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16.02.2009

Impardonnables - Philippe Djian

Dans ma vie de lectrice, il y a un avant et un après Philippe Djian.

A une époque, ses romans m'ont tellement marquée que pendant des années, djian.jpgj'ai eu l'impression de le retrouver partout, toute narration désenchantée au héros bancal me semblait en être inspirée, rien n'avait sa force. Je lui dois les plus physiques de mes réactions à des passages largement érotico-sensuels, j'éprouve une infinie tendresse pour son univers. Sa sensibilité a touché la mienne au plus intime dans ma jeunesse, et ce malgré certaines interviews où, il faut bien le dire, ses propos m'ont heurtée : les fans quelle plaie, vous ne comprenez rien à mes livres, internet quelle connerie m'en fous d'être aimé, lâchez-moi les baskets, en gros.

J'avais fait l'impasse sur sa série Doggy bag, à tort peut-être, mais les livres antérieurs m'avaient vraiment déçue, certains touchent au ridicule à mon sens, je ne retrouvais pas l'essence même de ce qui me séduit dans son écriture, et d'ailleurs comment la retrouver, c'est impossible, c'est lié à un moment précis de lecture, à l'âge que j'avais, à la vie que je découvrais, j'ai pas mal vieilli, bon.

Et puis là un roman, bien défendu par Thom, je suis tentée, j'achète (juste avant que l'on propose de me l'envoyer, damned ;o)).

Il s'agit d'un écrivain autour de la soixantaine, en prise avec des relations familiales houleuses et douloureuses. La chronologie est malmenée, les révélations sont elliptiques. La magie n'a pas fonctionné, je trouve que c'est un roman sympathique mais dont les rouages sont apparents. L'atmosphère "Djian" est trop ténue, les choses sont trop claires, paradoxalement, les mots prennent trop de distance pour qu'on s'imprègne. Pour que JE m'imprègne...

 

Ed. Gallimard, 2009, 233 p., 17,50 €

 

Lily a aimé, Amanda et  Fashion sont plus mitigées, JP manque d'entrain.

Commentaires

Les tous premiers m'avaient emballée,sauf "bleu comme l'enfer" que j'ai failli lancer par la fenêtre."Doggy bag" j'ai passé. hier j'ai entendu un critique comparer le dernier à 37 °2, le plus grand roman d'amour selon moi, du coup malgré vos avis mitigés, j'hésite...

Ecrit par : cathulu | 16.02.2009

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Peux pas te l'envoyer, il fait partie des livres qui ont été inondés dans la valise avec un flacon qui a explosé sous la pression et a tout trempé : du coup il est odorant, gondolé et jaune :/

Ecrit par : Cuné | 16.02.2009

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J'étais à deux doigts de l'acheter avant qu'on ne me l'envoie itou.
Je n'ai pas été déçue, vraiment, comme je le disais chez Thom, j'avais fait l'impasse sur Doggy bag, et n'avait rien lu de lui depuis "Vers chez les blancs". Mais là ça m'a fait vraiment plaisir de le retrouver :)

Ecrit par : lily | 16.02.2009

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J'ai effectivement trouvé ce roman pas mal sans plus, mais c'était le premier Djian que je lisais. Cathulu, mon exemplaire est chez Ys, je peux lui dire de te l'envoyer quand elle l'aura lu si tu veux!

Ecrit par : fashion | 16.02.2009

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Il ne m'intéresse pas, ce livre. Lire Djian, je veux bien, mais je préfèrerais découvrir ses oeuvres du début, celles que je trouve facilement d'occasion chez les bouquinistes, je ne sais pas, elles me tentent plus.
Bon courage pour cette semaine, Cuné, j'espère qu'elle sera moins pénible que tu ne le crois...

Ecrit par : erzébeth, passionnante après 22h30 | 16.02.2009

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Tout est ma faute (ouiiiiiiiiiiiiiiin)

Ecrit par : Thom | 16.02.2009

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(mince, j'ai cliqué trop vite)

(évidemment je voulais dire : "tout est ma faute, je suis impardonnable" :-)

Ecrit par : Thom | 16.02.2009

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37°2 le matin et ceux écrits dans la foulée, quelle révélation à l'époque où je les ai découverts! Une écriture de la passion, romantique, flamboyante, déjantée sans jamais en devenir illisible, et en même temps complètement lucide, désenchantée, réaliste, un mélange détonant d'une originalité que je jugeais incroyable (par rapport à mes lectures de l'époque, c'était vrai! ). Et ensuite, un long tunnel, rien qui vaille, des livres fermés aussitôt ouverts.
"Impardonnables" semblait saluer une résurrection d'après les critiques lues et entendus à la radio, j'étais très tentée, je vois que Cuné est mitigée, patratas, je me remets en état de doute, je persévère ou je relis un des premiers? ...

