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20.12.2009

Typhon - Joseph Conrad

Dans un bon roman dont je parlerai en janvier, je suis tombée sur un personnage qui avait pour habitude de toujours relire Typhonconrad.jpg (134 p.) lorsqu'il passait la nuit dans un hôtel. C'est typiquement le genre de détail qui me reste gravé, et il m'a fallu à mon tour lire ce Typhon toutes affaires cessantes : quel choc.

D'abord parce que le roman est excellent, nous plongeant corps et âme sur le vapeur Nan-Shan aux côtés du capitaine MacWhirr, de son second Jukes et du chef mécanicien Rout alors qu'ils affrontent un typhon en mer de Chine.

Ensuite parce que justement, ça faisait longtemps que l'excellence indubitable d'un roman ne s'était pas imposée à moi comme ça, dès les premiers et jusqu'aux derniers mots, une construction, un humour subtil, un suspens, des personnages qui crèvent les pages, des éléments déchaînés et faramineux, une ampleur en toute chose, servis par une concision remarquable.

Mais également parce que la postafe de l'édition Autrement (1998) est signée Sylvère Monod, que j'associe fortement à Dickens, et dont la plume est tellement pédagogue et complète qu'il m'est ensuite impossible d'ajouter quoi que ce soit. Quand Sylvère Monod décide de parler de quelqu'un ou de quelque chose, on a envie de le recopier mot pour mot et en totalité, tant il donne à percevoir tous les aspects importants et surtout - surtout -  tant il donne envie de lire ce dont il parle.

Je retrouve en fait ces coïncidences livresques que j'aime tant, ouvrir un livre sur le conseil d'un autre et tomber sur une plume que j'apprécie pour ce qu'elle a écrit d'encore un autre auteur... Tout est lié.

Je conseille donc fortement de lire ce court roman de Conrad, pour le laisser ensuite cheminer tranquillement en soi. Je ne sais pas  encore ce que je pense de MacWhirr, il m'a impressionnée par sa solidité tranquille et l'évident bon sens de la plus stupide de ses réflexions : si les livres conseillent d'éviter par tous moyens une tempête, il ne faut pas les suivre, car comment en appréhender la réalité si on l'évite ?

A méditer de préférence bien à l'abri.

Traduction de Odette Lamolle (Sylvère Monod dit : "Un fait important concernant la fortune française de ce récit en est le choix qu'en fit André Gide lorsqu'il voulut devenir traducteur de l'anglais. Choix singulier de la part d'un écrivain qui connaissait imparfaitement l'anglais et très mal la mer; il donna néanmoins naissance à une oeuvre de haute qualité littéraire, qui a longtemps - peut-être trop longtemps - détourné les traducteurs de s'attaquer au même livre.")

 

Lu également par : Calepin, Gangoueus, Lilly, Pitou...

19.12.2009

La chambre close - Maj Sjöwall & Per Wahlöö

Ce n'est pas le premier opus de la série mais ce n'est pas grave, c'est un vrai plaisir de découvrir ce duo d'auteurs suédois qui ont été les précurseurs du polar nordique tellement à la mode actuellement. En préface, Michael Connolly nous assure qu'on ne va pas le lâcher et il dit vrai.

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Le héros s'appelle Martin Beck, c'est un enquêteur d'une cinquantaine d'années qui reprend le boulot après avoir été salement blessé dans une affaire précédente, et par sa faute, apparemment. Il se sent mal, comme emprisonnée dans sa propre chambre close mentale. L'affaire qu'on lui confie est destinée à une reprise en douceur, de quoi gamberger assis tranquillement à son bureau, le classique cas d'un mort dans une pièce fermée de l'intérieur. En parallèle, ses collègues sont très focalisés sur les hold-up.

