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24.09.2009
L'Attente du soir - Tatiana Arfel
"Tous portaient un visage lissé par l'onguent de l'habitude, qui racle les espoirs d'un autre quotidien"

Grand coup de coeur pour ce roman, qui m'a mouillé les yeux plus d'une fois (qui m'a mise en état transparent :)).
Trois personnages qui prennent la parole tour à tour, trois êtres abîmés mais qu'on sait sortis d'affaire, puisqu'ils se racontent à postériori.
Giacomo est un nomade, un vrai, de ceux qui ont l'appel de la route et du cirque chevillé à l'âme. La femme grise est une autiste par carence, c'est-à-dire que ses parents ne l'ont jamais regardée; elle ne se considère donc pas comme regardable. Et le môme, enfin, est à l'état brut, entièrement livré à lui-même et totalement sauvage. Tour à tour (et parfois en décalage), chacun nous raconte un petit morceau de sa vie, chronologiquement.
J'ai été bouleversée par ce roman, parce qu'il représente tout ce qui m'a fortement marquée durant l'enfance, et à ce titre, je l'ai lu sans défenses, entièrement ouverte et offerte. Quand on parle de cirque, c'est celui de Sous le plus grand chapiteau du monde; le môme est comme un Johnny Weissmuller dans Tarzan le mardi soir. Et la femme grise, enfin, cristallise le renoncement ultime à l'espoir, le détachement suprême que l'on recherche parfois, sans savoir (et en le constatant, là) comme c'est un état non enviable, comme il est précieux de ressentir, ne serait-ce que de la souffrance. Il y a de plus tout au long cette notion du mythe de Sisyphe, ce côté travail incessant et inlassable qui a lui aussi son aspect fascinant. Et puis de la poésie, et puis des couleurs...
A mon sens la dernière partie n'apporte rien, sinon de mettre en mots ce qu'on avait déjà largement lu entre les lignes dans les deux premières.
Mais quand même, une réelle magie se dégage de ces histoires croisées, un sens délicat et feutré, une grande douceur, des univers riches et plein de sens, une émotion profonde qui court, se pose, se repose, reprend, chemine... Collection Merveilleux ? Le bon endroit.
Ed. José Corti, collection Merveilleux, 2009, 325 p.
Coup de coeur partagé par : Caro[line], Lily, Anne, Dominique, Michel, Keisha, JLK,
17:40 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : coup de coeur, grosses larmes, émotion vive


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Commentaires
Écrit par : sylire | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireEt puis parce que "sous le plus grand chapiteau du monde" (ah.... ce film....)
et puis parce que.... Tarzan, le mardi soir (je cherche les dvd pour que fifille connaisse)
bref, je pousse mon cri de jungle et je dis que je veux le lire :)
Écrit par : amanda | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Flo | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireJe le note, d'autant que l'extrait, qui ne fait pourtant que deux lignes, m'a mis un peu plus l'eau à la bouche... Merci :)
Écrit par : Reka | 24.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 25.09.2009
Répondre à ce commentaireA tous : lisez le!!!
Écrit par : keisha | 25.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 25.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : béné | 25.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 27.09.2009
Répondre à ce commentaireQuant à moi, même s'il m'arrive d'être très émue par des livres, ce n'est jamais jusqu'aux larmes. je me demande pourquoi...
Écrit par : Géraldine | 28.09.2009
Répondre à ce commentaireL'état transparent, c'est ce que ressent le môme, qui n'a eu aucune espèce d'éducation, qui a grandi seul, quand il est triste. Déjà il met des années à pleurer, et quand il y parvient, lui qui s'est construit un code émotionnel relatif aux couleurs, il n'en trouve pas pour "ranger" ce qu'il ressent. Alors ses larmes tombant sur une flaque, ça donne pour lui le transparent... C'est beau, non ? :)
Écrit par : Cuné | 30.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : yueyin | 30.09.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 01.10.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 04.10.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 06.10.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 06.10.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 06.10.2009
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Caro[line] | 06.10.2009
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