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16.03.2009

Le cri du coeur de Francesca

"L'année dernière, Ivan Georg et moi, nous avons ouvert une librairie à Paris que nous avons appelée Au Bon Roman afin que sa raison d'être soit claire.

Le projet a bien été compris, et il devait répondre à une attente puisque le succès a été immédiat.

A qui cette librairie peut-elle bien faire de l'ombre ? Qui nous en veut au point de vouloir nous abattre ? Depuis quatre mois nous sommes l'objet d'attaques violentes, dans la presse et sur Internet.

On a invoqué pour nous dénigrer notre prétendu élitisme, notre parti pris en faveur de la qualité littéraire, qui serait réactionnaire, un lien douteux entre la librairie et le grand capital et, tout récemment, nos personnes et nos vies, à Ivan Georg et moi-même.

C'est faire profondément erreur sur ce que nous cherchons et sur ce qu'est Au Bon Roman.

Depuis qu'existe la littérature, la souffrance, la joie, l'horreur, la grâce, tout ce qu'il y a de grand en l'homme a produit de grands romans. Ces livres d'exception sont souvent méconnus, ils risquent en permanence d'être oubliés et, aujourd'hui où le nombre des publications est considérable, la puissance du marketing et le cynisme du commerce s'emploient à les rendre indistincts des millions de livres anodins, pour ne pas dire vains.

Or ces romans magistraux sont bienfaisants. Ils enchantent. Ils aident à vivre. Ils instruisent. Il est devenu nécessaire de les défendre et de les promouvoir sans relâche, car c'est une illusion de penser qu'à eux seuls ils auraient le pouvoir de rayonner. Nous n'avons pas d'autre ambition.

Nous voulons des livres nécessaires, des livres qu'on puisse lire le lendemain d'un enterrement, quand on n'a plus de larmes tant on a pleuré, qu'on ne tient plus debout, calciné que l'on est par la souffrance; des livres qui soient là comme des proches quand on a rangé la chambre de l'enfant mort, recopié ses notes intimes pour les avoir toujours sur soi, respiré mille fois ses habits dans la penderie, et que l'on a plus rien à faire; des livres pour les nuits où, malgré l'épuisement, on ne peut pas dormir, et où l'on voudrait simplement s'arracher à des visions obsessionnelles; des livres qui fassent le poids et qu'on ne lâche pas quand on n'en finit pas d'entendre le policier dire doucement : Vous ne reverrez pas votre fille vivante; quand on n'en peut plus de se voir chercher le petit Jean follement dans toute la maison, puis follement dans le jardin, quand quinze fois par nuit on le découvre dans le petit bassin, à plat ventre dans trente centimètres d'eau; des livres qu'on peut apporter à cette amie dont le fils s'est pendu, dans sa chambre, il y a deux mois qui semblent une heure; à ce frère que la maladie rend méconnaissable.

Chaque jour Adrien s'ouvre les veines, Maria se saoule, Anand est renversé par un camion, une Tchétchène (Turkmène, Four) de douze ans est violée. Chaque jour Véronique essuie les yeux d'un condamné, une vieille femme tient la main d'un mourant affreusement défiguré, un homme recueille un petit enfant hébété parmi les cadavres.

Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire.

Nous ne voulons pas de ces livres bâclés, écrits à la va-vite, allez, finissez-moi ça pour juillet, en septembre je vous le lance comme il faut et on en vend cent mille, c'est plié.

Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous.

Nous voulons des livres qui aient coûté beaucoup à leur auteur, des livres où se soient déposés ses années de travail, son mal au dos, ses pannes, son affolement quelquefois à l'idée de se perdre, son découragement, son courage, son angoisse, son opiniâtreté, le risque qu'il a pris de rater.

Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent; des livres qui nous prouvent que l'amour est à l'oeuvre dans le monde à côté du mal, tout contre, parfois indistinctement, et le sera toujours comme toujours la souffrance déchirera les coeurs. Nous voulons des romans bons.