Nous sommes dans les années 1970 à Stockholm, et c'est une société totalement inopérante qui nous est décrite. Les policiers sont bêtes à bouffer du foin, occasionnant quelques scènes véritablement burlesques, les habitants n'ont d'autre choix que d'émiger ou de se suicider. Pour ceux qui ne peuvent faire ni l'un ni l'autre, la vie est dure, sombre, injuste.

L'opposition entre l'humour et la noirceur renforce encore l'effet addictif aux pages, et Martin Beck se sort avec brio de tout ceci. Ni un superman ni un bas du front, c'est quelqu'un qui se débat dans une époque, et il est très doux, en sa compagnie, de faire connaissance avec Rhéa.

J'ai hâte de me procurer d'autres enquêtes !

 

 

Ed. 10-18 1987 & Payot & Rivages 2009, 413 p.

Traduit du suédois par Philippe Bouquet

Titre original : Det Slutna rummet

17.12.2009

L'âme soeur - Anne Lenner

"Tu as une idée par cheveu"

 

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Ce roman est un petit missile : tout guilleret, il a une musique très particulière et explose à la fin.

Mademoiselle Angèle Dufresnes a dix ans et est bien solitaire. Elle vit en Afrique, expatriée avec ses parents, maman infirmière et papa écrivain, un boy qui s'occupe d'elle depuis sa naissance et règne en maître sur la cuisine, De Gaulle. Elle suit des cours par correspondance et espionne ses petits voisins, qui la traitent en extra-terrestre. Elle est spéciale, il faut bien le reconnaître.

"Du coup, je m'efforçais de ne penser à rien du tout en sa présence, ce qui s'avérait bien sûr impossible. Je me concentrais alors sur un mot, que je répétais comme un malade atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Si mon père choisissait ce moment-là pour me poser une question, le mot fusait soudain hors de moi, comme si l'avoir répété avait préparé son éjection au préalable. Je me rappelle qu'à un moment c'était blanc.

- Quand te décideras-tu à grandir, Angèle ? demandait mon père.

- BLANC ! Criais-je à tous les coups.

Ou encore :

- J'aimerais que tu m'expliques pourquoi tu dis à tout le monde que De Gaulle est ton véritable père et que tu es née albinos.

Blanc, blanc et encore blanc, telle était toujours la réponse.

- Cette enfant fait du fétichisme oral, disait alors mon père de cet air consterné qui était une autre marque de fabrique, avec ses mains songeuses."

Un jour, ilfautqu'onparle lui disent ses parents. Ce qui n'est jamais bon signe. Alors débute une histoire qui...

Qu'il faut lire par vous-même. Ce serait dommage d'en dire trop, c'est déjà très court, chaque chose en amenant une autre il faut dévorer le tout tout seul, et comprendre à quelques pages de la fin seulement ce qu'il en était réellement...

Vraiment très chouette et pouvant être lu par tous, grands et petits. Plein de malice et de gravité, joli, quoi. J'ai été d'autant plus séduite que j'avais reposé très vite le premier roman d'Anne Lenner, Cahin-Caha dont le style m'avait hérissée immédiatement.

Comme quoi...

 

Ed. Le Dilettante, 2009, 159 p.

 

Découvert grâce à Cathulu (Humour, tendresse sont au rendez-vous dans ces 159 pages  jubilatoires et pleines d'invention qui se dévorent d'une seule traite !)

Lu également par : Pages à Pages (Anne Lenner a une écriture inventive), Canel (la fin, tout à fait surprenante et touchante [...] donne même envie de le relire !), Brize (une écriture tout en finesse, mouchetée d'humour), ...

16.12.2009

Principe de précaution - Matthieu Jung

Pascal est le narrateur de cette histoire étonnante. 39 ans, propre sur lui avec cette raideur issue des éducations pas réussies, celles jung.jpgqu'on dit "bonnes" mais qui ont surtout inculqué des tonnes d'interdits et un terrible manque de confiance en soi, un repli terrifié. Mais Pascal travaille bien, parle bien, s'évertue à présenter toujours la bonne attitude et réfrène terriblement les bouffées de rage qui l'envahissent par moments.

