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26.02.2010

Les amours de Lola - Amanda Eyre Ward

Connaissez-vous le Chicken Shit Bingo ? Si un soir vous passez par le Ginny's Little Longhorn d'Austin (Texas), vous pourrez peut-être eyre.jpgy "jouer" : sur un grand damier d'un mètre sur deux, divisé en cent carrés numérotés, on lâche un poulet vivant. Le gagnant est le joueur qui a le numéro correspondant au carré sur lequel il y a le plus de crottes de poulet. Funs, les ricains :/

Mais ça n'a rien à voir avec les douze nouvelles de ce recueil. Six indépendantes, et six qui déclinent l'histoire de Lola, à travers quelques moments forts de son existence, chronologiquement.

La vie de petites gens, vous, moi, devant quelqu'un qui se masturbe dans une bibliothèque, effrayée par la vie d'expatriés en Arabie Saoudite, s'inventant une vie idéale pour le coiffeur qui vous ment lui aussi comme un arracheur de dents, en veuve du 11 septembre, avec une petite fille de bientôt un an qui ne sourit pas, ne tient pas assise ni ne cherche à marcher, et croisant un neurologue à un barbecue... Chaque nouvelle est une petite histoire à part entière, on ressent un grand découragement, des filles qui voudraient bien, vraiment, vous savez, y arriver, juste avoir l'énergie de base, mais ça dérape, ça déborde du costume; rien de tapageur ni de tonitruant, juste la vie qui lamine les coeurs pourtant vaillants.

C'est simple, percutant, on ne quitte pas ces pages une fois ouvertes. C'est attachant et on en voudrait encore, encore !

 

Ed. Buchet Castel, 2010, 178 p.

Traduit de l'américain par Anne-Marie Carrière

 

Lu également par : Amanda (merci encore pour le prêt !),

25.02.2010

Derrière la porte - Marc Pirlet

pirlet.jpgUn immeuble, au deuxième étage une nouvelle locataire totalement mutique et juste au-dessus, notre narrateur. Son père est mort depuis quelques mois, il s'ennuie dans la vie, a toujours été solitaire et différent. Cette nouvelle locataire l'intrigue, il tente d'entrer en contact mais elle reste totalement murée dans son silence. Il fait alors la connaissance de son assistante sociale, qui lui demande son aide...

Ce très court roman m'a fait penser à ceux de Tatiana de Rosnay il y a quelques années, ou au Jugement de Léa de Laurence Tardieu. Intrigue plutôt classique, donc, et traitement minimaliste. C'est correctement fait, il y a un suspens latent qui nous fait tourner les pages, une justesse de ton qui rend la lecture sympathique. Et puis ? Ben pas grand-chose, en fait.

 

Ed. Luc Pire, 2010, 124 p.

24.02.2010

Le troisième acte - Glenn Patterson

"Je lui ai dit que par moments, aujourd'hui, j'avais eu l'impression de regarder ma vie défiler au lieu de la vivre, comme si j'avais laissé une porte ouverte entre deux façons de la poursuivre."patterson.jpg

Le narrateur est un industriel irlandais en voyage d'affaires au Japon. A Hiroshima, il rencontre Ike, de Belfast comme lui, et c'est la seule raison qui les fait se côtoyer. La dernière journée avant son départ, à travers cinq moments clés (pdj, déjeuner, réception, dîner et... troisième acte) on apprend à les connaître un tout petit mieux l'un et l'autre...

Le très chouette film "Lost in translation" est à un moment cité et le roman tient de ça, indubitablement. Mais il est surtout composé de moments forts, de scènes marquantes pour une raison ou pour une autre. Ike est un écrivain en perte de vitesse, à un moment il fait une lecture pour clôre son séminaire littéraire, et c'est un moment de grâce. On apprendra plus loin qu'il ne lui reste plus grand chose en dehors de ce fragile passage sur lequel il capitalise, quitte à désappointer ses lecteurs qui tentent de lire le reste. En quelques phrases, en une situation brossée, on a une impression de grande profondeur, c'est tout une vision des personnages qui prend telle ou telle direction, on refait le roman régulièrement, se disant ah bon ok, en fait c'est ça le truc, et on se fait balader. Le  chapitre final, d'ailleurs, nous fait revoir l'ensemble différemment...

