« Nous n'avons pas d'endroit où vivre - Olivier de Solminihac | Page d'accueil | Un métier idéal, Histoire d'un médecin de campagne - John Berger et Jean Mohr »
10.03.2009
Les âmes brûlées - Andrew Davidson
"Qui mange du feu chie des étincelles"
Dilemme ! Suivre la 4° de couv et ne rien dire, miser sur une ambiance générale pour vous donner envie, ou détailler un peu plus (et il y en a à dire !) au risque de gâcher ce plaisir si particulier qui consiste à découvrir par soi-même ?...

Tentons le fragile équilibre : Son enfance ? Pourrie. Sa vie d'adulte ? Sans aucune morale. Non pas qu'il soit "mauvais", mais tout entier à la réalisation de ses bons plaisirs, séducteur impénitent, carrière dans la pornographie, drogué jusqu'à la moelle. Très beau aussi, accessoirement. Une hallucination, un mauvais trip le précipite dans un grave accident de voiture. Brûlé plus que grièvement, qu'il survive est étonnant, mais il n'aura plus jamais forme humaine. Le traitement est horriblement douloureux, et les pages et les pages précises et détaillées de chaque intervention sont dures à avaler, le coeur s'accroche mais il faut en être averti (insoutenable parfois) (l'imagination peut-être la pire des tortures !). La narration directe fait qu'on a réellement l'impression d'entendre un récit, un témoignage, et ce qui est le plus fort, à mon sens, c'est que ce gars ne nous est jamais sympathique. Donc il en bave des ronds de chapeau, et n'a qu'une idée en tête : parvenir à se rétablir suffisamment pour quitter l'hôpital, et se donner la mort immédiatement (ses plans ne lui laisseront aucune issue, il envisage de cumuler toutes les méthodes...)
Arrive Marianne. Entre en scène une espèce de folle furieuse, à la chevelure insensée, à la personnalité extravagante, une patiente du service psy. On l'aime immédiatement, on l'aime jusqu'au bout. Elle va tout changer...
Notre narrateur, en permanence, garde les pieds sur terre; il ne cesse de mettre en perspective ce que lui raconte Marianne, ses faits et gestes, il lit tout ce qu'il peut sur les maladies mentales, il ne veut rien croire. Mais il finira par s'ouvrir à l'amour, et atteindre en ce sens une sorte de rédemption (ce mot fait peur, mais ici il est beau).
Pourtant, et c'est ce qui fait en partie tout l'intérêt de ce roman tout à fait étonnant, des faits troublants persistent, des faits concrets, inexplicables.
Marianne apporte avec elle des histoires merveilleuses, une ambiance du Moyen-âge, asiatique, glaciale, viking, des pages et des pages de nourritures délicieuses et incitatrices, L'Enfer de Dante et un truc... un truc indéfinissable, qui emporte toute l'adhésion du lecteur.
Au final une vraie histoire d'amour, sans une once de mièvrerie.
Un sacré roman.
Ed. Plon, mars 2009, 499 p.
Traduit de l'anglais (Canada) par Natalie Zimmermann
Titre original :The Gargoyle
L'avis de Karine.
(Tiens, puisqu'en ce moment il y a à nouveau une vague de "comment faites-vous pour lire autant", je signale que j'ai mis 4 jours plein à lire ce pavé (en "vivant" aussi à côté, hein): impossible d'aller trop vite, faut digérer parfois...et savourer !)
04:00 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note | Tags : premier roman, accident, graves brûlures, amour, schizophrénie ou réincarnation, belles histoires


Commentaires
Ecrit par : cathulu | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireFashion : Merci pour l'info, j'avais zappé le billet de Karine :-D
Ecrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : virginie | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireSans une once de mièvrerie, je veux bien le croire, suite à la description faite. ;)
Pas vraiment pour moi. Trop brutal, d'après ce que j'ai compris.
Ecrit par : Leiloona | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireLeiloona : Brutal, pas vraiment non plus. Violent, parfois, mais plus dans l'idée qu'on se fait soi-même que les mots véritablement... Et puis les histoires de Marianne... Magique !
Ecrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireMoi je conseille de ne pas lire la 4ème ! Ce livre est scotchant, oui en plus il demande du temps ! ...
