne peux m'empêcher d'être déçue après la première partie qui m'avait soulevée.
C'est un roman protéiforme rempli de circonvolutions (on trouve même Hubert Nyssen sous la forme d'un personnage, page 123 !) qui ne répond pas à ma propre sensibilité, et je le regrette. Imparable au niveau de la forme, il est de ceux qui me laissent, navrée, au bord de leurs pages, me barrant le passage vers l'émotion. Tant pis !
Ed. Actes Sud, Janvier 2009, 182 p., 19,50 €
Traduit de l'américain par Christine Le Boeuf
Titre original : Man in the Dark
D'autres avis : Le monde de Matéo, Emeraude, Clarabel.
06:00 Publié dans Pas mal | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : roman dans le roman, relations entre les êtres, subtil désenchantement


Commentaires
Écrit par : cathulu | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Leiloona | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aifelle | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : erzébeth | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireEt comme cette citation de Jean-Paul Blondel est juste ! (surtout la dernière phrase, en ce qui me concerne !)
Écrit par : virginie | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireVirginie : Oui, hein, pétrifiante de justesse, pour toutes !
Écrit par : Cuné | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Emeraude | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireMerci
Paul Auster... ça ne me tente vraiment pas. Mais si tu dois m'en conseiller un seul, ce serait lequel?
Écrit par : Flor | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireJe ne suis pas du tout la bonne personne pour te conseiller un Paul Auster, je l'ai très peu lu. Mais la blogosphère regorge de lectrices attentives du beau Paul, si quelqu'un a envie de répondre... :-D
Écrit par : Cuné | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : liliba | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : virginie | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireRéserves bien enregistrées, j'essayerai peut-être plus tard et en bibliothèque !
Écrit par : Bookomaton | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireBookomaton : Même pas, ce sont les hasards des lectures :-D
Écrit par : Cuné | 12.01.2009
Répondre à ce commentairePour commencer, moi je conseille souvent Mr vertigo : l'histoire d'un petit garçon qui va apprendre à voler (dans les airs) avec un vieux maître étrange. Brooklyn folies est enthousiasmant aussi. Le voyage d'anna Blume peut transporter également, mais il est plus noir.
Écrit par : ficelle | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine :) | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 12.01.2009
Répondre à ce commentaire*grand cri d'amour, off*
Écrit par : Clarabel | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : BelleSahi | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Sylire | 12.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Jules | 13.01.2009
Répondre à ce commentaire@ Sylire et Jules : Je ne sais pas où ce roman se situe par rapport à ses précédents, connais trop mal ! Mais il est très bien accueilli par les fans, d'une façon générale.
Écrit par : Cuné | 13.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Juliann | 13.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 14.01.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : BelleSahi | 18.01.2009
Répondre à ce commentaire(voir ma chronique http://lireplus.mabulle.com/index.php/2009/04/02/180206-paul-auster-seul-dans-le-noir)
a bientot!
Écrit par : Sébastien L | 02.04.2009
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