Nous voulons des livres qui n'éludent rien du tragique humain, rien des merveilles quotidiennes, des livres qui nous fassent revenir l'air dans les poumons.

Et quand il n'y en aurait qu'un par décennie, quand il ne paraîtrait qu'un Vies minuscules tous les dix ans, cela nous suffirait. Nous ne voulons rien d'autre."

 

Laurence Cossé, Au bon roman

Ed. Gallimard

 

Commentaires

Je viens de recevoir un mail de ma biblio m'informant qu'ils avaient retenu ma proposition d'achat : il m'attend sagement là-bas. Mon avis ne devrait pas tarder.

Écrit par : Doriane | 16.03.2009

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Ah làlàlà,je surligne ce titre , vile tentatrice ! Nous voulons de tels livres mais aussi de bons passeurs de livres, comme toi .

Écrit par : cathulu | 16.03.2009

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Un texte comme celui-ci "tient" tout seul, il n'a nul besoin d'explication ou d'enrobage. Mais dans le roman il correspond en plus à la situation privée de Francesca, il touche à l'intime. Et c'est la défense ultime face à ce qui se déchaîne contre eux, le moment où ça va basculer de l'autre côté.
Je lisais je ne sais plus où qu'une telle librairie ne "marcherait" pas forcément parce que les gens aiment bien "découvrir" les perles, si on leur mâche le boulot avec que des bons romans le plaisir serait perdu. Quelle connerie ! C'est oublier les goûts des uns et des autres, et un roman qu'on reconnaîtrait soi-même comme bon, pour ses qualités littéraires, ne nous toucherait pas forcément. Il faut et il faudra toujours faire un tri en lisant par soi-même.
Quand s'allient par contre la qualité et l'émotion, il n'y a RIEN de meilleur au monde qu'un bon roman.
Et celui-ci m'a touchée au coeur :-D

Écrit par : Cuné | 16.03.2009

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Je viens de découvrir cet extrait et j'en suis fort ému tant ces phrases, ces mots, ces images disent ce que je pense, ce que je ressens, ce que j'essaie, à mon humble niveau, de défendre malgré l'impérialisme grandissant de publications insipides, purement divertissantes, simples produits à consommer.

Écrit par : Franck Bellucci | 16.03.2009

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Un extrait suffit ! Je note !

Écrit par : BelleSahi | 16.03.2009

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Je viens d'écouter sur le blog "Lignes de fuite" l'émission qui était enregistrée ce week-end au salon du livre consacrée au livre et à l'Internet. Je suis amusée par ce paradoxe qui fait que des gens comme Eric Naulleau ou Gilles Cohen-Solal comparent les blogs de lecteurs à la démocratie participative évoquée par Ségolène Royal, d'où il ne peut, évidemment, à leurs yeux, absolument rien ressortir de bon, et d'autre part posent en constat dramatique qu'il n'y ait que 20 % de lecteurs en France.
Pour eux, nous pouvons donc acheter leurs livres, mais ne surtout pas en parler, n'ayant pour cela aucune légitimité.
Mouaip :-D
Je préfère mille fois des textes comme celui que Laurence Cossé fait écrire à son personnage Francesca, qui me semblent en effet dire l'indicible, ce que peut représenter un roman pour un lecteur.

Écrit par : Cuné | 16.03.2009

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Un très beau texte.

Écrit par : Freude | 16.03.2009

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"nous pouvons donc acheter leurs livres, mais ne surtout pas en parler" !!! :D :D

Finalement je me rends compte aussi que parfois il faudrait juste se contenter de choisir LE bon extrait, car pour certains livres cela vaut mieux que tous les beaux discours ! :)

Écrit par : Clarabel | 16.03.2009

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Où est-elle cette librairie ? Que j'y vienne faire un tour, pour trouver un livre ami.

