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31.05.2010
Deux caravanes - Marina Lewycka
Un road-movie, un roman choral, une saga presque familiale, une épopée humaine, un mélange multiracial et multiculturel, une histoire d'amour, un chien très actif et des gloussements perpétuels, voici ce qu'offre le deuxième roman de Marina Lewycka.

Au départ, nous sommes dans deux caravanes, celle des hommes et celle des femmes, plantées au milieu d'un champ de fraises. Ils sont tous venus pour ce travail saisonnier, la cueillette des fraises, avec des rêves différents. Mettre un pied en Angleterre, en tous les cas, était celui en commun. Ils sont de nationalités différentes, baragouinent avec peine quelques mots d'anglais, et vont se retrouver pour certains embarqués dans des péripéties pas piquées des vers...
Je me suis bidonnée du début à la fin, c'est rock & roll tout en restant tout le long bon enfant. Il y a des passages très durs sur l'élevage du poulet, une solide présentation de la politique ukrainienne, des enfoirés de première et de sacrés caractères. Il y a surtout un génial travail de la langue (bravo la traductrice) qui est tout simplement hilarant.
Je n'entre pas plus avant dans les détails, c'est un chouette roman distrayant et dépaysant, fortement conseillé !
Ed. des Deux Terres, 2010, 420 p.
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Sabine Porte
Titre original : Two Caravans
06:01 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : angleterre, ukraine, pologne, chine, malawie, drôle, jeux de langage, férocement social sous l'humour
30.05.2010
Buffy the Vampire Slayer - Saison 1
J'en connais qui vont encore se moquer, après X-Files ou Supernatural, voici que je découvre Buffy, j'ai un don pour avoir dix ans de retard (facile) sur les séries télé. Mais ça comporte quelques avantages, parmi lesquels celui de pouvoir engloutir toutes les saisons sans attendre, grâce à ma pourvoyeuse officielle dans le cas de Buffy, la Joss Whedon's fan ever, Fashion (qui en profite pour bourrer ses colis de gâteries à haut pouvoir calorique, cette fille me déteste en réalité et veut que je passe l'été en burka, et ma gourmandise est hélas sans limites) (mais que je remercie évidemment bien bas).

Buffy Summers, lorsqu'on la rencontre, est une jeune lycéenne de seize ans. Sa mère s'occupe d'une galerie d'art et elles viennent juste d'emménager dans une nouvelle ville, Buffy s'étant fait virer de son ancien lycée pour cause de troubles importants (elle avait notamment mis le feu au gymnase). A Sunnydale c'est un nouveau départ, elle aimerait beaucoup mener une vie normale d'ado, redevenir pom pom girl et insouciante. Hélas, hélas, Buffy est une tueuse de vampires, que dis-je, LA tueuse (car il n'y en a qu'une par génération) et rien ne sert de courir pour échapper à son destin. Surtout quand on s'installe sur la bouche de l'enfer, qui se trouve être précisément située sous Sunnydale, si c'est pas du destin, ça.
Elle trouve assez vite des alliés de poids, une copine hackeuse et un obsédé amoureux d'elle (Nicholas Brendon, aux faux-airs de Matt Dillon), coachés par un bibliothécaire anglais qui se trouve être le pendant (the Watcher) de la tueuse (the Slayer) de vampires, son aide la plus précieuse (plus une délicieuse pimbêche toujours très préoccupée par sa chevelure). Se présente également Angel, un mystérieux, ténébreux et craquant allié qui surgit pour l'aiguiller dans la résolution des cas. Hélas, c'est un vampire, et malgré l'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre, leur amour est impossible.

Au hasard du 4° épisode on fait (très brièvement) la connaissance d'un prof de biologie super, dont la devise est "Don't be sorry, be smart", je ne saurais mieux dire. On a également le plaisir de ne pas se cantonner aux vampires, de voir évoluer d'autres créatures improbables car, comme le dit Giles, "tout ce dont tu avais peur la nuit sous ton lit existe" et se presse, bien évidemment, sur la bouche de l'enfer.
Dans l'épisode 6, c'était bizarre d'entendre tout le long la musique de Koh Lanta.
Episode préféré : le 10, "Billy", où il est question de combattre ses cauchemars devenus réalité. La peur est l'arme la plus puissance contre quelqu'un, mais affronter ses frayeurs libère de tout...
Alors quel bilan après cette première saison ?
