« Le festin d'Alice - Colin Thibert | Page d'accueil | La Petite Dorrit - Charles Dickens »

07.10.2009

Charles Dickens - Peter Ackroyd (3)

1er billet : ICI

2ème billet : LA

 

Dans le chapitre 12, intitulé "Surproduction et surmenage", un fort vilain portrait, établi par Eleanor Christian, amie de la famille, qui passa des vacances près de la mer chez Charles Dickens : il y est décrit comme très versatile, trop exubérant, il lui fait parfois horriblement peur, "il est tellement bizarre".

A propos de la mentalité victorienne : "Les gens qui se font une certaine idée du mâle victorien comme un être dont la "virilité" a quelque chose de conventionnel et presque de brutal seront surpris de découvrir avec quelle facilité tous ces hommes pleuraient sur le destin d'une héroïne fictive. Ce n'est pourtant pas étrange. Ces manifestations non déguisées d'émotion n'étaient pas rares; les hommes se promenaient en se donnant le bras s'ils en avaient envie, et les théâtres étaient emplis de gens qui pleuraient sans embarras. Au cours de cette période, tous les indices montrent que les sentiments affichés, même violents, étaient considérés comme un aspect du jugement moral; qu'il s'agît du théâtre populaire de l'époque ou même du style des reportages dans la presse, l'émotion était sans aucun doute tenue pour un témoignage de sincérité, et non pour le véhicule d'on ne sait quelle sentimentalité complaisante."

"Pour sa part, Dickens pleurait peu, et encore seulement quand il lisait des livres ou assistait à des pièces de théâtre. "Je commence invariablement à pleurer chaque fois que sur la scène quelqu'un pardonne à un ennemi ou fait don de son porte-feuille", déclara-t-il un jour, indiquant ainsi combien il était ému par la générosité théâtrale. Elle lui rappelait peut-être ses aspirations et ses souhaits d'enfant. On le voyait parfois pleurer en écoutant des chansons romantiques populaires, ou devant certains épisodes décrits dans des romans. Mais c'est tout. Edmund Yates, qui devient son collaborateur plus tard, dit qu'il "n'était à aucun égard un homme émotif" et, même s'il pleurait au théâtre, il n'était pas particulièrement ému par des lieux réels ou des personnes réelles."

A propos de la médecine victorienne, un passage abominafreux racontant l'opération d'une fistule anale de Dickens, sans aucun anesthésique. Trois jours après, étendu, il écrit déjà, et des chapitres comiques. Incroyable.

Mais il faut que je fasse une pause dans cette biographie extraorveilleuse, car j'aimerais avoir lu encore quelques romans de Dickens avant de poursuivre, histoire de bien comprendre toutes les allusions aux différents personnages.

La suite au prochain épisode ! :)

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://www.cuneipage.com/trackback/2397323

Commentaires

Ah voilà, c'est quand même une biographie qui nécessite une bonne connaissance de l'œuvre dickensienne... (je n'y arriverai jamais)
C'est drôle, ces hommes qui pleurent face à des événements fictifs et qui gardent leur sang-froid dans la réalité...

Et j'espère qu'on ne va pas te couper internet de suite, non non, je veux encore des billets cabourgeais !! ;-)
(sérieusement : bon courage à ta famille, et à toi ! Je suis solidaire face aux cartons que tu dois confectionner à longueur de temps...)

Écrit par : erzébeth | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Tu me fais très très envie à chaque fois que je lis un de tes billets sur Dickens (ah bravo, hein!) Je vais me procurer cette biographie :) et redonner sa chance à Charles (j'adore son prénom, il commence bien déjà)

Écrit par : Ofelia | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

@ Ofelia : En fait non, vraiment, cette bio peut se lire comme un roman et sans connaître tous ceux de Dickens, c'est juste que je préfère savoir de qui on parle quand on évoque Dorrit etc. (ceux que je n'ai pas encore lu, quoi). Mais je suis une maniaque du détail, puisses-tu être épargnée de ce fléau :)
(Pour la connexion je préfère largement la perdre maintenant que j'ai mille choses à faire, que de l'attendre une fois installés !)

