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08.06.2009
La plage - Marie Hermanson
"Il y a des gens qui possèdent la clé de notre âme. Qui peuvent ouvrir des pièces que nous avons toujours eues en nous, mais auxquelles nous n'avons jamais accédé. "
Le roman donne alternativement la parole à deux jeunes femmes, Kristina et Ulrika. Pour la première, on se demande longtemps ce qu'elle vient faire là, quel est son rôle dans cette histoire, et on la raccroche sans arrêts à ceci ou cela, pour finalement ne comprendre que dans les dernières pages, et j'ai toujours adoré me faire berner comme ça.
Mais ce n'est pas du tout là l'intérêt de ce roman, que l'on vit tout entier à travers la vision d'Ulrika, et surtout ses souvenirs d'enfance qu'elle parvient à rendre à la fois incroyablement vivants et tout à fait nébuleux. On se meut comme dans une sorte de brume, comme si c'était nous qui nous souvenions de vives sensations mal intégrées dans une mémoire sélective.
Deux copines d'été, Ulrika et Anne-Marie, la première qui est baba d'admiration devant l'autre, qui aime tout chez elle, y compris sa famille. La brave copine qui est restée encore pas mal enfant (vers les 12-13 ans) alors qu'Anne-Marie est déjà femme et à l'aise dans sa relation aux autres. Celle qui est trop boulotte, incolore, qui est tout le temps là sans qu'on fasse jamais vraiment attention à elle, qui observe et ressent avec force les évènements... Je trouve que tout est d'une justesse implacable.
Un drame se produit, la petite soeur adoptée d'Anne-Marie disparaît pendant trois semaines, puis est retrouvée, comme si rien ne lui était arrivé, comme si elle avait été enlevée par les trolls, enlèvements qui dont devenus le sujet de la thèse d'Ulrika adulte (ethnologue)...
Voilà, ne pas en dire plus, et inviter les gens tentés par ce roman délicat et à la lisière de l'onirique à se le procurer très vite !
Ed. Le Serpent à Plumes, Juin 2009, 318 p.
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss
Titre original : Musselstranden
06:00 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : suède, autisme, enfance, fascination


Commentaires
Ecrit par : cathulu | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Lael | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Aifelle | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireLael, non, ce n'est pas énigmatique, c'est vaporeux :-D
Aifelle : Tu vas te régaler !
Ecrit par : Cuné | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Frisette | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Flo | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : pagesapages | 08.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 09.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : chiffonnette | 11.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 11.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : liliba | 19.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 20.06.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine :) | 29.06.2009
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