Sarah Michelle Gellar est vraiment jolie. Elle est amusante, vive, enjouée (j'adore ses mini-jupes). Il y a beaucoup d'humour et ça fonctionne instantanément, on se glisse aisément dans chaque histoire et le temps s'écoule sans qu'on soit présent au monde extérieur. Exactement comme dans la première saison de X-Files, tout a pris un sacré coup de vieux : les ordinateurs sont énormes, les lunettes rondes-ovales et beaucoup trop grandes, les effets spéciaux énormes (mention spéciale aux portes en carton ou aux maquillages des vampires), les scènes d'action font clairement voir les perruques des doublures. Mais les seconds rôles sont fort bons, il y a une indéniable qualité d'écriture. Et comme pour X-Files, on n'a qu'une envie, enchaîner avec la saison 2, vite !

Le billet de Fashion sur les 7 saisons, la page wiki avec tous les détails de la saison 1.
08:00 Publié dans DVD, Whedonneries | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : série, joss whedon
28.05.2010
Quant aux bulles, je préfère le Champagne
Erzie aussi, me semble, mais elle s'est fourvoyée dans la limonade, passons !
Signe particulier : Je suis très douée pour rater le smoky maquillage.
Mauvais souvenir : Cliquer avec une saine curiosité sur un lien dans un blog ami pour consulter un avis sur un roman tentant, et tomber sur une énième éructation.
Défauts : Je n'intègre pas le concept de la barre de chocolat (ne parlons pas du carré !). Je veux dire, pourquoi est-il vendu en plaque, alors ?
Film bonne mine : Ceux avec Colin. Colin est bon pour le teint. Colin est divin. Colin m'appartient.
Souvenirs d’enfance : La découverte du Rami et 879 millions de parties plus tard, celle de mon caractère obsessionnel.
Dix blogs qui tchinent avec moi : Désignez-vous, ou pas :)



10:15 Publié dans Hors-sujet | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : c'est chouette la marinière, en fait, et un peu d'égocentrisme, surtout mal placé, distrait agréablement
27.05.2010
Le ciel est partout - Jandy Nelson
Comment fait-on face à un deuil ? Il n'y a pas de réponse unique, il n'y a aucune situation identique aux autres, y compris et peut-être surtout pour une même perte.
Pour Lennie, adolescente, la disparition de sa soeur est tragique. Il lui faut pourtant continuer à vivre...
Sujet grave s'il en est, l'univers de la mort a de tous temps donné lieu à de formidables pulsions de vie. C'est terriblement humain, c'est salvateur, c'est sans doute la seule façon de s'en sortir, et dans ce premier roman Jandy Nelson sait à merveille faire ressentir au lecteur le goût de la vie.
C'est un roman rempli d'humour (entre mille choses, la voiture de la copine nommée "Ennui", que Lennie se croit poney de compagnie, la fantaisie de l'oncle et de la grand-mère...) qui exprime avec une grande justesse la période adolescente : les tics de langage, l'exaltation, les délires, l'exagération, le côté immensément égoïste aussitôt claqué par une bien trop grande sensibilité... La traduction est très réussie, tant on croirait entendre les ados qu'on peut côtoyer soi-même.
Lennie, dans un amalgame brumeux, doit encaisser la vie sans Bailey, gérer son chagrin, celui de ses proches, accepter la déficience de sa mère en cessant de l'idéaliser, se mettre au clair avec son talent de musicienne, et tomber amoureuse. Ca ferait beaucoup pour n'importe qui, et on est prêt à beaucoup lui pardonner. En tout cas, je le suis. Et j'ai beaucoup aimé sa propension à écrire des petits poèmes et morceaux de vie semés au vent.
Conseillé sans réserves !
Ed. Gallimard Jeunesse, collection Scripto, 2010, 330 p.
Traduit de l'américain par Nathalie Peronny
Titre original : The Sky is everywhere
D'autres avis que j'aime bien : Amanda (merci !), Lily, Fashion.
07:23 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, premier roman, perte, tomber amoureuse, s'affirmer
26.05.2010
Brooklyn - Colm Toibin
"She was nobody here. It was not just that she had no friends and family; it was rather that she was a ghost in this room, in the streets on the way to work, on the shop floor. Nothing meant anything."

Irlande, années 50. Eilis vit avec sa mère, veuve, et sa grande soeur Rose. La situation économique est telle que les trois frères ont émigré en Angleterre, et bientôt Rose lui trouve un travail aux Etats-Unis. Eilis est jeune et intelligente, Rose - qui a endossé le rôle de support de la famille à tous points de vue - entend lui donner une chance d'une autre vie, meilleure.