Il y a beaucoup d'humour, le genre pince-sans-rire très efficace. Il y a en permanence des cassures, des ruptures de genre, qui paradoxalement accrochent bien le lecteur et créent un climat flirtant avec l'inquiétant.

Premier roman traduit en français pour Glenn Patterson, j'espère en lire d'autres !

 

Ed. Actes Sud, 2010, 221 p.

Traduit de l'anglais (Irlande) par Céline Schwaller

Un joli avis sur Le Monde.

23.02.2010

Hypothermie - Arnaldur Indridason

hypothermie.jpgUne jeune femme, Maria, se pend dans son chalet d'été au bord d'un lac. Son amie Karen refuse catégoriquement d'y croire, et remet à Erlendur une cassette contenant une séance avec un médium. Maria avait été très éprouvée par la mort de ses parents, voulait désespérement croire à un autre monde après la mort, et avait mis au point un accord avec sa mère : si quelque chose existait après la mort, c'est à travers l'oeuvre de Marcel Proust qu'elle devait se manifester. Et un matin, elle trouve "Du côté de chez Swann" ouvert sur le sol.

Erlendur n'est pas mandaté officiellement pour enquêter sur ce drame, c'est clairement un suicide. Mais quelque chose l'a remué dans l'écoute de la cassette, et s'il ne croit pas un instant qu'il existe quoi que ce soit après la mort, il connaît bien les méandres de l'esprit humain culpabilisé, son frère disparu est présent tous les jours dans ses pensées. (A ce propos, ça m'a frappée tout d'un coup, c'est exactement l'histoire du Capt'ain Jack dans Torchwood, cette perte culpabilisante du petit frère. Ça vient d'une tragédie classique ?) Et comme c'est calme niveau boulot, il cherche à mieux connaître l'histoire de Maria à travers ceux qui l'ont côtoyée, tout en reprenant le cas de deux disparitions antérieures jamais élucidées.

Hypothermie est un bon cru, on retrouve l'ambiance propre à Erlendur, ce côté "qui ne lâche jamais l'affaire" tout en étant harassé, cet homme pas tout à fait présent au monde, retranché dans une sorte d'impassibilité éreintée, qui transpire pourtant l'humanité. Je ne sais toujours pas pourquoi il me touche autant, mais le fait est : je l'aime.

Cet opus qui flirte avec l'occultisme est vraiment intéressant, quelques figures le traversent fugacement et impriment toute une marque, je n'oublierai pas ce vieux monsieur qui vient dire au-revoir à l'enquêteur qui n'a pas retrouvé son fils. Au-revoir et merci... Tout ça est fragile et grave. Une sorte de grâce triste. Vive Arnaldur Indridason.

 

Ed. Métailié, 2010, 296 p.

Traduit de l'islandais par Eric Boury

Titre original : Haroskafi

 

Lu également par : Cathulu (merci encore pour l'envoi !), Jean-Marc Laherrère, Essel, Hannibald le lecteur, Isa, Aifelle, Hecate, Aurore, Sophie, ...

21.02.2010

The Invisible Woman, The Story of Nelly Ternan and Charles Dickens - Claire Tomalin

tomalin.jpg

Dans la vie de Dickens, il y a eu une rencontre qui en aura complètement bouleversé la suite : Nelly Ternan. Actrice et fille d'acteurs, il a 55 ans lorsqu'elle entre dans sa vie, elle en a 18, l'âge d'une de ses filles. Elle est petite, fine, blonde, les yeux bleus, de beaux poumons, selon l'expression de l'époque. Il est un monstre sacré, une vedette en pleine gloire. Pour toutes les années qui suivent, leurs vies sont liées dans le secret le plus absolu, orchestré et couvert par la suite par les plus proches du grand homme.

