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07.09.2009

L'étoile rouge et le poète - Alicia Dujovne-Ortiz

africa.jpg"Avec la complicité d'une réalité plus folle que toutes les fictions" nous dit la 4° de couv, Alicia Dujovne-Ortiz nous raconte l'histoire d'Africa de las Heras. Le roman débute lors de la rencontre avec Felisberto, écrivain urugayen, qu'elle est chargée de séduire, épouser et suivre à Montevidéo; Car Africa est une espionne, qui a fait la guerre d'Espagne, a été la secrétaire de Trostsky , et est un bon élément du NKVD. D'une manière un peu brouillonne mais qui a le charme de la foison, on apprend le passé au fil des pages, on mesure ce qu'a été la vie de cette femme.

C'est Oleg qui donne les ordres directs à Africa, par le truchement de messages radio codés. Elle l'a croisé lors de sa jeunesse, n'a absolument pas fait attention à lui, mais lui en est amoureux fou. Il tient un journal en espagnol où il ouvre son coeur, et nous permet également d'élever un peu notre regard : "Le Parti a toujours raison. Je le dis avec ironie, [...] mais aussi avec tout mon coeur. Cette contradiction dessine notre portrait. Une contradiction qu'Africa ne connaît pas. Cela veut-il dire que nous l'avons déshumanisée ? Cela m'atterre, mais c'est exact : ne pouvant envisager plusieurs strates simultanées, elle est devenue moins humaine qu'elle n'était."

Pour autant, je me garderais bien d'esquisser un portrait rapide de cette femme absolument hors du commun. La plume de l'auteure lui confère une stature que tous les mots dépréciateurs ne sauraient abîmer. Pas très intelligente, pas intellectuelle, primaire ? Mais d'une présence qui explose à travers les pages, une relation avec Felisberto qui ne sera pas au final un simulacre, même si d'amour il n'est pas question et si elle nous dit elle-même qu'une bonne espionne doit croire en son rôle.

"Savoir, de toute façon, c'était participer. Selon les calculs de Valentino, vingt millions de personnes sont mortes sous l'ère stalinienne" nous dit l'un. "Mais vous vous rendez compte, se demandent-ils les uns aux autres pour la énième fois, que cette femme a tout traversé sans une égratignure, ni physique ni morale? Intacte ?" La vérité est à lire dans ces 244 pages qui se payent le luxe de contenir, en plus, beaucoup d'humour.

 

Ed. Métailié, août 2009, 244 p.

Traduit de l'espagnol (Argentine) par Claude de Frayssinet

Titre original : La muneca rusa

 

Esmeraldae trouve qu'il manque un petit quelque chose, Essel que ça se lit sans déplaisir.

Commentaires

Pas-du-tout pour moi.
En revanche, il me tarde que tu nous en dises plus sur "David Copperfield" !

Ecrit par : erzébeth | 07.09.2009

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Suis en plein dedans, je viens de passer les 500 pages et je crois bien que ça va être mon Dickens préféré.... Une merveille !

Ecrit par : Cuné | 07.09.2009

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Je passe mon tour. Je crois que ça ne va pas m'intéresser.

Ecrit par : béné | 07.09.2009

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tiens c'est nouveau la catégorie bien bien ?! rha si tu changes tout le temps je me perds :-) heureusement il reste les merveilles et les bof, ça je comprends ;-)

Ecrit par : Laure | 07.09.2009

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Oui c'est pour "appuyer"... Mieux que "pas mal" mais moins bien que "vraiment très bien"... "Bien bien" quoi, on peut acheter ;o))
(Je m'amuse avec très peu, tu sais.... :))

Ecrit par : Cuné | 07.09.2009

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La vie d'une espionne, ce n'est pas si courant! Belle couverture, je trouve! je lirai à l'occasion!

Ecrit par : Mango | 07.09.2009

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Je trouve aussi :)

Ecrit par : Cuné | 07.09.2009

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