Eilis a beaucoup de mal à se faire à ce nouveau pays. Dans ses moments joyeux, elle s'extasie sur le chauffage qui reste allumé toute la nuit (comble du luxe) mais assez vite elle souffre d'un sévère mal du pays. A Brooklyn se serre les coudes une forte communauté irlandaise, qui n'entend pas la laisser tomber; elle vit dans une pension dont elle déteste les habitantes, elle est vendeuse la journée et suit des cours du soir pour obtenir un diplôme de comptable qui lui assurera un travail de bureau, le graal. Elle est également bénévole dans sa paroisse et c'est dans l'une des soirées dansantes organisées par Father Flood qu'elle rencontre Tony.
Voici Eilis qui s'est créé une vie, qui insensiblement est devenue américaine, qui savoure une sorte de bonheur, jamais franc, sa personnalité très passive et fataliste la poussant en tout temps à refuser de se confronter franchement à ses pensées. Deux ans se sont écoulés. Arrive alors une terrible nouvelle, Eilis doit rentrer en Irlande. Mais elle n'est plus la même...
Un roman tout en finesse ! Colm Toibin dissèque (un peu comme Richard Yates) les menus évènements d'une vie et leurs implications dans un esprit qui se refuse absolument à l'introspection. Il y a des passages bouleversants par leur minutie d'une vérité profonde (par exemple, lorsqu'Eilis est au plus fort de son mal du pays et part tôt un matin pour prendre un petit-déjeuner dans un bar, la sollicitude du serveur nous touche autant qu'elle, nous aussi on se sauve en courant au bord de la panique. La gentillesse a cet effet catalyseur, parfois). L'intrigue est toute simple, mais parvient à surprendre en son dénouement, et j'ai rarement autant changé d'avis quant aux personnages. Loin d'être établis une fois pour toutes, leurs nuances les font apparaître sous différents aspects, on les comprend, puis plus du tout, on les aime, on les plaint, on leur en veut.
Je ne sais pas dans quelle mesure le fait de lire en VO m'a impliquée plus profondément, mais j'ai l'impression d'avoir plongé dans les entrailles mêmes de la jeune Eilis, de l'avoir comprise intimement. Je ne l'aime pas, d'ailleurs. Mais j'ai beaucoup, beaucoup aimé Brooklyn !
Penguin Books, 2010 (Viking 2009) 252 p.
Un grand merci à L'Ogresse !
06:11 Publié dans Vraiment très bien | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : irlande, new york, émigrer, jeune fille, parcours personnel
24.05.2010
L'héritage Boleyn - Philippa Gregory
La mini-série BBC suivait au plus près le destin de chacune des 6 épouses d'Henri VIII, Philippa Gregory dans ce roman s'attache aux quatrième et cinquième d'entre elles, et nous plonge à bras le corps dans un XVI° siècle tonitruant.

Elles sont trois à se passer la parole en une succession de brefs chapitres, Catherine Howard, Anne de Clèves et Jane Boleyn.
Cette dernière a été partie prenante de l'époque Anne Boleyn. Jane Boleyn était l'épouse de George, le frère de la Reine, et pendant un long moment je ne la reconnaissais vraiment pas dans ses propos. Mais c'était sans compter sans le talent de Philippa Gregory qui fait monter en puissance sa folie, et nous propose au début la version fantasmée de la réalité, ce que Jane se raconte pour se justifier, et qui ne correspond vraiment pas à la réalité. Cette femme n'a rien à envier à Henri VIII dans l'instabilité mentale, et sa cruauté et son absence totale d'empathie feront trembler le lecteur !
Anne de Clèves apparaît selon une progression inverse, plus on la connaît et plus on la respecte, elle avait l'étoffe d'une vraie Reine et était très intelligente. Elle fut la seule épouse épargnée, la seule à ne pas être condamnée à mort.
"Ce jour béni est le plus beau de ma vie car je suis tombée amoureuse. Mon amour ne ressemble point à l'éphémère passion d'une jeune écervelée pour un damoiseau aux belles paroles. Il est indéfectible : je suis follement éprise de l'Angleterre."
Catherine Howard, enfin, est dans ce roman un personnage magnifique, dans le sens où elle apporte énormément d'humour. Totalement évaporée, superficielle et stupide, sa beauté à couper le souffle et sa candeur, son enthousiasme des plus enfantins (on la suit de 11 à 17 ans) mêlé à sa science infuse pour tout ce qui concerne la séduction la rendent immensément attachante pour quiconque la côtoie, y compris le lecteur. Elle ne comprend rien à rien, passe son temps à compter ses possessions et sa condamnation à mort est déchirante, pauvre petite brebis confiante qui ne réalise qu'au tout dernier moment.