Ecrit par : M agali | 16.02.2009

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Magali : A lire quand même, je dirais, ça reste du Djian, et pas du plus mauvais :-D

Thom : Tu n'as qu'à m'offrir Impuretés, tiens, au lieu de faire le malin ;o)

Erzébeth : Merci.
Sinon, très bonne idée de dénicher les premiers romans en bouquinerie, une bonne partie vaut vraiment vraiment le coup.

Fashion : Ah pourtant, je te voyais bien, comme moi, dénicher à l'époque les salles qui passaient 37,2 en version longue, lire et relire les romans sortis dans ces années-là, te mettre à écouter Stephan Eicher (bien que sa voix te fasse systématiquement penser à un chat écorché), bref, à agir comme je l'ai fait en véritable fan du sieur Djian :-D Toute une époque... ^^

Lily : C'est toi qui as de la chance, en fait :-D

Ecrit par : Cuné | 16.02.2009

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Djian, dans les critiques, c'est tout l'un ou tout l'autre. Encensé ou massacré. Difficile de se faire une opinion...

Ecrit par : Ferocias du Blog Les Peuples du Soleil | 16.02.2009

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Ah, amis oui, j'ai découvert Stephan Eicher et je l'ai suivi un bon bout de temps. J'ai fait la moitié, quoi. :D

Ecrit par : fashion | 16.02.2009

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(il faut lire "mais" et non "amis" évidemment) (pardon de polluer tes commentaires:)))

Ecrit par : fashion | 16.02.2009

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Fashion : Et tu savais que Djian en était le parolier ? :-D

Férocias : Il faut donc lire par toi-même ;o)

Ecrit par : Cuné | 16.02.2009

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Ah me voilà pareil, à hésiter. Comme vous, j'ai été très lectrice de djian il y a quelques années, je me souviens de Sotos aussi que j'avais aimé. Doggy bag, je n'ai pas été au bout du premier.
Mais je crois que j'essaierai celui-là. Ne pas abandonner les amours lointains ;-) Cet été peut-être…

Ecrit par : ficelle | 16.02.2009

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Je n'ai lu que Doggy Bag de Dijan et je n'ai pas été vraiment convaincue... je ne sais pas trop si j'ai le goût de lire celui-là (en fait, l'envie varie selon les avis... je suis une girouette, je sais!)

Ecrit par : Karine :) | 16.02.2009

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Bonjour,

Un message pour te dire que je viens tout juste de découvrir ton blog (grâce aux préférences de Doriane) et que je trouve tes critiques très intéressantes.

Je t'es ajouté dans ma liste de blog sur le mien et me suis abonnée à ton flux.

Bonne journée.

Ecrit par : akasha | 16.02.2009

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Les plus physiques de tes réactions?! Quel regret, d'un coup, de ne jamais l'avoir lu ;-(((
Bon courage...

Ecrit par : Anne | 16.02.2009

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Comme tout le monde ! J'ai adoré jusqu'à "Lent Dehors", ai décroché avec "Sotos", réessayé avec "Ça, c'est un baiser" (une catastrophe) : non, décidément, ça ne marche plus !

Ecrit par : Patricia | 16.02.2009

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Merci Akasha !
Et merci Anne :-D

Je vois que nous sommes plusieurs à avoir eu le même parcours avec Djian :-D

Ecrit par : Cuné | 16.02.2009

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@ Cuné: en fait, Djian parle trop rarement de Précolombiens pour être digne de mon intérêt ^__^
Plus sérieusement, j'en ai lu quelques uns, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Ecrit par : Ferocias du Blog Les Peuples du Soleil | 16.02.2009

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J'ai le même vécu je pense avec Djian. Tout lu, pendant pluseiurs années. Puis je ne m'y retrouvai plus. J'ai beaucoup aimé "Ardoises" où il parlait des écrivains qui l'avaient marqué.

Ecrit par : alain | 16.02.2009

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Bon, à voir ce livre sur plusieurs blogs, je me le suis acheté, il attend son heure patiemment dans ma PAL.

Ecrit par : Ankya | 16.02.2009

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Pour une fois, et c'est bien rarissime, je ne te suis pas. J'avais tenté 37,2, et détesté, et essayé également un autre de ses livres, je ne sais plus lequel, abandonné en cours de route, tant je déteste son style, ses univers un peu glauques, tristes, sans humour et sans espoir. Un auteur que je ne rééssayerai jamais plus !