Dickens est profondément amoureux, d'ailleurs pour la première et unique fois de sa vie il va passer 2 ans et demi sans écrire. Pour Nelly, c'est moins clair. A partir du peu de documents et paroles de témoins rapportées, on se fait une idée plus ou moins obscure de ses motivations. Elle avait perdu son père, était très certainement flattée et touchée d'être ainsi distinguée par Dickens. Ils auraient pu s'établir sans plus de culpabilité mais avaient tous deux un fort sens des convenances et Nelly n'était pas une cocotte.

"Other men close to Dickens seem to have managed their double lives with less stress. Collins acquired a second mistress in 1867, established her in London round the corner from his first establisment, and began a family with her; when Caroline objected and made a defiant marriage to someone else, he took it calmly and equally calmly welcomed her back into residence later, continuing to maitain his second growing family; both women were given simultaneous seaside holidays in adjacent resorts. The artist George Cruikshank also kept two households and two families round the corner from one another near Mornongton Crescent, and fathered ten children on his second "wife", Edith Archibold. William Frith, the popular painter who did Dickens's portrait in 1859, had a similar arrangement : his two establishments were also only ten minutes's walk apart, in the Paddington area, and portraits of both women appear in his famous painting of Paddington, The Railway Station. His marriage produced twelve children and lasted thirty-five years; his mistress Mary Alford bore him another seven children, and when his wife died he married her. There was something cosy and domestic about these arrangements; the women involved were not femmes fatales or cocottes - concepts for which the English were obliged to turn to the French - but confortable, everyday creatures who were grateful enough to have steady men to support them and their children, and modest about their own position and claims. A man, even if he was not a husband, was after all still the best available source of income for a woman.

The difficulty for Dickens was not only that he felt more vulnerable to discovery and comment, as one whose fame was pre-eminent and tied to a virtuous image which he had ferociously defended at the time of the separation from Catherine; he had also uttered assertions about Nelly, both to his family and to the world, which made the position more difficult than it might otherwise have been. The further problem was that he had picked the wrong sort of woman to be his second "wife". She was neither a modest girl of the people nor a grateful widow. If she had given up her professional ambitions, she still had social ones, and she was backed by an intelligent, aspiring and watchfull family. "

D'ailleurs après la mort de Dickens, elle va rebondir de façon très inattendue, en se mariant et en ayant deux enfants (à 40 ans !), s'inventant un passé et se rajeunissant de 14 ans.

Leur histoire a duré 12 ans (ou 14 ? Je ne sais plus exactement), il est vraisemblable, d'après différentes sources dont un agenda de Dickens rédigé sous code et les propres déclarations d'un fils de Dickens, qu'ils ont eu au moins un enfant, qui n'a pas vécu.

Claire Tomalin rédige ici une biographie passionnante à plus d'un titre. Elle passe un long moment à tenter d'expliquer l'état d'esprit de l'époque victorienne, la façon dont étaient considérées les actrices, la place qu'avait la femme dans la société. Elle embrasse toute la famille de Nelly, dont les soeurs peu banales sont aussi très intéressantes, les gens que côtoyaient nos deux héros, ce qu'induisait la célébrité de Dickens au quotidien, son proche entourage (et notamment sa belle-soeur Georgina). Elle a mené une enquête très pointilleuse, produit toutes sortes de documents et de photos, donne son sentiment basé sur les preuves tangibles et extrapolé à travers la façon dont elle a reconstitué Nelly. Dans son dernier chapitre, "Myths and Morals", elle revient sur les différentes hypothèses des biographes de Dickens et insiste encore sur la fragilité des jugements hors époque.

J'ai adoré cette biographie et ne regrette pas un seul instant d'en avoir tenté la lecture en anglais (elle n'a pas été traduite en français. What a shame.). J'ai maintenant hâte de reprendre la brique de Peter Ackroyd, pour voir la façon dont il aborde cette fin de vie de Dickens, qui était vraiment et incontestablement un être tout à fait à part.

Chesterton a eu cette phrase affreuse : "He died drunken with glory" : Après tout, si quelqu'un a un jour mérité la gloire, c'est bien Charlie.

 

Ed. Penguin Books, 1991 283 p.