@ Ofelia : C'est un très beau prénom, en effet :)
(Rien à vois : hier soir j'ai regardé Daemonicus, épisode de la saison 9, j'ai eu peur ! Très bien filmé, très effrayant !)

Écrit par : Cuné | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

En rapport avec ton Blog It du jour : bon courage pour la migration !

Écrit par : In Cold Blog | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Merci, oui, tout peut arriver ^^
(Et franchement, les cartons c'est fun à côté de toutes les tracasseries administratives)

Écrit par : Cuné | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Mais c'est que tu vas nous manquer... Bon courage pour ton déménagement.

Écrit par : Bauchette | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

A ce stade, ce n'est plus de la lecture, c'est de la dégustation! Voici une nouvelle facette de Dickens, sensible et courageux! Quel homme complexe!
Bon courage pour les jours qui viennent, Cuné!

Écrit par : Mango | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Ouh le joli lapsus! Tu as mis Ofelia à la place d'Erzébeth ;)
J'en suis aux épisodes où Mulder is back (et tout cabossé) J'avais oublié tous les épisodes gores de la saison 8, j'étais toute contente de pousser des ooh, aaah, beeerk, ouille, nooon, devant mon écran.

Écrit par : Ofelia | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Tiens c'est vrai, lapsus !! :)

Merci Bauchette et Mango !

Écrit par : Cuné | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

C'est toi qui m'a convaincue de lire cette bio et franchement c'est du bon, de l'excellent!!! Avant je me demandais pourquoi tu coupais les billets, mais je comprends. Je n'arrête pas de noter les passages à partager...Je réfléchis à un compte rendu, en épisodes à la Dickens ou pas?Je verrai.
J'en suis au passage sur Martin Chuzzlewit, génial quand on a lu le livre, et comme ensuite il est question de romans que je ne connais pas tous, cela va être plus délicat; il faudrait dans l'idéal que je lise deux ou trois Dickens avant...et que je réemprunte le livre d'Ackroyd ensuite.
Quand même j'ai lu dans les huit romans de Dickens, et je pense qu'il est mieux d'avoir lu (un peu) les romans avant pour profiter de cette bio.
Ma PAL te dit merci. :)

Écrit par : keisha | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

moi aussi , ça me dit mais comme je n'ai pas lu tout Dickens, j'ai peur de ne pas y prendre autant de plaisir que toi.

Écrit par : valérie | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Dickens était le roi de la publication en feuilleton qui tenait son public en haleine, j'ai l'impression que tu pousses le mimétisme jusqu'à ressembler à Dickens, on est là à baver d'envie de connaitre la fin de cette bio et savoir si elle tient ses promesses jusqu'au bout

Écrit par : Dominique | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Ah ah mais ce n'est pas ça, c'est juste que j'ai choisi dès le départ, foudroyée d'amour pour Bleak House, de créer une catégorie à part entière consacrée à Dickens, pour m'éviter le côté "je lis un livre et quand je l'ai terminé, j'en parle" justement, pour dire ce qui me vient à l'esprit au moment même où j'en ai envie, à son sujet :)

Écrit par : Cuné | 07.10.2009

Répondre à ce commentaire

Je vois qu'on partage le même amour de la lecture et des livres... Je découvre votre blog avec plaisir!
Marc

Écrit par : Marc | 09.10.2009

Répondre à ce commentaire

Merci Marc ! La réciproque est vraie :)

Écrit par : Cuné | 09.10.2009

Répondre à ce commentaire

Bravo pour cet article, un blog bien organisé

Écrit par : kim | 11.10.2009

Répondre à ce commentaire

Ce n'est pas du Dickens hélas, mais peut être que ça te plaira tout de même. Et ce n'est pas sur youtube, ça va peut être rester en ligne un peu plus longtemps : http://www.wisevid.com/view_video.php?viewkey=f66fhlm1isbkbau80808# (EMMA, episode 1, BBC 2009)

Écrit par : camille la it girl | 11.10.2009

Répondre à ce commentaire

OooooooooooooooOOOOh, génial, merci beaucoup, Camille !!! :)

Écrit par : Cuné | 11.10.2009

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire