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26.08.2009
Assez parlé d'amour - Hervé Le Tellier

Deux femmes, la quarantaine, épanouies dans leur métier et dans leur vie privée, tombent foudroyées d'amour pour un autre homme que leur mari : histoire de ces romances parisiennes...
J'ai rencontré Hervé Le Tellier il y a quelques années au travers de son livre "Inukshuk, l'homme debout", et puis je ne l'avais jamais relu. Est-ce que comme son personnage d'Yves Janvier, il aurait des lecteurs, mais pas encore rencontré son public ? Souhaitons-lui que ce passage chez JC Lattès lui en offre une possibilité.
Parce que ce roman est vraiment délicieux, en bon membre de l'Oulipo Hervé Le Tellier joue avec les contraintes et les mots (j'ai pensé à Jacques Jouet, parfois), mais jamais au détriment de son histoire, bien au contraire. Le fait est que j'ai vraiment cru à chaque personnage, parié sur la longévité des couples formés (et gagné !) et beaucoup aimé les différentes mises en page proposées, ainsi la note de bas de page pour l'histoire drôle juive "l'alternative", les clichés refusés (il marche sur de la glace fine, ça a quand même une autre gueule que sur des oeufs !), l'origine du mot bistro, l'idée de la structure des Dominos Abkhazes pour le roman, et puis cette petite phrase que je ne retrouve pas mais qui disait à peu près, dans la bouche du psychanalyste-psychiatre "Tu es folle, quel bonheur, j'ai toujours rêvé d'emmener du travail à la maison" à la femme de sa vie...).
(Et puis quelle horreur cette tache de Fuchs, la grande myope que je suis a tremblé.)
"Yves est écrivain, puisqu'il ne pourrait écrire sans honte "infinie tendresse", "fusiller du regard", ou "éperdument amoureux". De temps à autre, "sommeil pesant", "traverser l'existence", "griffonner à la hâte", lui échappent. Décelant le cliché après publication, il s'en désole. Il place souvent des virgules inutiles, aussi, qu'il extermine ensuite impitoyablement. Il a trop lu pour ne pas savoir qu'écrire bien, c'est écrire mal, comme disait l'autre. Il voudrait que toute phrase lui échappe, le surprenne, que cette surprise ne s'affadisse jamais."
Yves, je ne sais pas, mais Hervé en l'occurrence m'a offert ici quelques heures de lecture tout à fait enchantées.
Ed. JC Lattès, août 2009, 280 p.
06:00 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : oulipo, travail de la langue, jeu, histoires d'amour croisées, quarantaine, paris


Commentaires
Écrit par : cathulu | 26.08.2009
Répondre à ce commentaireJ'aime bien l'extrait que tu cites, même si j'ai une sainte horreur de l'expression "comme disait l'autre", que je trouve pédante (elle a un côté 'je ne vais pas dire son nom, tout le monde le sait, ahah', alors qu'en général, moi, je ne le sais pas ;-) )
Écrit par : erzébeth | 26.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : alain | 26.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : elou | 26.08.2009
Répondre à ce commentaireSinon je trouve qu'Erzébeth a des lectures bien sérieuses ! ;)
Écrit par : levraoueg | 26.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : erzébeth | 27.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 28.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 29.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 29.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 29.08.2009
Répondre à ce commentaireC'est ce qu'il y a de terrible avec les clichés : si on les dépose distraitement, ils ne dérangent personne. Dés qu'on les remplace par autre chose, ils paraissent biscornus.
Écrit par : Georges F. | 29.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 30.08.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 02.09.2009
Répondre à ce commentaireMais je n'ai pas aimé ce choix de décrire l'histoire de deux trios aussi semblables, ni la façon dont s'est fait. J'ai trouvé ça trop complaisant, très petit milieu mondain parisien. A mon avis, ce n'est pas un livre qui restera dans l'Histoire.
Ca fait un peu penser au cinéma français, même genre de personnage et d'histoire, mais on dit que souvent ce type de film repose sur la performance des acteurs, et là, malheureusement, il n'y a pas d'acteurs.
Écrit par : AnnaKa | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : AnnaKa | 25.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Corinne | 09.11.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 09.11.2009
Répondre à ce commentaireMoi j'ai aimé ce livre, le fait que les histoires de ces deux femmes soient semblables ne m'a pas gêné, au contraire je trouve que tout est dans la nuance, et j'ai apprécié de voir ces rôles parallèles se séparer et se rejoindre, et les infinies subtilités entre les deux.
On peut en effet trouver l'écriture froide, mais je préfère ça à une écriture démonstratrice
Noann
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Écrit par : noann | 12.02.2010
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