Philippa Gregory est historienne, les faits sont ici respectés à la lettre. Elle a su également, avec un art consommé, étoffer le peu que les documents offraient quant aux personnalités des unes et des autres, et si extrapolation il y a, c'est à leur décharge. Ce roman me réconcilie complètement avec le genre Historique. Il est prenant, palpitant, pas mièvre pour deux sous, il rend la politique anglicane limpide et dessine en creux un portrait saisissant du monarque. On ressent la panique latente, cet état où n'importe qui ferait n'importe quoi pourvu que ça puisse lui profiter, pourvu que ça puisse juste prolonger sa vie. Ter-ri-fiant.
Excellent, tout bonnement.
Ed. L'Archipel, 2010, 448 p.
Traduit de l'anglais par Céline Veron Voetelink
Titre original : The Boleyn Inheritance
06:22 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : henri viii, 4° et 5° épouses, passionnant, prenant, superbe
21.05.2010
Full Tilt - Janet Evanovich & Charlotte Hughes
"Frankenstein" : c'est le seul mot capable de la faire taire (qui la désactive, quoi). Elle, c'est Muffin, super ordinateur ultra perfectionné installée dans une voiture très améliorée. Elle a été crée par Max. Comment vous dire... Max c'est l'homme parfait. Il est beau, il est riche, il sait écouter comme personne, il séduirait un caillou asthmatique, il a l'intelligence d'un génie, de l'éducation, de l'humour, il est célèbre, tout, quoi. Et accessoirement un égo de la taille de la planète Terre. Muffin parle avec la voix de Marylin Monroe, et a été programmée pour allier une intelligence informatique de pointe avec des réactions humaines. Elle est "donc" vive, vindicative, jalouse, susceptible. Bonjour les clichés.
Dans ce tome, Max et Muffin rencontrent Jamie. Ensemble, ils vont déjouer les plans machiavéliques de plusieurs tueurs lancés à leur poursuite, et incidemment apprendre à se connaître. Entre eux, c'est immédiatement l'air qui crépite. Mais Jamie est fiancée, avec un bonnet de nuit auquel elle tente toujours de penser au moment où les choses risqueraient de déraper (pas toujours avec succès, il faut bien l'avouer). Max, lui, est un homme à femmes, et tente sa chance dès que l'occasion se présente (au premier baiser, hop, il met les mains, dis-donc).
Alors évidemment tout ceci ressemble furieusement à du pur Harlequin de la plus belle eau. Sauf que ! Les dames Evanovich et Hughes ont du métier, et parviennent à créer des personnages secondaires hilarants. La frangine en préménopause qui va contaminer Muffin, son "assistant personnel" à qui il arrivera un revirement tout à fait inattendu, le chef de la police congénitalement demeuré mais d'une gentillesse exquise, les malfrats bêtes à bouffer du foin, j'en passe, on se bidonne très souvent.
Les dialogues font mouche, les péripéties s'enchaînent harmonieusement et le tout atteint son but premier : divertir agréablement tout en perfectionnant son anglais. Suite des épisodes de notre trio infernal très bientôt sur ce blog.
Ed. Headline 2003, 339 p. (Anglais)
Un super billet de Fashion (merci !) sur Janet Evanovich.
Lu également par Karine, ...
(Ce n'est pas le premier tome de cette série mais celui où Max apparaît)
18:19 Publié dans Bien bien ! | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : en vo ça passe tout seul
20.05.2010
Blimey !
05:47 Publié dans Hors-sujet | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oh gosh, mmm, oh my, maoow, mioum, rrrrrrr
19.05.2010
Nage libre - Nicola Keegan
"Certaines personnes vous accordent une chance, une seule, après quoi elles vous rayent de leur existence."

Il y a des moments de grâce dans la vie. On ouvre un roman, et on tombe amoureuse. D'une héroïne, d'une façon de penser, d'une énergie, d'un humour, on verse quelques larmes, on s'ouvre et on est transporté.
"Lors du carême j'ai tiré un trait sur toutes sortes de chocolat possibles et imaginables, sauf le malté, je suis allée me coucher sans me plaindre, je me suis tenue à carreau à l'église et j'ai écouté avec attention soeur Séraphine nous expliquer que la convoitise combinée à la frustration nous enseigne une leçon capitale sur le sort de l'homme et par l'homme elle entendait l'humanité en général, y compris nous; Lilly lui a posé la question, histoire de s'en assurer. Moi, je m'étais mis en tête que me priver de chocolat compenserait ma convoitise et révèlerait à la terre entière que j'étais un prix d'excellence, qu'au bout du compte mes efforts seraient récompensés.