20.02.2010

Isabelle Garna - Dérive

derive.jpgC'est une petite famille à mille autres semblable. Blaise est au chômage et multiplie les petits boulots, le dernier en date : manoeuvre sur un chantier, il n'aime pas du tout, c'est trop physique. Mireille est caissière chez Champion, elle a une aventure avec le fils des voisins, un jeune étudiant en médecine. Ils ont deux enfants, 6 et 8 ans. Chez eux, on tire le diable par la queue mais ce n'est pas non plus la franche misère. Mireille a des idées bien arrêtées sur la nutrition, elle est vigilante, cuisine équilibré, tient correctement sa maison et prend grand soin d'elle, mais tout ceci sans goût. Elle aime ses enfants mais manque de patience. En fait, c'est une famille qui manque de vie, paradoxalement. Ils sont éteints, indifférents les uns aux autres. Blaise boit trop et se repose entièrement sur Mireille pour avancer dans quelque domaine que ce soit. Situation qui convient bien au tempérament petit chef de cette dernière.

Un jour, Blaise trouve un travail qui lui plaît. Alors qu'il est en train de signer son contrat, sa future patronne glisse sur un jouet de son petit-fils et meurt accidentellement en tombant. Blaise panique, ce qu'on peut comprendre, ce qu'on comprend moins bien c'est qu'il kidnappe le petit-fils, à qui il a fait peur et qui est lui aussi tombé dans les escaliers. Pire, il le place, inconscient, dans le coffre de sa voiture. A partir de là, ce sont les quelques jours qui suivent qui sont déroulés, dans une atmosphère de malheur de plus en plus prononcée...

Épilogue affreusement cynique pour une histoire vraiment pas marrante ! Je n'ai pas aimé du tout l'ambiance de ce roman, en fait, et n'ayant vraiment pas compris le geste de Blaise j'ai eu du mal à le suivre par la suite. Je suis pourtant restée accrochée jusqu'au bout, curieuse de mieux connaître Mireille et compatissante à bien des égards. Un roman curieux et prenant, à sa manière.


Ed. Luc Pire, 2010, 289 p.

 

Un exemple d'atmosphère, la vision de la femme par un des personnages : "Et pourtant, elle existe sans plus aucun souci de plaire. Elle laisse ses cheveux devenir gris, sa taille s'empoter, sa bouche et ses yeux rétrécir, se plisser, tout son visage est devenu sec, cassant. Ses lunettes sont moches, son nez brille, sa poitrine pend et son cul n'arrête pas d'enfler. Mais le pire, ce sont ses pieds. Et ça depuis toujours. Elle n'a jamais pris soin de ses pieds."

15.02.2010

La Ferme des Neshov - Anne B. Ragde

On avait quitté toute la famille réunie pour l'enterrement de la mère. Après avoir noué ou renoué connaissance les uns avec les autres, ragde 2.jpgchacun est retourné à son propre quotidien, tout en maintenant un lien ténu. Tor et ses truies, Margido et ses cercueils, Erlend et Krumme dans leur Danemark, Torunn et sa clinique vétérinaire à Oslo. Et la vie avance...

Second volet de la saga des Neshov (après La Terre des mensonges), cet opus donne dans le pur divertissement. On suit le quotidien de chaque membre de la famille, ils ont leur lot de tristesse (voire de désespoir) mais c'est pourtant une certaine gaieté, une légèreté qui domine. On a toujours de grands passages sur les animaux, des liens familiaux timides, des solutions miracles qui déboulent comme par magie. On est clairement dans un registre sympathique, un peu à la Armistead Maupin, le froid et la neige en plus. Il se passe beaucoup de choses, ça bruisse, ça pleure, ça rit, ça tombe amoureuse, c'est un peu beaucoup, tout ça. En même temps ça fonctionne vraiment, on se souvient instantanément du premier volume, nos personnages existent pour leur lecteur.

La dernière page se ferme sur un épisode dramatique dont on voudrait la suite immédiatement ! Vivement le dernier volume de la trilogie :)


Ed. Balland, 2010, 380 p.