Au travail, surtout, il doit subir un drôle de type qui ne cesse de le choquer en racontant très salement sa vie sexuelle, ou tous les faits divers où un enfant subitement assassine sa famille. Pascal est mortifié devant sa propre ambivalence, il exècre ce collègue mais ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine fascination.

Pascal par ailleurs s'entend bien avec sa femme, il lui est très reconnaissant de l'accepter, s'étonne de l'affection de leur fille pré-ado, et ne comprend plus du tout leur fils, jeune lycéen.

Jour après jour, ces constantes ne cessent de prendre tour à tour le devant, occasionnant des soucis ou des petites victoires, avant un final prévisible mais non moins percutant...

Un bon roman qui joue beaucoup avec les différents niveaux de langage pour démontrer son propos. Lionel est cru et très bas, Luc est pédant et très cultivé, Pascal oscille entre les deux. Le tout est très actuel, observé et disséqué avec justesse, ça fait froid dans le dos et en même temps c'est drôle. C'est féroce, politisé,  ça fustige notre connerie ou nos à-priori débiles, avec de petites touches de vécu, prenant et vraiment très réussi, au final.

 

Ed. Stock, 2009, 409 p.

15.12.2009

Mon QI est inférieur à ma pointure...

... Et pourtant, je persiste.

A lire pour pouffer, l'avis de quelques auteurs anglais sur les livres de 2009 à éviter, avec cette perle signée Tony Parsons :

"I have read and loved a lot of Stephen King books, but Duma Key stunk to high Heaven. It reads like a very rough first draft and is an insult to the intelligence of anyone who has an IQ higher than their shoe size."

(Mon avis taille 39)

13.12.2009

Le magasin d'antiquités - Charles Dickens

Je vous assure, désirer lire Dickens de nos jours est chose ardue. Le magasin d'antiquités n'est actuellement plus édité du tout, aussi je remercie encore Fashion qui m'a prêté son volume de la Pléiade déniché d'occasion.

Quatrième roman écrit par Dickens, ce magasin ne m'a pas séduite outre mesure. On y suit la petite Nell, quatorze ans, qui est un modèle de bonté, vertu, et beauté. Elle est chargée de son grand-père, un triste personnage saisi du vice du jeu, qui nous est présenté comme un gros égoïste qui passe son temps à chouiner ou à perdre la boule, il n'y a guère que Nell pour l'apprécier. Et encore, parfois même à elle il met les jetons, mais c'est une fille courageuse qui ne baisse jamais les bras.

Ils sont poursuivis par la haine du pire individu qui se puisse concevoir, un être abominable et difforme, un nain, Quilp. Il maltraite et manipule tout le monde autour de lui, et s'acharnera sur Kit, qui vénère la petite Nell.

On suit en parallèle les aventures de Nell et son grand-père sur les routes, et celles du petit monde resté à Londres. Comme toujours chez Dickens, des méchants ridicules qui font force grimaces, des inconnus qui sont liés à nos héros, des enfants qui meurent, des pointes d'humour. Mais dans ce roman beaucoup d'insistance, j'ai trouvé, une certaine lourdeur, une magie qui n'a pas opéré pour moi.

Toute l'Angleterre a pleuré en janvier 1841 avec Dickens la mort de Nell, pas moi, pour une fois. Elle était trop pure et éthérée, tout était trop marqué pour que j'entre réellement dans l'univers de ce magasin d'antiquités. Même Kit, brave figure du fidèle s'il en est, ne m'a pas touchée.

Le seul personnage qui a trouvé grâce à mes yeux fort exigeants pendant cette lecture, c'est Richard Swiveller, le Dick de notre histoire (il y a toujours un Dick chez Dickens !). Mauvais sujet au départ, plus par mauvais choix de ses compagnons qu'autre chose, c'est un bon bougre au fond, une amusette, il a un certain panache qui ne laisse pas indifférent. Son histoire avec "marquise" est une des bonnes surprises, un peu de finesse au milieu de toutes ces marionnettes dont le sort se joue.

