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18.09.2009
Charles Dickens - Peter Ackroyd (1)

Vous le savez, vous l'avez lu partout, je l'ait dit, c'est connu, Peter Ackroyd a acquis avec son Dickens la totale célébrité. Il a écrit une véritable brique (1199 pages, grand format) qui est un enchantement de bout en bout, qui vous prend à bras le corps (et vous muscle les bras) et qui vous raconte qui était Charles Dickens en long, en large et en travers.
(On ne se rend pas bien compte sur les photos, mais ce pavé fait deux fois la taille d'un livre broché, et je dirais 3 fois son poids !)
C'est tellement BON, que je ressens le besoin d'y aller par petits morceaux, et de vous raconter au fur et à mesure.
Je viens de lire les six premiers chapitres, allant de 1812 à 1833 (plus une introduction de Sylvère Monod, le traducteur, lui aussi spécialiste de Dickens), une préface, un prologue; tout ceci parle tellement bien de Charles Dickens qu'on en voudrait encore, c'est dire. Voici ce que j'ai appris, en vrac comme d'habitude :
Sa grand-mère était une excellente conteuse, sa mère était très gaie, douée pour "la mimique, le pathétique et la comédie". "Dickens devait à sa mère une part de ses dons d'observation et de sa curiosité, et à son père une part de sa rhétorique et de sa grandiloquence."
Sa mère fut son premier professeur, lui apprit à lire et le latin. Il était, comme elle dans une moindre mesure, doué d'une mémoire exceptionnelle qu'on qualifierait peut-être de nos jours d'obsessionnelle; quand il entrait dans une pièce, il en mémorisait en un instant l'ensemble des détails, capable de les restituer des années plus tard.
Il a aimé les mots dès l'abécédaire, ils ont toujours été pour lui comme vivants. "Sombrer" par exemple, l'a beaucoup impressionné (il a toujours vécu au bord de l'eau), et plus tard "se faire défoncer" l'a longuement interrogé.
"Compte-tenu du fait que Dickens peut être considéré comme ayant créé presque à lui tout seul l'idée moderne de Noël, il est intéressant de noter qu'il neigera pour Noël pendant les huit premières années de sa vie; c'est ainsi que la réalité existe parfois bel et bien avant son image."
Enfant, il lisait avec passion, et de cette manière (rapportée par Mary Weller) : "[...] assis, avec son livre dans la main gauche, le poignet soutenu par la droite, qu'il remuait sans arrêt de bas en haut, tout en s'humectant les lèvres."
C'était un enfant dont tous gardent un souvenir gai et sociable, mais qui se croyait solitaire et faible (et on l'appelait "Charley", beurk).
La maladie qui défigure Esther Sommerson dans La maison d'âpre-vent est la variole (dont sa soeur Harriett décéda en 1822). (Je dis ça parce que personne n'avait jamais répondu à ma question, méchants que vous êtes).
Dans son essai "L'égaré", il dit avoir été un enfant perdu et solitaire, mais "inspiré par une solide foi dans le caractère merveilleux de toute chose". "On disait souvent que j'étais un enfant bizarre, et je pense que c'était vrai."
A douze ans il doit travailler, son père est en prison pour dettes. Depuis toujours, et jusqu'à la fin, sa famille déménage sans cesse, expulsée, harcelée par les débiteurs. Il en sera profondément traumatisé. "Ne jamais se montrer tel qu'il était vraiment, ni exprimer ce qu'il ressentait, est un trait remarquable de cet homme qui semble tellement ouvert à tous les sentiments du monde dans ses romans. Il fut toujours un homme réticent et renfermé; ses enfants le savaient, et son ami le plus intime aussi."
Et puis en 1825 c'est l'éclaircie : il a surmonté les épreuves, il reprend l'école (pour deux ans), il est animé d'un entrain exceptionnel. Sa scolarité est moyenne, "Ses camarades de classe, presque sans exception, déclarent qu'à aucun moment le jeune Charles Dickens ne donna le moindre signe du talent ou du génie qu'il devait révéler plus tard. C'était simplement un garçon joyeux et espiègle comme beaucoup d'autres."
