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20.01.2010
Un arrière-goût de rouille - Philipp Meyer
"Voilà donc ce que ça veut dire, vieillir, ce n'est plus tant le plaisir que le soulagement qu'on cherche."
Autant le savoir, ce n'est pas ce roman qui vous procurera un quelconque soulagement : c'est du plombant qui ne rigole pas.

Buell, Pennsylvanie, petit bled ravagé par la cessation de la sidérurgie. Il y a Isaac, authentique génie qui aimerait bien être physicien, pour participer à aider l'Homme à s'échapper avant que la terre ne soit plus habitable. En attendant il s'est sacrifié pour s'occuper de son père invalide. Sa mère s'est suicidée il y a quelques années, et Lee, sa soeur, a réussi à partir, grande université et bon mariage. Très intelligente aussi, Lee, mais moins qu'Isaac, et surtout plus adaptée, alors que lui, en pur esprit, n'a jamais su entrer en contact avec les autres, une forme d'autisme. Pas aidé non plus par son père, que son apparence chétive et son côté étrange indisposent. Alors un jour, il décide de s'en sortir, lui aussi. Pique les économies du vieux et entraîne Joe, le colosse de la ville, pour un petit bout de chemin. Joe l'a sauvé récemment alors qu'il avait décidé de se noyer, comme sa mère, et depuis une sorte de lien s'est noué entre ces deux opposés. Mais à peine partis, c'est l'os : Isaac tue un homme pour sauver Joe.
Tour à tour, Isaac, sa soeur, son père, Joe, la mère de Joe et le policier qui en est amoureux prennent la parole pour nous raconter une histoire terrible et méchante, où les frontières du bien et du mal s'effacent devant les injustices meurtrières, où tout est dur et poisseux mais tout parle d'amour, ou de son absence, pourtant.
Un roman fort et corsé, qui n'est pas facile à lire et vous entraîne là où vous ne voudriez surtout pas aller, d'une plume sèche et factuelle qui creuse encore plus l'abîme. Âmes sensibles, faites attention, le désespoir est contagieux. Mais le voyage en vaut la peine...
Ed. Denoël & D'ailleurs, janvier 2010, 536 p.
Traduit de l'américain par Sarah Gurcel
Titre original : American Rust
05:47 Publié dans Livres : J'aime | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : premier roman, désolation, tristesse, solitude extrême, autant pour le rêve américain |


Trackbacks
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Commentaires
Écrit par : Lystig | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : cathulu | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Aifelle | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : dasola | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireOui, c'est un pavé, qui se lit lentement qui plus est, certains livres ont ce rythme, et c'est tout sauf gai, il faut apprécier le genre :)
Écrit par : Cuné | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Dominique | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireRien à voir, mais j'ai enfin lu "La sagesse d'une femme de radio" de Kriss, et c'est vraiment très chouette, et même plus. Dès que je l'ai refermé, j'ai eu envie de le relire, et ça c'est très bon signe, non ?
Écrit par : Melanie B | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireTon résumé me fait penser à Un pied au paradis de Ron Rash que j'avais beaucoup aimé, un récit à plusieurs voix aussi.
Écrit par : Papillon | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireDom : Oui, Kriss nous manque.
Dom, on en est toutes là ;o)
Écrit par : Cuné | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireAu fait je t'ai taguee!
Écrit par : tif | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Choco | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Flo | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Suzanne | 20.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : liliba | 25.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : anjelica | 26.01.2010
Répondre à ce commentairePas sûr que j'écrive un post dessus en revanche, sans flagornerie je ne ferai pas aussi bien. A moins qu'il ne me décoive ?
PS : je vous tague si ca ne vous dérange pas ? Plock plock !
Écrit par : Pickwick | 28.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 29.01.2010
Répondre à ce commentaireA moins que l'écriture soit davantage dans l'ordre du "ressenti" ?
Écrit par : Pickwick | 29.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 29.01.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Pickwick | 29.01.2010
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