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12.04.2010

Baptiste - Pierre Moustiers

moustiers.jpgNous sommes à l'époque où la TSF débutait tout juste et où posséder une voiture vous plaçait un homme. Baptiste est un très vieux monsieur de quatre-vingt dix ans. Il a une particularité depuis toujours, il est très grand. ("Bâti en asperge" nous dit-on à un moment, et j'ai tout de suite vu venir l'adjectif maudit, qui n'a pas manqué de débouler. Mais pour une fois, il est justifié, et longuement décliné.) Baptiste est donc un vieux gaillard dégingandé, pas sociable, dont la présence inquiète. Dans le petit village des Alpes où il vit depuis quarante ans, on pense qu'il a de l'argent, parce qu'il a acheté une grande maison qu'on appelle un peu vite le château. Le notaire du coin sait bien, lui, qu'il n'en est rien, mais ne détrompe personne, soucieux de bêler avec les autres. Un jour, il ose aller sonner chez Baptiste pour lui proposer d'acheter le château en viager. Baptiste refuse simplement, et notre notaire se dit qu'au fond, il ne le voulait pas vraiment. Il ne sait pas trop, d'ailleurs, pourquoi il voulait voir Baptiste et pour quelle raison il se retrouve si désarçonné en sa présence...

De la présence, Baptiste en a toujours eu. Pour preuve, son ancienne voisine apparaît au détour d'un chapitre pour nous raconter comment c'est elle qui est à l'origine de la "rencontre" entre une maison et un couple. A l'époque, Baptiste et Rosine, sa femme, avaient quarante-sept ans et s'étaient liés d'amitié avec leurs voisins d'à peine 24 ans. Ils étaient sidérés d'apprendre leur âge, et si longtemps après, c'est toujours avec chaleur qu'elle pense à eux.

Rosine est morte à quatre-vingt ans, et cela fait dix ans que Baptiste est seul. C'est la petite-fille du notaire, Julie, 8 ans, profondément traumatisée par les sévices d'une mère folle qui va réveiller ce vieux monsieur, et nous donner l'occasion d'apprendre à le connaître...

Un beau roman qui derrière une simplicité désarmante atteint une vraie profondeur. Il allie des personnages denses à une histoire très attachante, avec une épure charmante. Pudique, tendre, franchement passionnant. J'ai été conquise !

 

Ed. de Fallois, 2008 & Le livre de poche 2009, 186 p.

Trackbacks

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Commentaires

12 mains gauches, ok, mais pourquoi poilues ? :-D

Écrit par : fashion | 12.04.2010

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(Ben, tu sais, avoir un poil dans la main... J'en ai DOUZE ;o))

Écrit par : Cuné | 12.04.2010

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Pitié, changez la couv' qui ne donne pas du tout envie malgré ton billet!:)))

Écrit par : cathulu | 12.04.2010

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Ah ? C'est supposé être la petite Julie... Je trouve la couv plutôt réussie, moi.

Écrit par : Cuné | 12.04.2010

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j'adore la couverture moi aussi !

Écrit par : wictoria | 12.04.2010

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mais tu n'en dis pas assez, c'est pour qu'on le lise ? rires

Écrit par : wictoria | 12.04.2010

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@ Wictoria : Je trouve que même la 4° de couv en dit trop, ce qui va se passer entre Julie et Baptiste doit se découvrir à leur rythme, selon moi :)

Écrit par : Cuné | 12.04.2010

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La couv m'aurait bien tentée, moi, mais l'histoire...
J'ai l'impression que ce genre de fiction a déjà été maintes fois exploité, ...Non?

Écrit par : Reka | 12.04.2010

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Je ne sais pas... C'est une histoire toute simple, la dernière relation d'un très vieux monsieur, une entraide qui trouve sa réciprocité, ce n'est pas d'une grande originalité, certes, mais toutes les histoires ont déjà été racontées, disait Shakespeare. (Il disait même qu'il y avait 7 histoires au monde, me semble-t-il, et que tout le reste était adaptation). Ce qui compte c'est la façon de la faire, d'habiter un texte, et je trouve qu'ici c'est très réussi :)

Écrit par : Cuné | 12.04.2010

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Je trouve la couverture fort jolie!

Écrit par : Maribel | 13.04.2010

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D'après les spécialistes, il y a 10 histoires archétypales, tout le reste n'est que variations. Ce Shakespeare était très fort quand même. William forever. :-))

Écrit par : fashion | 13.04.2010

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Ca a l'air si joli !
Puis ça fait longtemps que je n'ai pas croisé de dégingandé littéraire. Argument de poids pour se laisser tenter.

Écrit par : erzébeth | 13.04.2010

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Merci Fashion de cette précision :)

Erzie : Je pense que ça te plairait, en effet. Un petit quelque chose de Bauchau, j'ai trouvé (dont je n'ai pas du tout aimé le dernier, oh la la !!)

Écrit par : Cuné | 13.04.2010

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Ah pitié, quelle angoisse, je l'ai commencé hier soir (le dernier Bauchau) et j'avoue être un peu sur mes gardes. Tu n'en parleras pas sur ton blog ?

Écrit par : erzébeth | 13.04.2010

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La couv' me faisait faire la moue, déjà, un peu comme Cathulu...

et puis je lis ton billet, les com's, re-ton billet et puis...pfff...je note parce que j'aime ce type d'ambiances...;o), allez encore un !!

Écrit par : antigone | 13.04.2010

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@ Erzie : Non, je l'ai lâchement abandonné en cours.

@ Antigone : Trouvable en bibli, en plus :)

Écrit par : Cuné | 13.04.2010

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Je n'y serai pas allée toute seule! Vile tentatrice (et faible lectrice je sais) vas! :-)

Écrit par : chiffonnette | 15.04.2010

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