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25.01.2009

Du bon usage des étoiles - Dominique Fortier

fortier.jpgAprès "Terreur" de Dan Simmons qui m'avait fait forte impression, j'étais impatiente de lire ce premier roman de Dominique Fortier qui s'intéresse au même fait : l'expédition Franklin. Force m'est de constater qu'elle a réussi à en faire quelque chose de très personnel, en se basant sur des faits concrets et historiques.

Ici, si la trame de fond s'appuie toujours sur les journaux intimes de Sir John et Crozier, on entrecroise régulièrement Lady Jane et sa nièce Sophia. Et leur portrait est particulièrement réussi, en ce milieu du 19°. A la force d'âme et la saine curiosité de la première répond la langueur morose de la seconde, et quelques pensées fort peu charitables ternissent l'image de l'épouse qui n'aura jamais baissé les bras. Pour Sophia on ne peut se garder d'une certaine indulgence, elle est frivole, ma foi, c'est de son âge.

Mettre en résonnance leur quotidien très privilégié et les pensées désespérées qui leur sont adressées par les hommes coincés dans  la glace est poignant, allégé fort heureusement par de petits intermèdes cocasses comme la recette du plum-pudding, entre autre.

L'ensemble est assez factuel, narré d'une plume froide (parfaitement adéquate !), mais le lecteur ressent derrière la rigueur somme toute si britannique la profondeur de l'émotion.

Cette expédition fut un drame absolu.

 

Ed. Alto, 2008, 340 p.

 

Grand merci à Caro[line] pour le prêt !

De nombreux avis sur La recrue. (Livre du mois de Décembre 2008).

Commentaires

Tiens, c'est mon billet de demain. :)) Beaucoup aimé aussi. Maintenant, je veux encore plus lire "Terreur" de Simmons (comme je dégoulinais de curiosité, j'ai demandé à une amie de me le raconter, je suis incorrigible, c'est terrible).

Écrit par : fashion | 25.01.2009

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"Terreur" a fait partie de mes lectures les plus marquantes de 2008, mais Laure m'a communiqué un texte du traducteur, qui m'a refroidie, pour le moins (même si on est d'accord, la qualité d'un roman n'a pas grand-chose à voir avec celle de son auteur dans la vie) :

Traducteur de plusieurs ouvrages de Dan Simmons - de L'ECHIQUIER DU
MAL (Denoël, 1992) à TERREUR Robert Laffont, 2008) -, je tenais depuis
2004 une rubrique régulière sur son site web.

Ces derniers temps, j'ai été troublé, révolté et même écoeuré par les
propos des intervenants du forum de ce site, voire de l'auteur
lui-même, qui déversaient des flots de haine contre les démocrates,
les Arabes, les homosexuels, les écologistes, et cætera.

C'est le 11 janvier dernier qu'est arrivée la goutte d'eau qui a fait
déborder le vase : Dan Simmons a encouragé un internaute à dénoncer au
FBI une jeune Palestinienne étudiant aux Etats-Unis, qui lui avait
confié sa colère devant le massacre de Gaza et son désir de vengeance.

Simmons allait jusqu'à donner le lien du site à contacter pour une
dénonciation, ainsi que plusieurs numéros de téléphone, concluant son
message par la phrase suivante : « En fait, inutile de les contacter,
je l'ai déjà fait (je suppose que son prénom n'est pas celui que vous
donnez, mais vous pourrez discuter de cela avec les agents fédéraux
qui vont vous rendre visite). »

Le même jour, je lui ai signifié ma décision de cesser toute
collaboration avec son site. Il en a pris acte, maintenant son appel à
la délation (sa justification tenait en une date, celle du 11
septembre) et concluant - à tort - que j'éprouvais « du mépris » pour
son site web, pour sa position et pour lui-même, mais aussi pour son
ouvre. En conséquence, me dit-il, il a décidé non seulement de faire
effacer de son site web toutes les chroniques que j'avais rédigées - à
ce jour (21/1/2009), cela n'est pas encore fait, la gestionnaire dudit
site étant en vacances -, mais il en a en outre « contacté Danny
Baror, [son] agent littéraire pour l'étranger, et lui [a] demandé de
s'assurer (par contrat) que [je] ne [serais] plus jamais en position
de traduire DROOD [son dernier roman], ni toute nouvelle ouvre de
fiction signée Dan Simmons. »

S'il m'avait demandé de ne plus le traduire, vu la rupture de notre
relation de confiance, je l'aurais accepté. Il a choisi de m'imposer
sa volonté - une frappe préventive, doublée d'une riposte
disproportionnée, ce qui est parfaitement cohérent avec sa posture
idéologique. Après avoir informé les éditeurs pour lesquels j'ai
récemment traduit ses romans - et que je remercie pour leur soutien -,
j'ai décidé de rendre public cet incident, afin que ma position soit
claire.

Jean-Daniel Brèque

« C'est chose rare qu'un auteur cherche à se faire plus petit que son
ouvre. »
Antoine Blondin

Écrit par : Cuné | 25.01.2009

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Ah chouette ! J'attendais ce billet avec impatience. :-)
Et vivement demain d'avoir celui de Fashion !!!

