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20.07.2010
La bonne grosse montagne en sucre – Wallace Stegner

Elle : Elsa.
Lui : Bô.
Nous sommes au tout début du 20° siècle, et avec ces deux-là nous allons traverser les États-Unis sur quelques décennies.
Bô aurait été un pionnier d’exception, nanti de vraies qualités obscurcies par de monstrueux défauts ; toujours à la recherche du filon qui le rendrait enfin riche, mais démuni devant l’argent, amoureux pour la vie d’Elsa, mais mari exécrable.
Elsa, elle, se serait volontiers accommodée de vivre selon leurs moyens, pourvu qu’ils s’installent enfin quelque part et qu’elle ait un foyer à offrir à leurs enfants.
Mais ils s’aiment, elle le suit, ils avancent ensemble. Bô fait de très mauvais choix. Elsa sauve ce qu’elle peut, les enfants subissent. Les déménagements incessants, la vie en marge, la prohibition, l’épidémie meurtrière de grippe… La vie ne ménage personne.
Un excellent roman s’il en est, qui donne une envie urgente de chanter les louanges de Wallace Stegner jusqu’à ce qu’il obtienne enfin la renommée qu’il mérite tant. Les personnages sont pleins et entiers, on est traversés par des moments de lucidité glaciale qui viennent retentir dans notre vie à nous. Elsa et Bô sont jeunes et avides de vivre, ils « font le truc » pendant quelques années, puis cèdent la place à leurs enfants, tout en étant encore là, juste ils ne comptent plus autant, ils ne sont plus ceux qui font bouger les choses.
C‘est un roman touffu qui fait la part belle aux relations familiales, ou plutôt même qui prend une famille dès avant sa création, en amont, et qui nous permet de la suivre à travers toutes les étapes de sa vie, dans ses bons et ses pires moments. Tout sonne très juste, on se régale, on a bien du mal à lâcher nos héros de papier.
800 pages qui paraissent bien trop courtes, et qui se lisent dans une sorte d’urgence, pris dans les aventures narratives ; elles méritent sans aucun doute une relecture plus lente, pour se laisser pénétrer par la haute tenue des portraits psychologiques.
Ed. Phébus, 2002 (Wallace Stegner 1938) 804 p.
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Eric Chédaille
Titre original : The Big Rock Candy Mountain
06:00 Publié dans Excellent | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : wallace stegner, lisez-le, c'est un auteur génial, et pas assez lu


Commentaires
Écrit par : erzébeth | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : keisha | 20.07.2010
Répondre à ce commentaire@ Erzie : ce roman est parfait pour te lancer dans Wallace Stegner. J'avais beaucoup aimé "Angle d'équilibre" aussi.
Écrit par : Cuné | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : chiffonnette | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireNB : Quand je dis que Bô aurait été un pionnier d'exception, je veux dire qu'il est né trop tard, que son époque ne correspond pas à sa personnalité, hein. Il n'est pas armé pour évoluer dans le 20° siècle, alors qu'il aurait été un défricheur de première.
J'ai tellement aimé ce roman qu'une fois rendu à la bibli, je vais me l'acheter, je crois qu'il est sorti en poche récemment, en plus, ou alors ça va être fait, Stegner est réédité en ce moment, chouette.
Écrit par : Cuné | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireSinon, c'est vrai que ça a l'air bien. Tu es tombée amoureuse d'un personnage, ou pas ? ;-)
Écrit par : Tamara | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireIl est de retour sur mon étagère pour je-ne-sais-pas-combien-de-temps
Écrit par : Reka | 20.07.2010
Répondre à ce commentaire(Je l'avais pris pour durer pendant mes vacances, penses-tu, je l'ai avalé en 2 jours !)
@ Reka : Pas lu, peux pas dire. Mais celui-ci démarre tout de suite :)
Écrit par : Cuné | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireComme Keisha, je garde des souvenirs très forts de "Vue cavalière", et encore plus de "La vie obstinée". Ma lecture de l'épais "Angle d'équilibre" a été plus laborieuse, mais cela tenait, je crois, plus aux circonstances qu'au roman lui-même.
Tout ça pour dire que tu me convaincs de la nécessité d'acheter bientôt "La bonne grosse montagne en sucre".
Wallace Stegner n'est sans doute pas assez connu en France, c'est vrai, mais il est servi par un excellent traducteur et ceux qui l'aiment ont à coeur de faire connaître son oeuvre, n'est-ce pas ? :-)
Écrit par : Melanie B | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : mango | 20.07.2010
Répondre à ce commentaire@ MelB : En préface, ils expliquent d'ailleurs que ce roman avait déjà été traduit précédemment mais que la voix d'Eric Chédaille est si intimement liée à la plume de Wallace Stegner qu'ils lui ont demandé de reprendre la traduction :)
@ Mango : Disponible en bibliothèque, qui plus est.
Écrit par : Cuné | 20.07.2010
Répondre à ce commentaireBon, je ne dis rien! ^_^
Écrit par : keisha | 21.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Solène | 21.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Solène | 21.07.2010
Répondre à ce commentaireMais en tout cas, merci pour cette découverte. un livre qui va surement finir sur mes étagères.
Écrit par : will | 21.07.2010
Répondre à ce commentaire(J'espere que tu as passe de bonnes vacances ?)
Écrit par : L'Ogresse | 22.07.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Cuné | 23.07.2010
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