Ecrit par : Clarabel | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : La Pyrénéenne | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Jules | 10.03.2009
Répondre à ce commentairehttp://booki-net.blogspot.com/2008/12/jabandonne-en-double.html
C'est sûr qu'il y a une grande part d'irrationnel dans ce roman. Perso, j'adore ça, mais je comprends très bien que ça ne te plaise pas :-D
La Pyrénéenne : Fautqu'onyaka, oui ;o)
Ecrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : amanda | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : BelleSahi | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireKarine : Mais je ne trouve pas du tout que ce soit un roman plein de facilités, au contraire, il y a plusieurs niveaux de lecture possibles, et tout se tient très bien, à mon sens. On peut par contre être simplement réfractaire à la ballade proposée, elle est assez "énorme", mais qu'est-ce que j'aime ça, moi !.... (Comme toi en fait :-D)
Bellesahi : Tu as parfaitement raison ! Chacun son rythme. Le mien semble déplaire à certains parfois, je n'y peux rien :-D
(La citation n'est pas représentative du roman mais elle m'avait fait rire, moi aussi ;o))
Ecrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireJe retiens ce titre !
Ecrit par : pagesapages | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : amanda | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Ankya | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireTombant à décroiser l’azur à l’ouverture d’une première page
Où se profile la dédicace au lecteur d’un amour de croisière
Que présage les premières heures d’une lecture sans comptoir
Par-dessus la suspension-même des iris replié sur la tranche
Œuvre et lecture font le ménage à deux d’un lecteur débuggé
Parlant de passion avec la confrérie des âmes-sœurs
Signalant le pavé dans la mare aux canards qui pagaient
Dans le silence hivernale des redécouvertes de plusieurs mois
L’homme fidèle d’un regard laser passe son chemin sous sommaire
Questionnant le rapport étonné d’un livre à un autre déjoué par les anges
Vomitive est boulimique l’envie insatiable de lire pour relire les mêmes histoires
Aux encoignures de l’esprit qui piège les redites de l’être formatés aux mots
Un quartier de brume lors d’un premier chapitre figuratif
Où l’on se remémore Pasternak et Jivago sur leurs lits de mort
Quand l’heure sonne de passer aux suivants gloutons
Avec la même dévotion qui volette comme elle butine
De fleurs en fleurs en pages d’ivresse et l’homme escargot
S’arrête un jour de pluie lors d’une coda infinie
Le livre définitif tachant encore l’étagère des vieux grimoires
Une enlumine de titane transmuant un bouton d’or
Déporté de la pupille écarquillée et comparative
Acceptant d’avoir tort en premier chemin de croix
Pour chier des étincelles un jour d’hiver orageux
Ecrit par : pseudonymes1 | 10.03.2009
Répondre à ce commentaireEt un titre de plus dans ma LAL...
Ecrit par : Pimprenelle | 15.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : sophie | 08.09.2009
Répondre à ce commentaireIl est assez compliqué d'expliquer comment on peut s'attacher à un homme si superficiel. Peut être que je m'y suis attaché parce qu'on voit son évolution tout au long du livre. Il passe du statu d'acteur porno drogué et sans état d’âme à un homme que l'amour a transformé.
J'ai beau n'avoir que 14 ans, ce livre m'a fait éprouvé des sensations que je ne connaîtrais probablement plus jamais dans tout le reste de ma vie. C'est dingue, c'est vraiment incroyable comme la littérature, le simple fait de lire un enchaînement permanent de mots, peut vous faire vivre ce genre de chose. Andrew Davidson l'a bien comprit et s'en serre tout au long du roman pour nous remuer les tripes et nous triturer le cerveau.
Ce livre restera mon préféré même s'il est suivit de près par d'autres oeuvres magnifiques tel que Les Hauts de Hurlevant ou Orgueils et Préjugés.
Tout ça pour vous dire - et j'espère vous y incité - de courir dans vos librairies et vous procurer au plus vite un exemplaire des Âmes Brûlées.
Ecrit par : Alice | 03.01.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 03.01.2010
Répondre à ce commentaireJe ne sais pas vraiment quoi lire en ce moment, vous n'auriez pas des livres dans le même style à me conseiller ?
Merci d'avance :D
Ecrit par : Alice | 09.01.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 09.01.2010
Répondre à ce commentaireSinon, des romans d'amours et/ou de comédies, vous avez ?
Ecrit par : Alice | 10.01.2010
Répondre à ce commentaireet amour : http://www.cuneipage.com/archives/tag/amour.html
Ecrit par : Cuné | 10.01.2010
Répondre à ce commentaireEcrit par : Alice | 13.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrire un commentaire