Faux."
Philomena Grace (ou Mena, mais pas Pip, elle n'aime pas) se raconte, depuis ses quelques mois. Bébé difficile, c'est dans l'eau qu'elle se calme. Nantie d'une famille compliquée, elle connaîtra des revers très cruels et la gloire la plus haute, et il lui faudra apprendre, un jour, à vivre avec et sans tout ça.
C'est un roman touffu et bruissant, fantastiquement drôle et émouvant. Philoména est attachante au-delà des mots avec son mètre quatre-vingt-dix, ses soixante-deux kilos et son addiction aux Maltesers (enfin, jusqu'à...).
Entre mille autres choses, on se délecte de :
Sa façon de classer les gens (et ses explications) qui interviennent auprès de sa mère après le deuxième drame : les catholiques consolantes, les catholiques martyres, les bilieuses.
Ses explosions erratiques de joie absolue, souvent, comme il se doit, déclenchées par de précaires détails.
La Championne, aussi, parce que nager fait partie d'elle, elle est une nageuse avant tout et malgré tout, et elle sait parler de cet univers à merveille, on y est, on le vit.
Sa façon d'être totalement excessive et d'une sentimentalité révérencieuse (mais intérieure, toujours intérieure !) : "... Je dois lutter contre le besoin irrépréssible de m'incliner ou de m'agenouiller quand le Mankowitz prend la parole. Il me regarde, et je dois me faire violence pour ne pas me mettre à genoux ou ébaucher le signe de la croix. ... "Je résiste à une envie folle de me jeter à terre et de baver de soulagement."
Sa façon d'user de psychologie inversée : "La Berlinoise brandit son poing et proclame : Je vais démolir tout le monde, en dansant comme un gyrophare. Des amandes plaquées à l'intérieur de ma joue, j'use de la psychologie inversée, j'articule lentement, afin qu'elle n'en perde pas une miette : Oui, c'est ce que je crois aussi, ce qui la désarçonne, lui cloue le bec."
Sa façon de penser, toujours, toujours ! : "La vie m'a déjà fait connaître plusieurs de ses plus fameux jalons : fille, femme, vierge, championne olympique, recordwoman, étudiante, propriétaire d'une Jeep neuve, croqueuse d'hommes. Mais aucun évènement extérieur assez frappant pour provoquer un chamboulement intérieur. Je suis restée la même : grande, contrariée, en manque d'amour, et solitaire d'une manière qui reste inexpliquée malgré toutes mes tentatives d'y voir plus clair."
Sa façon de traverser sa phase connasse (ses propres termes).
Sa façon de décrire l'attirance physique (... "il s'engouffre dans les vestiaires et l'air qui m'entoure ne pétille plus.")
Sa façon de dialoguer avec les yeux (et de sous-titrer pour le lecteur) alors que les bouches disent tout autre chose.
Elle, quoi, elle toute crue ou confite, pleine et entière, et ses soeurs, et son père, et sa mère, et sa copine Lilly, et sa carrière, et la vie. Je suis tombée profondément amoureuse et c'est un roman qui entre dans mon panthéon, un Prince des marées qui sera relu à l'infini, un roman qui me parle à moi dans ce que j'ai de plus intime, et notre conversation ne fait que commencer.
Nicola Keegan, bravo et merci.
Ed. de l'olivier, 2010, 425 p.
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Madeleine Nasalik
Titre original : Swimming
05:46 Publié dans ** Merveille ** | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : premier roman, rendez-vous compte, ça fait attendre le second avec impatience!
18.05.2010
(Mauvaise) humeur
Je n'aime pas l'élitisme (le vrai).
Je n'aime pas les rumeurs.
Je n'aime pas les gens imbus d'eux-mêmes.
Je n'aime pas les mauvaises raisons.
Je n'aime pas les cons.
Encore moins les connes.
Je n'aime pas les alliances.
Je n'aime pas les groupes.
Je n'aime pas aimer toujours la même chose.
Je n'aime pas qu'on juge.
Je n'aime pas qu'on ne m'aime pas.
Je n'aime pas qu'on ne m'aime plus.
Je n'aime pas ne pas aimer.
Je n'aime pas ne plus aimer.
Mais j'aime beaucoup râler.
Sans rien expliquer.
11:04 Publié dans Hors-sujet | Lien permanent | Commentaires (43) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : japper, aboyer, clabauder, criailler, glapir, hurler, piauler, crier, clatir, trompeter, carilloner, claironner, clamer