Écrit par : Pierre-Louis | 16.03.2009

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Pierre-Louis elle est dans le roman de Laurence Cossé, et je vous assure que vous en sortirez avec une liste conséquente de romans à dévorer absolument ! :-D

Clarabel : Mais dis, on ne va pas s'excuser non plus d'être bavardes et d'aimer parler de ce qu'on lit, non mais oh :-D

Freude : Oui !

Écrit par : Cuné | 16.03.2009

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Je l'ai trouvé jeudi à la bouquinerie (7,50€!). La tranche, un peu abimée, prouve bien qu'il a été lu. C'est étonnant, non, de revendre un tel livre?!

Écrit par : Anne | 16.03.2009

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Oui, c'est étonnant. Moi je le garde précieusement !! :-D

Écrit par : Cuné | 16.03.2009

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"Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous."

C'est tellement vrai! Nous voulons ces livres qui éveillent en nous tous ces sentiments insoupçonnables, ces livres qui nous changent, qui appuient au tréfond de notre inconscient et qui nous parlent. Les livres, issus des pensées de leurs auteurs, sont autant de dialogues avec nous-mêmes et nous enrichissent chaque jour, nous font avancer.

Je ne peux qu'abonder dans le sens de l'auteur de cet extrait et te remercier de nous l'avoir fait découvrir!

Écrit par : Isabelle | 16.03.2009

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Je l'avais déjà noté, mais là, je courre l'acheter, et pas sûre que je serais capable de le prêter, celui-ci...
Merci pour cet extrait, effectivement, cela se passe très bien de commentaire (même si tes commentaires sont toujours pertinents, intéressants et bien troussés !)

Écrit par : liliba | 16.03.2009

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C'est un très beau texte, tu as eu raison de le reproduire. Et c'est un livre avec lequel il ne faut pas se promener dans les allées du Salon du livre !

Écrit par : ys | 16.03.2009

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alors que je reastais sur un sentiment mitigé à ma dernière lecture de Laurence Cossé, cet extrait me donne plus qu'envie de découvrir ce titre. Merci !

Écrit par : Flo | 16.03.2009

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Isabelle : Parfaitement d'accord avec ce que tu dis !

Liliba : Houla, que de compliments ! ;o)

Ys : Je fuis la foule, tu ne me verras pas dans un salon du livre ;o)

Flo : Je n'avais lu que son dernier recueil de nouvelles, bien aimé, mais pas comparable au bonheur éprouvé avec ce roman.

Écrit par : Cuné | 16.03.2009

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Ayant déjà lu des billets enthousiastes sur ce livre, j'ai bien noté le nom et le titre, et au salon du livre j'ai pu le faire dédicacer par l'auteur! Elle est charmante !!!! Elle reconnait que le phénomène du bouche à oreille et des blogs fait beaucoup pour qu'un livre soit lu.

Écrit par : keisha | 16.03.2009

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Ton compte-rendu est parfait, Keisha, on a l'impression d'y avoir été avec toi ! :-D (Et très bien vu pour la valise à roulettes, me suis encore coltiné ce matin un gros sac trop lourd de livres en sortant de la librairie, c'est pénible !! :-D)

Je ne crois pas beaucoup au pouvoir des blogs pour faire vendre, et puis tant mieux, ce n'est pas notre but. Je crois beaucoup par contre en leur capacité à faire découvrir des livres; même ceux dont on parle partout ailleurs sont vus par notre lorgnette de lectrice, et c'est autre chose qu'une recension professionnelle.

