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12.05.2009

Martin Chuzzlewit - Charles Dickens

"- Mais continue, papa ! s'écria Mercy.

- Eh bien, à vrai dire, ma chérie", dit M. Pecksniff en promenant un sourire sur ses parents assemblés, "je cherche mon mot. Le nom de ces animaux fabuleux (païens, je suis au regret de le dire), qui chantaient dans l'eau, m'a complètement échappé.

- Des cygnes ? Suggéra M. George Chuzzlewit.

- Non, dit M. Pecksniff. Ce ne sont pas des cygnes. Mais cela leur ressemble fort. Je vous remercie.

- Des huîtres ? proposa le neveu au profil esquissé, prenant la parole pour la première et la dernière fois à cette occasion.

- Non", dit M. Pecksniff, avec cette urbanité qui lui était propre, "ce ne sont pas des huîtres non plus. Mais il y a une grande ressemblance. L'idée est excellente. Merci, cher monsieur, merci infiniment. Mais j'y suis ! Des sirènes. Parbleu ! Des sirènes bien sûr."

 

Martin Chuzzlewit, Charles Dickens, dans la Pléiade, traduit par Françoise du Sorbier.

 

"Martin Chuzzlewit" est un gros roman de plus de mille pages, dans lequel il nous est dit que la famille Chuzzlewit, de tous temps, a arboré deux traits distinctifs : ses membres sont égoïstes et obstinés. Comme de coutume avec Charles Dickens, nous suivons de nombreux personnages et des situations variées, mais au stade de lecture où je suis arrivée (chapitre XXV), deux branches principales se disputent l'avancée de l'action avec un effet de suspens absolument insoutenable, quand l'une cède la place à l'autre au moment précis où quelque chose va survenir.

C'est ainsi que le jeune Martin Chuzzlewit, qui se refuse à porter les deux défauts familiaux (il n'est pas obstiné, dit-il, mais très ferme sur ses positions, le second adjectif il en ignore même le sens (même si son mot favori est "MOI") et quand on se montre gentil à son égard c'est parce qu'il est très attachant, se réjouit-il) est parti aux Etats-Unis faire fortune, et se retrouve actuellement complètement abattu et désespéré dans une colonie moribonde. Son grand-père, Martin Chuzzlewit "l'ancien", est quant à lui pour le moment chez les Pecksniff, où il se trompe du tout au tout sur absolument tout le monde.

Sylvère Monod, en préface de ce huitième tome de La Pléiade consacré à Dickens, nous dit qu'il a l'humour pour principal ingrédient : vous imaginez donc comme je bois du petit lait, et comme je suis reconnaisante à Keisha de me l'avoir prêté !

Les scènes avec les Pecksniff tiennent du vaudeville le plus pur (dans le bon sens du terme) et l'arrivée au Nouveau Monde du jeune Martin et du joyeux Mark me tient en haleine comme rarement.

Je suis donc momentanément indisponible :-D

 

 

Commentaires

J'aime découvrir chez toi tout ce que j'ignore de Dickens, merci ;)

Écrit par : Stephie | 12.05.2009

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Je découvre en même temps, Stéphie, j'ai eu un coup de foudre avec Dickens et il se confirme totalement plus je le lis :-D

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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Je n'avais jamais entendu parler de ce roman, je crois. Vu sa longueur, il prend un Pléiade en entier, c'est ça ? L'extrait que tu as retranscrit est juste parfait ! Je comprends que tu sois aux abonnés absents ;-) Régale-toi bien !

Écrit par : erzébeth | 12.05.2009

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Merci :-D

Non, alors avant tu as les Esquisses de Boz, qui sont des textes de jeunesse (dont certains (voire tous) étaient sous pseudo, "Boz", donc) mais je ne crois pas les lire, tout comme j'avais squizzé les récits de Noël de l'autre tome de La Pléiade.
Je n'aime que les romans :-D

Sinon moi non plus je n'avais jamais entendu parler de Martin Chuzzlewit, avant que Keisha en parle !

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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Argh je ne l'ai pas encore lu celui là.

Écrit par : Isil | 12.05.2009

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tu vas finir par me convaincre de lire dickens en urgence :)

Écrit par : amanda | 12.05.2009

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Isil : C'est une tragédie qu'il ne soit disponible en français que dans La Pléiade. Que font les éditeurs ?

Amanda : C'est merveilleux, Dickens, ça éclipse tout le reste ! ;o)

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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Il faudra aussi que tu lises "Un conte de deux villes", qui est édité sous un autre titre par les éditions de l'Aube (http://www.amazon.fr/Marquis-Saint-Evremont-Paris-Londres-1793/dp/2752604890/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1242114287&sr=8-1), et que tu dois sinon pouvoir trouver en occasion chez Folio. Tu vas sûrement pleurer à la fin, mais c'est pour la bonne cause, crois moi !