Ecrit par : liliba | 16.02.2009

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Moi aussi, Alain, j'avais bu du petit lait avec Ardoises !

Liliba : Mieux vaut ne pas insister en ce cas, en effet :-D

Ecrit par : Cuné | 17.02.2009

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Je n'ai jamais pu lire Djian, j'accroche pas, rien à faire ..

Ecrit par : Aifelle | 17.02.2009

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D'accord, Cuné, eh bien, c'est parti! Je tente.

Ecrit par : M agali | 17.02.2009

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Djian passe en télé, ce soir, pour ceux qui ont le satellite, et demain matin aussi : http://ancion.hautetfort.com/archive/2009/02/17/djian-cstac-et-teule-c-est-ce-soir-et-demain-matin.html

Ecrit par : Nicolas Ancion | 17.02.2009

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Il me semble que je découvre ce blog, que je trouve admirable !
Pour Djian, pourrais-tu me donner des titres de ces fameux livres du début, dont tu parles, et qui faisaient ton émoi ?

J'aimerais en effet un jour aborder cet auteur, mais si possible par la bonne porte... je ne lirai par le dernier par exemple : trop de billets mitigés.

A bientôt !

Ecrit par : Léthée | 19.02.2009

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Hello,

Puisque je passe par ici, je peux peut-être répondre à Léthée :

Les premiers bouquins de Djian étaient (je ne respecte peut-être pas tout à fait bien la chronologie, je fais ça de mémoire, mais n'importe quelle libraire en ligne pourra remettre de l'ordre) :

Cinquante contre un (nouvelles), Bleu comme l'enfer, Zone érogène, 37°2 le matin, Échine...

Je suis comme tout le monde en fait : à l'époque, ses bouquins m'ont littéralement soulevé de terre, secoué dans tous les sens, et radicalement transformé. Peut-être que, d'une façon ou d'une autre, je serais parvenu à Fante, Bukowski, Brautigan et les Talking Heads (liste non exhaustive) sans Djian. Mais il a constitué un raccourci vers la connaissance de tout ce qui compte encore aujourd'hui, et constitué une influence majeure.
Encore aujourd'hui, bien que je ne sois plus capable de lire ses bouquins, malgré quelques tentatives irrégulières (j'ai balancé Doggy Bag au bout d'une dizaine de chapitres, ça voulait reprendre le principe des feuilletons télé, et honnêtement, ça ne valait pas mieux), j'ai l'impression, en tant qu'auteur, d'être un peu un fils illégitime de Djian et de Gavalda... (mon éditeur, lui, parle de Chateaubriand et de Carver ! Mais bon, c'est un éditeur, il cherche à vendre ;-)

Je ne sais plus dans quel livre il décrivait son état d'esprit en apprenant la mort de Brautigan, mais c'était sacrément impressionnant. Et je conseillerais aisément à tout le monde de lire Zone érogène, c'est vraiment écrit avec les tripes.

Sinon, j'ai lu une critique carrément assassine (mais rédigée avec une espèce d'élégance méchante, et drôle à lire quand on n'est pas l'auteur concerné) de Impardonnable dans le Figaro, signée Yann Moix : http://www.lefigaro.fr/livres/2009/01/22/03005-20090122ARTFIG00467-une-jolie-daube-hivernale-.php

Ecrit par : sholby | 19.02.2009

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Merci Sholby !

Léthée, j'ajouterai "Ardoises" et "Maudit manège", "Impuretés" (pas lu mais d'après Thom le meilleur de Djian), et surtout que je ne me souviens pas des titres, ça remonte quand même à... pfioou.... plus de vingt ans :-D

Ecrit par : Cuné | 20.02.2009

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oui, plus de vingt ans, et déjà j'étais pas franchement emballée ni retournée.
Comme à cette époque, il se trouve que des gens que j'aime bien me l'ont vivement conseillé, et que j'ai lu sans mauvaise grâce. Mais encore une fois, je ne participe pas à la liesse quasi générale...
Je suis sensible aux thèmes abordés : la culpabilité, le pardon la rancune, la place de l'écriture dans la vie d'un auteur. Mais je n'entends pas la musique... Et puis le scénario outrancier qui en fait des tonnes, je ne comprends pas très bien...

Ecrit par : sylvie | 06.04.2009

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Je crois qu'entendre ou pas la petite musique, ça ne s'explique pas vraiment, j'ai moi aussi des auteurs comme ça auxquels je reste sourde, je ne cherche pas vraiment à approfondir : le monde est vaste, les livres innombrables.
Ne te bile pas, Sylvie :-D

Ecrit par : Cuné | 07.04.2009

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