Un roman de 600 petites pages, 1962 pour l'édition dans la Pléiade, traduction par Marcelle Sibon.

 

11.12.2009

Mes 6 meilleurs livres de 2009

Le 12 décembre 2008, j'établissais la (courte) liste des livres qui m'avaient le plus marquée dans l'année. Indépendamment de ce que j'en ai pensé au moment de leur lecture, je ne sélectionne ici que ceux qui m'ont laissé une vraie marque, pour des raisons diverses que j'évoque également. Cela ne porte aucun ombrage au reste des livres que j'ai aimés dans l'année, sans tenir compte de leur date de parution. Voici ceux de 2009 :

 

1. La maison d'âpre-vent de Charles Dickens à égalité avec David Copperfield ou la bio de Peter Ackroyd (parce que j'aime d'amour Charles Dickens, qu'il est le plus grand écrivain du monde de l'univers pour toujours et à jamais)

2. Au bon roman de Laurence Cossé (pour la sublime lettre de Francesca, et tout l'amour des livres qui transpire à chaque page)

3. Le dernier samouraï d'Helen Dewitt (pour sa fantaisie intelligente)

4. Les belles lettres du professeur Rollin (parce que cet homme a embelli ma vie)

5. Le vrai cul du diable de Percy Kemp (pour son originalité et sa belle langue)

6. Duma Key de Stephen King (pour l'extrême plaisir que j'ai eu à découvrir un nouveau roman de cet auteur alors que je croyais réellement qu'il n'écrivait plus. Pas son meilleur, mais bon quand même. Surtout après Lisey.)

 

C'est terrible de laisser de côté Véronique Ovaldé, Richard Lange, Robert Merle, Jack O'Connell ou Hannah Tinti, entre autres, mais choisir est horrible, de toute façon.

Je conseille également toujours Le prince des marées et La découverte du ciel ;o)

 

10.12.2009

La bête à chagrin - Paule Constant

constant.jpgIl était une fois une gentille famille qui allait plutôt pas mal. Cathy, la mère, avait un bon travail, un mari beau et sportif depuis 18 ans, un fils adolescent sans problèmes. Soudain, tout bascule. Enceinte, elle apprend que son mari la quitte pour sa collègue et meilleure amie, avec qui il vient d'avoir également un enfant, qui porte le prénom qu'elle avait choisi pour le leur. Cathy est incapable d'encaisser. Elle renoue avec une amie d'enfance, et entame une relation étrange et qui aura de funestes conséquences avec le compagnon de celle-ci, Jeff...

Un pur drame auquel on assiste totalement impuissant. Il règne une tension de folie dans ce roman, narré chronologiquement mais avec le recul du juge et des avocats. Les faits sont simples et limpides, les responsabilités nagent en plein flou. Ce ne sont pas toujours les mains qui agissent qui ont été décisionnaires, est-on plus coupable quand on laisse faire, comment peut-on en arriver là, bien d'autres aspects encore viennent tourmenter le lecteur.

Ce qui est peut-être le plus terrible c'est qu'on s'identifie parfaitement à tout-un-chacun, selon les moments. C'est moche, c'est affreux, et pourtant c'est la vie, et Paule Constant signe là une angoissante tranche de malheur, avec une plume supra efficace et incisive.

Brrr.

Ed. Gallimard, 2007, 226 p. tendues et oppressantes.

 

L'auteure parle de ce roman sur le site de Gallimard

 

08.12.2009

Malo de Lange, fils de voleur - Marie-Aude Murail

"J'avais beaucoup progressé sur le plan moral, comme disait le loup aux sept petits biquets pour leur faire ouvrir la porte."malo.gif

Malo entreprend ici de nous narrer ses mémoires, du haut de ses seize ans. Nous sommes au 19°, il est orphelin, croit-il, et va naviguer d'aventure en péripétie jusqu'à découvrir sa véritable identité...