Quant aux propos que tu donnes, je préfère ne pas les lire car je sais combien je suis influençable par l'image que j'ai d'un auteur lors de ma lecture de ses œuvres... (enfin j'ai quand même glané quelques petites choses). Vivement que je récupère "Terreur" quand même !

Bon dimanche :-)

Écrit par : Caro[line] | 25.01.2009

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Oui, il ne faut pas confondre l'oeuvre et l'auteur, première chose qu'on nous assène en Lettres 101 :)) et que je m'efforce de bien inculquer à mes élèves, qui ne comprennent pas comment on peut critiquer l'esclavage et avoir des parts dans les compagnies négrières, parler de la beauté féminine et être homosexuel, être considéré comme un génie et être un opomiane patenté, écrire un traité d'éducation et abandonner ses enfants à l'assistance et je ne parle même pas de tous ces auteurs aux positions très extrêmes, sans compter que l'antisémitisme en France a toujours été une "mode" hélas très suivie. Un auteur n'est qu'un homme, et je n'en connais pas un seul qui ait eu une vie sans tache. Cela étant, les propos que tu rapportes sont parfaitement révoltants. Je pense qu'on ne mesure pas encore l'ampleur de la paranoïa américaine ni les retombées du 11 septembre sur la littérature et la culture américaines.

Écrit par : fashion | 25.01.2009

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Encore un titre qu'il faut ABSOLUEMENT que je lise. Ta critique ne fait que renforcer mon envie.

Écrit par : Frisette | 25.01.2009

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Je l'ai chez moi, celui-là... je l'ai reçu à Noël. Je ne savais pas que Terreur de Simmons (que je n'ai pas encore lu mais que Pimpi m'a chaudement recommandé) traitait du même sujet. Je lirai par contre "Drood" en février, étant donné son sujet... je suis d'ailleurs en train de lire "The mystery of Edwin Drood", de Dickens, pour me "préparer" et ne rien manquer!!

Écrit par : Karine :) | 25.01.2009

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@ Karine : Je vais passer, je crois :-D

@ Frisette : Oui, je pense que ça te plaira beaucoup !

@ Fashion : Oui, d'ailleurs cet aprem on est allés voir le film d'Antoine de Maximy et à un moment, il discute avec un gars à La Nouvelle-Orélans, bien imbibé le gars, qui entame la discussion en disant "T'es français ? Vous parlez tous arabe maintenant ? Vous avez baissé les bras, nous jamais"... Ca fait peur !! :/

@ Caro : Terreur est vraiment bien... Cette expédition Franklin est passionnante de toute façon :-D

Écrit par : Cuné | 25.01.2009

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Je préfère Terreurs, que je viens de rajouter à la longue LAL, je ne l'avais pas vu quand tu as écris ton billet.

Écrit par : liliba | 25.01.2009

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Ce n'est pas du tout le même traitement, c'est sûr ! A noter un livre sur John Franklin à paraître en Février, "L'homme qui mangea ses bottes" ou un titre similaire (me souviens plus chez qui).

Écrit par : Cuné | 25.01.2009

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Je pense le lire suite à ma lecture coup de coeur de Terreur. cette expédition m'a vraiment marqué. J'ai vraiment tremblé pour eux.

Et puis avec ce livre que tu cites, le lecteur a l'occasion de découvrir aussi la vie de ces femmes de marins. ça doit pas être très drôle.

Quand à la lettre de Brèque, je l'ai vu sur Polars pourpres. c'est vraiment malheureux de lire ça mais j'avoue que j'aurai tendance à lire ses livres malgré tout si l'écriture me plaît. L'être humain est loin d'être parfait, faut faire avec.

Écrit par : Laetitia la liseuse | 26.01.2009

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Il faut parvenir à différencier les deux, oui, l'auteur et l'homme. Lumineux en théorie, pas toujours évident en réalité.

Écrit par : Cuné | 26.01.2009

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Très fourni ce roman où il y a quasiment un roman à l'intérieur du roman, par le journal de bord d'un des capitaines (le fin, le amoureux de Sophia). Un autre attrait est, à mon avis, le contraste entre la vie austère et entourée de la beauté silencieuse et grandiose du Grand Nord et celle futile et bruyante des femmes de marins sur Terre. C'est un livre écrit par une femme, certains détails s'ajoutent, qu'un homme n'aurait pas nécessairement présentés. En tout cas, c'est assez savoureux.

Mais je m'arrête là, je pourrais en parler durant des heures, c'est un coup de coeur. Très contente de savoir que tu l'as lu et encore plus, aimé.

Écrit par : Venise | 27.01.2009

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Même son de cloche que ta critique. J'ai bien aimé que l'auteure parle des femmes de ces explorateurs. Généralement, dans les romans du genre, on a l'impression que les hommes sont des célibataires. J'étais heureux de voir que l'auteure n'ait pas délaissé les besoins affectifs des couples.

Écrit par : Paul-André Proulx | 24.03.2009

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