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21.07.2009
Les Mots des Autres - Clare Morrall
Ma lecture de "Couleurs" date de quelques années, et le souvenir qu'il m'en reste est plutôt mitigé, je n'avais pas adhéré au décalage de son héroïne. Avec "Les Mots des Autres", Clare Morrall emporte toute mon adhésion !
C'est l'histoire de Jess, à la quarantaine. Elle s'est concoctée une petite vie tranquille, remplie selon ses critères. Et au hasard des chapitres, on revient sur son enfance et sur les évènements marquants qui l'ont emmenée jusqu'à cet équilibre qu'elle semble avoir atteint.
Dis comme ça, évidemment, c'est d'un vague absolu. Mais c'est que je crois qu'entrer dans les détails ne rend pas service au roman, dans le sens où ils sont nombreux et tous importants. Cela ne donnerait qu'une accumulation de choses qui, exprimées par une plume maladroite (la mienne) feraient vous dire oh bof, ça a l'air chiant.
Or, ça ne l'est pas, mais alors pas du tout. C'est une ambiance ouatée, feutrée, et on sent tout du long que la narratrice interprète selon des critères qui ne sont pas communs : la "révélation" finale est décelée très tôt par le lecteur, et participe à ce léger décalage que l'on constate mais que l'on aime, et ça change tout.
On est loin de Lisbeth Salander, mais on est dans cet ordre-là. Et on se passionne pour Jess, son fils Joël, sa grande amie Mary, le cousin Philip ce monstre (même charmant une fois adulte, je le déteste !), la superbe demeure familiale et sa décrépitude, et la musique, que l'on ressent dans la moindre de nos fibres de lecteur absolument séduit.
Comment vit-on quand le monde vous reste étranger en permanence ? Les bons petits soldats ont à un moment droit au repos, et on savoure avec l'héroïne sa jouissance du silence final.
Je suis tombée en amour avec Jessica.
Ed. Fayard, 2009, 405 p.
Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier
Merci Cathulu !
06:00 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : autisme, solitude, famille, cocon ouaté


Commentaires
Écrit par : cathulu | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : amanda | 21.07.2009
Répondre à ce commentaire@ Cathulu : Oui, hein, on s'attache follement !
Écrit par : Cuné | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireJe dirai même : au contraire. Ton billet a quelque chose de clairement intriguant !
Écrit par : erzébeth | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : canel | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Mango | 21.07.2009
Répondre à ce commentaireCanel : une bonne trentaine, c'est une PAL idéale ! :-D
Caro : Mais papote, papote, je n'ai rien contre ! :-D
Erzébeth : Ce n'est pas un roman intriguant, attention, c'est très doux et subtil.
Écrit par : Cuné | 22.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Neriel | 22.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Laure | 22.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 22.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Theoma | 23.07.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : liliba | 26.07.2009
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