Traduit du norvégien par Jean Renaud

Titre original : Eremittkrepsene

14.02.2010

Les Lieux sombres - Gillian Flynn

 

flynn.jpg

Libby Day a aujourd'hui une trentaine d'années, c'est une paumée totale. Elle a survécu au massacre de sa mère et ses soeurs quand elle avait 7 ans, mais n'est pas parvenue à se construire depuis. Persuadée qu'elle est un déchet, acculée par le manque d'argent, elle accepte pour un club très bizarre (genre killer club, des fans de meurtres non élucidés qui se réunissent pour en discuter) de mener des entretiens avec les protagonistes de l'époque encore en vie.

En alternance, des chapitres du jour J, moment par moment, et Libby de nos jours : on avance pas à pas en même temps qu'elle.

Ce roman est un véritable piège qui prend dès les premiers mots. Outre son intrigue impeccable qui nous fait jouer nous aussi au détective, on reçoit des petites lacérations au hasard d'une page, une façon de décrire un gamin ostracisé à l'école, une pensée de Libby "Mais c'était mon habitude : j'avais dans ma tête des conversations frénétiques, hargneuses, je me mettais en colère pour des choses qui ne s'étaient pas encore produites. Pas encore.", des petits morceaux de malheur pur qui viennent vous égratigner, vous rejoindre.

Je n'ai pas une seule réserve, c'est exactement le genre de roman que j'adore, j'ai tout avalé sans mâcher, suspendue aux pages et toute vibrante. Une bonne bousculade !


Ed. Sonatine, 2010, 483 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié

Titre orginal : Dark Places

 

Egalement lu par : Amanda, Pimprenelle, Stéphie, Mamzelle Lily, Emeraude, Biblio, That makes wonder, Madame Charlotte, ...

13.02.2010

Obsessionnel

Ceux qui étaient chez les rats à mon époque s'en souviennent, de tout temps j'ai eu un problème* avec cet adjectif : dégingandé. Je suis en train de lire "Les Lieux sombres" de Gillian Flynn, et j'aime beaucoup, vraiment, je plonge dedans éperduement. Mais Gillian Flynn (gangling) - ou sa traductrice (Héloïse Esquié) - utilise ce degingandé à tour de bras, page 122 je l'ai déjà enregistré du coin du cerveau plus de cinq fois. N'y a-t-il vraiment pas moyen de décrire un personnage longiligne, difforme, disloqué, bancroche, cagneux, disgracieux, disproportionné, déjeté, informe, mal bâti, tors, tordu, déhanché, ou que sais-je, en utilisant autre chose que ce dégingandé usé et rebattu ? Tous les personnages un tant soit peu inquiétants sont-ils obligatoirement dégingandés ?

Détail, détail, certes, mais tout est détail :)

 

* J'avais aussi une légère obsession avec une page précise, mais voyez, tout se guérit, je ne me souviens même plus laquelle. 72, me semble ?

12.02.2010

Long week-end - Joyce Maynard

maynard.jpgIl habite seul avec maman, il a 13 ans, on est en 1987. Henry est solitaire. Au collège, il est le naze. Dans la nouvelle famille de son père, il ne s'intègre pas. Avec sa mère, il vit hors de la normalité, il le sait. Elle est étrange, s'enferme chez elle, lui parle comme à un adulte. Il voit bien qu'elle est immensément triste, il aimerait pallier à ses manques. Et puis un homme s'évade de prison, leur demande leur aide, ils acceptent. Et le temps de quelques jours, tout va se bousculer pour Henry : une autre vie est possible, il en entrevoit la possibilité pour la première fois, il est partagé entre vivre pour lui (mais il n'a jamais su) et revendiquer sa place exclusive dans la vie de sa mère. Ce sont parfois les autres qui décident pour vous...

Un roman fort prenant qui sait se faire aimer, qui tisse avec son lecteur des liens affectifs. Il ne brille pas par son originalité ni par une écriture impressionnante, mais il s'insinue avec grâce. On y croit, on a l'impression d'embraser toute la complexité de l'adolescence, on s'attache, on ressent.

Ed. Philippe Rey, 2010, 283 p.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

 

Merci Cathulu !

 

Lu également par : Cathulu, le Livraire, Ma Tasse de Thé, ...

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