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21.04.2009

Roi du Matin, Reine du Jour - Ian McDonald

 

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Que l'Irlande soit magique, on le sait tous plus ou moins. Ce qu'on connaît moins c'est le Mygmus, très difficile à expliquer en quelques mots, et pourtant élément central de ce roman. Disons que les mythes proviennent de l'inconscient collectif, et s'accumulent en un endroit (le Mygmus) que seules certaines personnes sont capables de percevoir (avec des lunettes spéciales, qui offrent une vision des bords des mythes). Quelques très rares autres personnes peuvent interagir avec cet autre monde, et notamment donner incarnation à différents mythes (les phages par exemple) pour leur plus grand effroi...

Trois époques différentes et trois femmes : nous commençons en 1913 par Emily Desmond, puis la génération de sa fille (Jessica Caldwell, un sacré numéro !) et enfin Enye MacColl de nos jours, la petite-fille de Jessica.

Emily vit près du bois de Bridestone, et entend l'appel des lutins et des fées. Par le biais de son journal intime, croisé avec celui de son père, nous sommes pris dans un tourbillon fortement teinté d'humour, des photos attestent sans aucun doute la présence physique de l'Ancien peuple, ceux qui vivent à jamais, à ses côtés. Son père, astronome, se pique de la nature extra-terrestre d'une comète en approche de la terre (ce qui va le discréditer et entraîner sa ruine). Jessica est une jeune fille rebelle et farouche, elle jure comme un charretier et ment en permanence comme un arracheur de dents. Enfin Enye est une jeune femme moderne et bien trempée, adepte des arts martiaux.

Le fil rouge est la psychologie, incarnée en un patricien, proposant une interprétation concrète (le secret d'Enye retentit comme un gong !) ou offrant simplement une alternative au Merveilleux.

C'est un roman profond, fortement teinté de Fantasy mais ne se limitant aucunement à ce genre, qui lace et entrelace son intrigue à l'Irlande et à ses mythes, mais propose également de superbes portraits de la féminité à plusieurs étapes de la vie. C'est beau et impressionnant, d'une maîtrise folle.

 

Prix Philippe K. Dick et Prix Chimérique ! (Peu décerné, le second ;o))

 

Ed. Denoël, Collection Lune d'encre, 2009 480 p.

Titre original : King of Morning, Queen of Day (1991)

Traduit de l'anglais (Irlande) par Jean-Pierre Pugi

 

La critique du Cafard Cosmique, l'avis de Laure.

Commentaires

Ah ça je note, ça me fait rêver !!!

Écrit par : Stephie | 21.04.2009

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c'est long aussi : abandonné en route... mais je vais le reprendre, mes collègues s'enthousiasment...

Écrit par : SBM | 21.04.2009

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Long ?... Sans doute, oui, aussi. Ca prend son temps, ça s'installe tout doucement, pour changer radicalement d'ambiance une fois qu'on s'est habitué... C'est ce que j'appelle profond, aussi :-D
Les trois parties sont vraiment radicalement différentes, dans le ton et l'époque, mais indispensables toutes trois...

Écrit par : Cuné | 21.04.2009

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Heureusement que la couverture rattrape le titre ! ;-) Je ne suis pas sûre d'avoir bien tout compris (si ça commence comme ça, la journée va être longue...), mais ça me donne très envie malgré tout.

Écrit par : erzébeth, passionnante | 21.04.2009

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Nan mais je n'explique pas bien, c'est très fourni aussi :-D

Écrit par : Cuné | 21.04.2009

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Avec deux prix aussi prestigieux, ça fait forcément envie, même si je n'ai pas vraiment compris l'histoire (c'est les voyages, ça forme la jeunesse mais ça use les déjà vieux:)))...

Écrit par : fashion de retour | 21.04.2009

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Comment dire... Tu as le monde normal, et en lisière l'Ancien Peuple. Emily est très très attirée par l'autre monde, le mythologique, et va s'y dissoudre. On suit alors sa fille, puis la petite-fille de sa fille, toutes marquées par leur filiation, et en prise avec les deux mondes... (En gros, c'est ça l'histoire, en très gros !)

Écrit par : Cuné | 21.04.2009

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Ravie que tu es apprécié ce roman, que, sur le coup, j'avais trouvé d'une ampleur terrible. Avec le recul, il est vrai, je me suis rendue compte que j'avais peut être un peu exagérée, mais cela reste un excellent roman de fantasy.

Écrit par : oranee | 21.04.2009

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Je ne le note pas dans ma LAL mais je le retiens. Le sujet m'intéresse mais je suis un peu frileuse pour celui-ci (je ne peux l'expliquer, on dira que les ondes ne sont pas positives entre ce livre et moi)

Sinon pour les vacances... je suis d'accord !

Écrit par : Ankya | 21.04.2009

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Je l'avais déjà vu chez Chimère : tu confirmes mon envie de le découvrir.

Écrit par : Leiloona | 21.04.2009

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J'espérais bien que tu allais aimer.

Ian McDonald est un auteur sf qui change son style en fonction de l'histoire qu'il raconte, j'ai découvert récemment Desolation Road une histoire inspirée de Cent ans de solitude qui se passe sur Mars et j'y ai retrouvé toute l'ambiance particulière du roman de G.G Marque. Je viens de me trouver un nouvel ami. :)

Écrit par : Chimère | 21.04.2009

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C'est très bien, tu défriches pour moi :-D

Écrit par : Cuné | 21.04.2009

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