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27.10.2009

Dombey et fils - Charles Dickens

"Elle s'adonna à la mélancolie, le meilleur marché et le plus accessible des luxes, jusqu'au moment où le sommeil la prit."

"Dombey et fils" raconte l'histoire d'une famille, les Dombey. Le père est un riche homme d'affaires, que l'orgueil étouffe et contraint à la rigidité en tous moments de sa vie; la mère décède en donnant la vie au petit Paul; ce dernier est destiné à occuper le "& fils" qui se transmet de génération en génération, aussi la soeur aînée, Florence, est-elle totalement ignorée. Paul meurt dramatiquement, le père se remarie avec une intrigante qui a des états d'âme, et Florence est toujours quantité négligeable (pour son père, car sinon tout le monde l'adore). Puis le malheur s'abat encore, la nouvelle épouse s'enfuit (avec le bras droit ! Coup fatal !) et Mr Dombey se met à haïr Florence, qui s'enfuit alors elle aussi (pour trouver l'amour, ça va). Agé, ruiné et solitaire, il se rend alors compte de la perle qu'est sa fille et tout finit bien, dans un salut final.

"Dombey et fils" ne compte pas parmi les meilleurs romans de Dickens, il est souvent lourd de tension dramatique martelée ou exagérément primesautier, avec un comique de l'absurde clinquant. en ce qui concerne le père, c'est clair, on le méprise dès le départ, mais il est difficile de s'attacher à Florence qui a peu de consistance, et qui accepte tout avec une placidité de sainte peu séduisante. Dickens avait été très ébranlé en écrivant la mort du petit Paul (alors à Paris, en hiver, il avait ensuite passé toute la nuit à marcher dans les rues) mais elle arrive trop tôt pour que le lecteur (moderne j'entends, j'ignore comment cela pouvait être ressenti au 19°) en soit réellement touché.

Ce qui "sauve" tout, c'est, comme dans tous les romans de Dickens, la qualité des personnages secondaires, qui sont nombreux et géniaux. Il réussit à faire passer en un Bagstock tous les flatteurs hypocrites et intéressés, ou en un capitaine Cuttle toute la bravoure des gens simples et exentriques. Il sait comme personne magnifier les petits, les perdants, les simples. Et puis l'humour, toujours.

Dans le personnage du petit Paul, j'ai retrouvé beaucoup de l'enfant qu'avait été Dickens, tel que le décrit Peter Ackroyd dans sa merveilleuse biographie :

"La seule différence fut qu'il gardait sa personnalité pour lui seul. Il devenait tous les jours plus réservé et plus pensif; il ne manifestait, envers aucun membre vivant de la maisonnée du docteur, une curiosité analogue à celle qu'il avait ressentie au sujet de Mme Pipchin; il aimait à être seul. Dans les brefs moments où il n'était pas plongé dans ses livres, il n'aimait rien tant que d'errer, solitaire, par la maison, ou de rester assis sur les marches de l'escalier, à écouter la grande horloge du vestibule. Il était intime avec toutes les tapisseries, il voyait dans leurs dessins des choses que personne n'apercevait, découvrait des tigres et des lions en miniature qui escaladaient les murs de la chambre à coucher, et des visages qui louchaient et regardaient méchamment dans les carrés et les losanges de la carpette.

Cet enfant solitaire vivait entouré des arabesques de son imagination et personne ne le comprenait. Mme Blimber le trouvait "drôle" et parfois les domestiques se disaient entre eux que le petit Dombey "broyait du noir"; mais cela n'allait pas plus loin."

Sans doute est-ce la raison du coup ressenti par Dickens en donnant la mort à ce personnage...


Ed. Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (volume II consacré à Dickens), 1956, environ 1000 pages. (écrit en 1846 par CD)

Traduction faite par Georges Connes sous la direction de Léon Lemonnier et complétée par Francis Ledoux

Introduction et notes de Pierre Leyris


Un grand merci à Fashion pour le prêt !


(Cathulu, un personnage adore les vaches et il y a même un chien ;o))

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Commentaires

Tu as compris, Cathulu ? Ce livre est pour toi ! ;-)
J'aime beaucoup les extraits que tu nous offres. L'impression de boire du petit lait.

Et j'espère que la bibliothèque sera à ton goût ! :)

Écrit par : erzébeth | 27.10.2009

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Bonne inscription à la bibli! ;)

Écrit par : fashion | 27.10.2009

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@ Erzébeth : Sur ton avatar c'est donc du petit lait que tu bois ? ;o))

@ Fashion : Merci ! Mr Dombey est reparti vers toi ! :)

Écrit par : Cuné | 27.10.2009

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C'est celui qui me tente le moins dans les Dickens, je pense... Et ton avis me dit que je peux attendre encore un peu, j'en ai d'autres à découvrir avant!

Écrit par : Karine:) | 27.10.2009

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Cuné tu es infatigable mais tout le plaisir est pour nous, je continue ma collecte des billets sur dickens car je sais que j'y viendrai un jour ou l'autre

Écrit par : Dominique | 27.10.2009

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@ Karine : Oui, il n'y a aucune urgence à lire celui-ci, même si, quand même, c'est du Dickens, et comme dit Isil, il reste toujours au-dessus du lot :)

@ Dominique : Merci, mais sur celui-ci j'ai été fatiguée, si, j'ai mis un temps fou à le lire (bon j'ai eu 2, 3 trucs à faire en même temps, disons ;o))

Écrit par : Cuné | 27.10.2009

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Ah la mort du petit Paul!!! Et Ackroyd a même compté le nombre de fois où pleure Florence dans ce roman semble-t-il très lacrymal ... les victoriens n'étaient pas du genre à se retenir!
Bon, je le lirai, en son temps.

Écrit par : keisha | 28.10.2009

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