Néanmoins, quand il décide d'apprendre la sténographie, ce que font les autres habituellement en 3 ans, il la domine en trois mois.
Commence alors sa vie active....
A suivre
(Et bien évidemment tout ceci est mis en situation, en relation avec le reste de sa vie, décortiqué et réfléchi, il faut vraiment vraiment lire cette biographie !)
06:00 Publié dans Autour de Charles Dickens | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la biographie ultime


Trackbacks
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Commentaires
Et comme tous tes billets autour de "Charley" :), j'adore!
Ecrit par : fashion | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : cathulu | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Suzanne | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEncore une fois, ton billet est vraiment alléchant; déguste bien la suite, savoure, et raconte-nous encore, on ne s'en lasse pas !
Ecrit par : erzébeth | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireREDOUTABLE
Ecrit par : Dominique | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireBon d'accord, aujourd'hui j'ai la prime du commentaire le plus futil mais j'avais très envie de l'écrire(j'me rattraperai une prochaine fois).
Ecrit par : Bauchette | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Melanie B | 18.09.2009
Répondre à ce commentaire@ Bauchette : Je te confirme que ce fauteuil est parfait pour y lire ;o)
@ Tout le monde : Je suis toujours heureuse de faire passer un petit quelque chose de ma passion pour Dickens... Ce livre n'est plus édité, mais on le trouve d'occasion, je l'ai payé 20 euros (en Belgique), et c'est un achat qu'on ne peut absolument pas regretter :)
Une fois terminé, je le prêterais volontiers, mais faudra venir le chercher :)
Ecrit par : Cuné | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Flo | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Melanie B | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireCe livre m'a l'air incontournable pour bien profiter de la lecture de ses romans. Et si Sylvère Monod est de la partie...
Ecrit par : keisha | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Karine:) | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Isil | 18.09.2009
Répondre à ce commentaire(A quand le Cuné's Dickens Challenge ?)
Ecrit par : papillon | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Bouh | 18.09.2009
Répondre à ce commentaire@ Papillon : Bizarrement, je n'aime pas les challenges :)
@ Isil : Si tu veux qu'on le lise conjointement, c'est now or never !! :)
@ Karine : Moi je pensais à la petite vérole. En même temps, j'ignore ce que c'est exactement ;o)
@ Keisha : Tu as fait rire mon fils ;o)
@ Mel b : Oh ben merci !
@ Flo : Excellente idée :)
Ecrit par : Cuné | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Leyla | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Papillon | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireDans "Manituana" de Wu Ming on assiste à une épidémie de variole et c'est effectivement assez terrifiant !
Ecrit par : Papillon | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Theoma | 18.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Ankya | 19.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : dominique boudou | 19.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 19.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : mary | 20.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 20.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : yueyin | 20.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : fashion | 20.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Isil | 20.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 20.09.2009
Répondre à ce commentairedommage.
Ecrit par : La marmotte | 21.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 21.09.2009
Répondre à ce commentaireDu même auteur j'ai récemment trouvé "le golem de Londres" dans une brocante, que je pense lire bientôt. J'avais lu un autre roman sympa autour de Shakespeare (sans être un coup de coeur).
Ecrit par : Lou | 22.09.2009
Répondre à ce commentaireEcrit par : Cuné | 22.09.2009
Répondre à ce commentaireRosario (en espagnol, c'est un prénom féminin et d'une grande banalité !)
Ecrit par : Rosario | 17.05.2010
Répondre à ce commentaireMoi aussi je l'ai cherché longtemps, ce Dickens d'Ackroyd, et j'ai beaucoup couiné en le recevant enfin !
Et puis j'adore l'idée que mon blog fait vendre... des livres plus édités, ah ah ah :))))
Vous allez avoir des heures de bonheur total, cette biographie est excellente de bout en bout. (Je ne l'ai toujours pas terminée, je la déguste par chapitres).
Ecrit par : Cuné | 17.05.2010
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