Après, il y a ceux qui aiment (les autres lecteurs, les auteurs) et ceux qui vomissent dessus (quelques intervenants professionnels du monde de l'édition et de la presse, ou ceux qui se considèrent comme une élite de la Littérature et pour qui associer les mots "plaisir" et "lecture" est une insanité). Bah, ils sont tellement loin de nous que finalement.... Qu'est-ce que ça peut nous faire ? :-D

Écrit par : Cuné | 16.03.2009

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Arghhhh ! Mon budget est tout fondu ! je vais attendre le mois prochain pour me procurer ce Bon Roman ...(mais ça va être dur ! A moins que je ne le vole à une vieille dame ? Enfin, une dame assez vieille pour ne pas réussir à me rattraper :-) )

Écrit par : pagesapages | 16.03.2009

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Raaah ! Je l'avais oublié celui-là ! Pourtant je l'avais déjà noté.
Un de plus ! :D

Écrit par : Leiloona | 16.03.2009

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Extrait magnifique (merci, Cuné), qui nous fait accéder à l'intimité du personnage par cette aspiration commune à tous les lecteurs. Comment ai-je pu passer à côté la première fois que j'en ai entendu parler ?

Écrit par : Melanie B | 17.03.2009

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Je l'avais déjà noté, je sais que je l'achèterai un jour (envie de le garder). J'étais présente à l'enregistrement de l'émission de France-Inter samedi, çà en était comique ce discours "laissez les spécialistes en parler, eux seuls savent, vous, lisez et bouclez-là" ! ce petit monde est assez pitoyable et auto-centré.

Écrit par : Aifelle | 17.03.2009

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Il est magnifique, ce texte... réellement! Je veux ce livre!

Écrit par : Karine :) | 17.03.2009

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J'appuie Cathulu, tu es une terrible tentatrice ! J'ai du coup lu ton article du 28 janvier et sais d'ores et déjà que je vais adorer ce livre ! Je le note et le chercherai dès que possible. Merci Cuné pour cette découverte et cet extrait !

Écrit par : Lou | 18.03.2009

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Je ne connaissais pas du tout. J'adhère à tout ce qui est dit ici. Oui, la solitude du lecteur, et sa liberté, et son plaisir, sont notre gloire et je m'apitoie sur ces pauvres professionnels obligés de défendre , becs et ongles, leurs petites chasses gardées.

Écrit par : Mango | 19.03.2009

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Coucou Cuné, j'ai repensé à ce texte en buvant mon café et en écoutant la radio (chose que je devrais éviter, pas le café, la radio) et par association d'idées j'ai pensé à Seuls les vivants meurent de Patrick Renou (à cause de "Nous voulons des livres nécessaires, des livres qu'on puisse lire le lendemain d'un enterrement, quand on n'a plus de larmes tant on a pleuré, qu'on ne tient plus debout"). Je ne sais pas si tu l'as lu, je te mets le lien vers ma chronique, c'est pas pour la pub, c'est parce que vraiment, ce livre, bon.
http://pagesapages.wordpress.com/2009/03/06/seuls-les-vivants-meurent-de-patrick-renou/

Écrit par : pagesapages | 20.03.2009

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Merci, je ne connaissais pas !

Écrit par : Cuné | 20.03.2009

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Tu sais que c'est de la cruauté une chronique pareille! Je viens d'aller magasiner ce titre sur Internet: 40$!!! Heureusement que tu dis qu'il est excellent sinon, ça m'aurait rebutée. On en revient à notre ébat sur le prix des livres de ce côté-ci de l'Atlantique...

Écrit par : Frisette | 21.03.2009

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C'est vrai que c'est très injuste cette différence de prix entre nos deux côtés de l'Atlantique. Mais ce roman mérite un investissement :-D

Écrit par : Cuné | 23.03.2009

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Euh je viens de relire mon post... Je voulais dire débat par ébat...

Si tu le dis alors je te crois et je sortirai mes économies :)

Écrit par : Frisette | 23.03.2009

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Morte de rire, je n'avais même pas remarqué... Les gens vont croire des choses !! ^^.... ;o))

Écrit par : Cuné | 23.03.2009

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Pour tes dents, c'est parce que je me disais que ça faisait longtemps que tu ne nous avait pas raconté de péripéties à leur sujet... :p

Écrit par : Frisette | 23.03.2009

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