Sinon, je connaissais ce titre seulement de nom, tu me permets de prendre des idées pour quand je voudrais revenir à Dickens ;o)

Écrit par : Lilly | 12.05.2009

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Merci Lilly, je note fébrilement ! :-D

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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J'ai le souvenir d'avoir beaucoup ri aussi en lisant Les aventures de M Pickwick (The Pickwik's papers). Et qu'est-ce qu'on doit perdre à lire ça en traduction, en plus!

Écrit par : M agali | 12.05.2009

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C'est sûr, mais en même temps il faut un excellent niveau d'anglais pour lire Dickens en VO, il y a de nombreux niveaux de langage !

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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Je seconde Lilly... il faut lire "un conte de deux villes"! Je me suis transformée en fontaine à la fin!! Lire Dickens en VO, c'est un pur charme... mais ça demande du temps et de la concentration! Pour Martin Chuzzlewit, je ne l'ai pas - encore - lu, celui-là! En fait, j'en ai entendu parler pour la première fois dans "L'affaire Jane Eyre". Mais, comme la plupart des Dickens, il est sur ma liste!

Écrit par : Karine :) | 12.05.2009

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Je crois bien n'avoir jamais rien lu de Dickens sauf peut-être en version "abrégée" mais alors c'était avant mes 12 ans, ça ne compte pas !
Il faudra donc que je commence quelque part... j'hésite !

Écrit par : kathel | 12.05.2009

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Au sujet du suspense je te rappelle que Dickens faisait paraitre ses romans en feuilletons dans les journaux. C'était surement l'émeute à chaque nouvel arrivage... Oui, il sait arrêter sa narration au moment critique!
Tu n'as pas lu "Un conte de deux villes"? Aaah, encore des histoires d'amour heureux et malheureux, et en prime la révolution française vue par Dickens, avec les tricoteuses au pied de l'échafaud...
Et la petite Dorritt?
Bon, j'arrête...

Écrit par : keisha | 12.05.2009

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Keisha : Et c'est fou, quand on y songe, de développer des histoires comme ça sur des milliers de page en les publiant en feuilleton... Et que la construction se tienne jusqu'au bout, il faut vraiment du génie.
Le conte des deux villes va arriver dans ma boite aux lettres par la magie de Fashion, ah ah !! (J'ai trop de chance avec tous ces prêts formidables, moi !)
Pour la petite Dorritt on verra plus tard, j'en ai encore deux autres qui m'attendent sur ma table de nuit (Chroniques de Mudfog et Temps difficiles)

Kathel : Je connais trop mal encore Charles Dickens pour être en mesure de te conseiller sur le choix du premier roman à lire. Ma rencontre a eu lieu sur Bleak House, et ce fut magique !

Karine : Allons bon, je suis sûre que je serai fontaine moi-même !

****

C'est fou ce que les Etats-Unis en prennent pour leur grade dans Martin Chuzzlewit : la vache !

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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Ah mais je l'ai en Pléiade (en fait, je les ai tous en Pléiade) mais je me retiens de tout lire à la suite. Alors il est dans ma pile à lire, bien sagement en attente :-)

Écrit par : Isil | 12.05.2009

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Je ne sais pas comment tu fais pour réussir à attendre comme ça :-D

Écrit par : Cuné | 12.05.2009

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Bon c'est bientôt la fête des mères mais comment souffler à ma fille de 4 ans de dire à son père de m'acheter Martin Chuzzlewit en pléiade... Je risque de me retouver l'intégrale des Thibault...

Écrit par : freude | 13.05.2009

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:-D

Écrit par : Cuné | 13.05.2009

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J'avais entendu parler de ce roman-là de Dickens en lisant "L'affaire Jane Eyre". Bon, par contre, je te laisse Dickens pour le moment, et moi, je m'occupe de Zola. Mais je me régale à te le voir découvrir ! J'adore toujours quand on découvre un nouvel auteur et son œuvre !!! :-)

Écrit par : Caroline | 14.05.2009

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Je crois que je vais retenter L"affaire Jane Eyre parce que je suis trop curieuse de voir ce qu'il fait de Martin Chuzzlewit !

Ce roman ne possède pas la perfection (oui la perfection) de Blake House, il a des moments patauds et maladroits et je n'ai pas aimé l'épilogue (que rien n'annonçait vraiment, je veux dire, certains retournements sont incompréhensibles), mais j'ai vécu hors du temps pendant toute ma lecture !

Et puis il est drôle, ça oui, rempli de moments super marrants.

Écrit par : Cuné | 14.05.2009

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