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11.05.2009
L'année brouillard - Michelle Richmond
"Mais cette inutilité, dis-je un soir. Comment on gère ça ?"

San Fransisco. Abby a rencontré un gars formidable, elle qui avait (faussement) promis à sa mère sur son lit de mort de construire une famille se dit que peut-être, elle serait capable finalement de franchir le pas. D'autant que Jake a déjà une petite fille, de six ans, Emma. Au fil du temps, c'est d'Emma qu'Abby est tombée le plus amoureuse. Et puis un jour il y a ces quelques secondes où, sur la plage, elle quitte la petite des yeux. Quelques secondes. Un rien. Un battement de cil. Dans le brouillard. Et elle ne la retrouve plus. C'est alors une sucession de jours, puis de semaines, puis de mois. Comment se lève-t-on un matin après l'autre quand on est responsable de ça. Qu'est-ce qui a encore un sens, pourquoi se nourrir, comment peut-on encore vivre et surtout, où est Emma.
Abby est persuadée que quelque chose, une piste, est à sa disposition dans sa mémoire. Elle ne peut concevoir que la petite se soit volatilisée. Sans jamais baisser les bras, elle cherche, fouille, enquête, tente, pendant que sa vie se délite. Le jour où Jake s'achète des chaussures elle réalise qu'elle est dans un colère folle et froide, que la vie est en suspens et qu'elle n'autorise personne, et surtout pas elle, à vivre avant qu'Emma soit retrouvée.
Alors que tous cèdent au découragement elle insiste, encore, toujours, Emma n'est pas morte et il faut encore tenter des choses, la chercher...
Un roman qui creuse lentement dans la plaie. Plus on pénètre dans l'esprit d'Abby et plus on se rend compte que le passage du temps ne permettra pas d'issue heureuse, quelle que soit la suite des évènements. Il est peut-être des gens qui se relèvent d'un drame, mais on ne sait pas trop si on doit leur envier une espèce d'inconscience béate ou les haïr de posséder une telle capacité. Abby a son passé, que sa mémoire a modifié selon des procédés qu'elle parvient très bien à nous expliquer. Elle a aussi un présent dans lequel elle se débat, entraînant le lecteur avec elle. C'est un véritable poids sur la poitrine qui nous oppresse tout au long des pages. Et sans doute a-t-elle aussi un futur, auquel elle n'a pas très envie de réfléchir...
Un roman sur la mémoire que je n'oublierai pas de sitôt, pour lequel chaque page compte et dont le rythme lent est absolument nécessaire.
Ed. Buchet Chastel, 2009, 506 p.
Traduit de l'américain par Sophie Aslanides
Titre original : The Year of Fog
Merci Cathulu !
Lu aussi par Clarabel.
04:17 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : roman psychologique, mémoire, traumatisme


Commentaires
Écrit par : cathulu | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aifelle | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Stephie | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Estelle C | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : CecileSBlog | 11.05.2009
Répondre à ce commentaire(dans le doute, tout est permis !)
Écrit par : Clarabel | 11.05.2009
Répondre à ce commentaire(Clarabel moi je penchais pour la fin horrible, genre on ne saura jamais...)
Écrit par : Cuné | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Karine :) | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : kathel | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : bab's | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Michel | 11.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Leiloona | 12.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Florinette | 13.05.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Constance | 14.05.2009
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