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27.03.2009
La gueule du loup - Nadia Gosselin
"Je me trouvais en compagnie d'un étranger, dans un pays inconnu, au coeur d'un scénario imprévu."

Quand je suis tombée sur la 4° de couv de ce roman sur le site d'une librairie québécoise, et après avoir constaté qu'il n'était dénichable nulle part rapidement en France*, j'ai effrontément demandé à Frisette de l'acheter et de me l'envoyer. Comme cette demoiselle est une crème, elle s'est exécutée et l'a lu avant de le glisser dans une enveloppe (avec des petits frères et des bonbons !). Nous renouons alors aujourd'hui avec une lecture commune qui s'était faite rare...
La 4° de couv, donc, évoquait une québécoise partie rejoindre un correspondant belge. Ils s'étaient rencontrés par hasard sur Internet, étaient tombés fous amoureux, ils fallait qu'ils se voient. Monsieur offre le billet d'avion à sa belle, et c'est à Bruxelles que la rencontre physique a lieu...
Mais évidemment, si ce postulat de départ est parfaitement exact, le roman qui en découle est tout à fait autre et déconcertant.
Elle est une jeune femme de 28 ans, québécoise, mère de 4 enfants, dont le mariage s'étiole. Lui est un belge de 58 ans, ancien musicien et parolier à succès, atteint par la maladie. Dès qu'ils se voient, c'est la désillusion pour notre belle : il n'est pas beau, il est vieux, (il paraît même plus que son âge), il l'accueille mal (son appartement est repoussant de saleté), il est malade (et nous verrons comment). Elle est coincée pour quinze jours en sa compagnie dans une Belgique pluvieuse et hivernale, ils s'ennuient, mesurent l'immensité du gouffre de leur imaginaire : rien, il n'y a rien de commun avec les échanges passionnés qu'ils avaient pu avoir par Internet.
Pourtant de temps en temps une étincelle, un regard, une vivacité fait rejaillir une certaine tendresse, tout ça est compliqué. Une relation se crée malgré tout, faite d'avancées et de reculs, de peur et d'angoisse et de volonté d'aller au bout d'une histoire qu'on n'a pu complètement fantasmer... (Ce décalage entre ce que l'on s'imagine connaître d'une personne (comme si on avait eu accès à son "âme") et la réalité est très finement analysé et décrit. Quelques passages à peine lestes pourraient éventuellement mettre mal à l'aise.)
Le ton est percutant, le style délectable, le fond est grave : et si la Belle s'avérait plus monstrueuse que la Bête ?
Guy Saint-Jean Editeur, 2008, 162 p.
* D'après la 2° de couv, distribution Volumen en France
La recrue en parle aussi, tout comme Venise.
04:00 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : québec, premier roman, déconcertant


Commentaires
Ecrit par : Jo Ann v. | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : cathulu | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireCathulu : Certes, mais l'hiver en Belgique on ne le passe pas en paréo quand même ;o)
Tiens je me rends compte que je n'ai pas beaucoup parlé du style, qui, pourtant, mérite qu'on s'y attarde. Il coule tout seul mais est assez riche, j'ai trouvé, pas tellement québécois (je veux dire, je n'ai rencontré aucune expression inconnue ou tournure spécifique) mais de beaux mots, bien employés, des phrases construites, un sens du détail. Une certaine élégance, à laquelle j'ai été sensible.
C'est sur le site de la Recrue je crois qu'il est dit "assez pataud par moments", je n'ai pas trouvé. Les scènes un peu hot sonnent moins bien, mais j'ai attribué ça au malaise qui empreint notre héroïne...
Bref, un roman vraiment intéressant (je ris parce qu'on m'a dit que ce mot était impossible à employer, un fourre-tout immonde. Et pourtant, je persiste, INTERESSANT.) ;o))
Ecrit par : Cuné | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireIl me tente assez celui-ci. Pour quand la PAL aura baissé. Et que j'aurai fini de regarder DW. :)))
Ecrit par : fashion | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireSinon, comme Fashion, ce livre me donne drôlement envie ! (et ça, par contre, je veux bien reconnaître que ce n'est pas "intéressant" à apprendre ;-) )
Ecrit par : erzébeth | 27.03.2009
Répondre à ce commentaire(Par contre, et juste pour m'amuser de manière un peu facile...) je ne suis pas sûre que les Québécois, qui avaient cet été des moins 30 se plaignant du temps belge ne me fassent pas penser à la fameuse "clinique se fichant de l'hôpital"!
Ecrit par : M agali | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : M agali | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireDisons que notre belle est surtout sensible à la grisaille... De sa situation tout autant que dehors !!
Erzébeth : veux-tu que je te l'envoie ? Faut juste me redonner ton adresse :-D (et tu pourras faire suivre à Fashion ;o))
Ecrit par : Cuné | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : freude | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : elou | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 27.03.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 27.03.2009
Répondre à ce commentaire(bordel, du coup, j'ai failli te la donner, là, en commentaire...!)
Je crois que je vais accepter ta gentille proposition, parce que le sujet m'intrigue vraiment beaucoup. Merci ! :-)
Ecrit par : erzébeth | 27.03.2009
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