Un très, très bel hommage à la fois à Dickens (Malo de Lange, c'est Sam Weller en plus jeunot, ses tantes sont Betsey Trotwood, les titres de chapitre, un mix d'Oliver Twist et David Copperfield, et encore, j'ai sûrement raté les allusions aux romans que je n'ai pas encore lus, forcément !) et au roman d'aventure. On parle l'arguche de Vidocq, on trace la route comme Rémi, on chante comme Gavroche et j'en passe.

C'est délicieux, on vibre, on rit, on s'inquiète, on a 9 ans et on en veut encore !

 

Ed. Neuf de l'école des loisirs, 2009, 272 p.

 

Lu et approuvé également par : Cathulu (merci !),  Clarabel, Lucien, Trillian...

07.12.2009

Richard Lange - Dead Boys

 

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Si cet extrait vous a plu, vous adorerez ce recueil de 12 nouvelles : il est complètement dans ce ton. Los Angeles, des petites gens, des petites vies, des fêlures, des qui flirtent désespérement avec la lisière, de la folie ou de la connerie, ça poisse, ça poisse mais c'est plein d'élégance.

"Comment les gens normaux font-ils pour vivre avec toutes les erreurs qu'ils ont commises ?"

"Perdu de vue", par exemple, raconte l'histoire de deux demi-frères qui ne se connaissaient pas. Spencer est installé avec Judy, ils s'entendent bien, apparemment. Ils sont d'accord, à priori, pour ne pas se laisser infecter par l'esprit de Noël. Karl vient de sortir de prison, de toute évidence c'est le gros loser qui a pas mal glandé. Pourtant son arrivée change la donne dans l'équilibre de Spencer, et les choses dérapent insidieusement... On sait bien que les apparences... C'est très fort de nous montrer comme ça, à travers des petites scènes qui semblent innocentes, la réalité derrière les façades, les dangers des jugements hâtifs.

"Le vieux à côté de moi porte une veste en polyester bleu dont les poignets lui tombent sur les doigts. Il sent la levure et la naphtaline. Pendant un moment, il contemple l'écran bouche bée en taquinant son râtelier de la langue. Puis il se lève et se tourne vers moi.

"Fous le camp, voyou, dt-il d'une voix rauque.

- Pardon ?

- La fête est finie.

- assieds-toi, le taré, s'écrie un des autres types.

- Ouais, connard" renchérit un autre.

Le menton du vieillard tremble; ses yeux brillent de larmes. Il retourne à sa place sur le canapé et s'assoit la tête entre les mains. J'échangerais les dix premiers venus que je connais contre un seul comme lui. Sa désolation a la beauté d'un miroir brisé."

Je voudrais pouvoir mettre le doigt sur ce qui fait que ça me touche autant, une pointe du Djian des débuts, du Carver pour cette façon de présenter la simplicité des existences laborieuses, sans construction, du pris sur le vif (je veux dire pas du "fabriqué" : pas d'introduction, scènes, chute); de la douleur, aussi, parce que c'est vrai que ces nouvelles font mal, mais délicieusement.

"C'était généralement un coup de fil de sa mère qui faisait péter un cable à Bobby. Elle était gentille avec lui, elle le soutenait complètement, mais dans sa voix il n'entendait que de la pitié et de la déception. Vu de chez moi, il s'était fait avoir dans les grandes largeurs : quel intérêt d'être cinglé si c'est pour ressentir encore de la honte ?"

Je trouve qu'il y a une économie de mots d'une générosité folle, des situations entières pleines de détails qui émergent de phrases pas crâneuses, une humilité non feinte au service d'une grande humanité. Une plume vivante.

Archi séduite.

 

Ed. Albin Michel collection Terres d'Amérique, 2009, 290 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Deniard

 

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